CHAPITRE III
de jour en jour une consistance plus vigoureuse, tandis que la médecine pratique demeure jusqu’ici dans l’ornière, occupée uniquement de disputes de mots sur les maladies , sur leur médication , et , encombrée d’ennuyeux romans pathologiques, continue à tenir les praticiens dans ses incertitudes. Ce prélude n’est certes pas de nature à déterminer le plus grand nombre des praticiens en faveur de la méthode symptomatique , laquelle n’a réellement pas fourni un fond utile, et n’a en définitive point répondu au but proposé : c’est ce qu’il nous faut démontrer.
En premier lieu , la méthode symptomatique , qui veut distinguer et traiter les infirmités du corps humain en suivant l’indication offerte par la diversité des signes extérieurs , ne peut et ne doit point embrasser toutes les connaissances désirables pour arriver à une médication régulière et certaine. S’il n’en était pas ainsi , et si la seule connaissance des symptômes variés des différentes maladies pouvait suffire pour en diriger le traitement, il ne serait plus possible de comprendre pourquoi l’hydrophobie , la peste et la goutte, le choléra-morbus , la phthisie pulmonaire et bien d’autres maladies opposent encore une résistance aussi opiniâtre aux remèdes les plus héroïques dont Fart use pour les combattre ? Comment s’expliquerait-on la divergence des opinions, nonseulement sur les habitudes de ces mêmes maladies , mais encore sur les moyens de s’opposer à
leur invasion , à leur développement et à leur ténacité, quand les symptômes se montrent constamment les mêmes aux yeux des praticiens ? Il faut donc voir ici la preuve évidente que la simple connaissance des signes extérieurs est insuffisaute pour en bien saisir la forme extérieure, pour en suivre la marche , ainsi que pour leur appliquer un traitement convenable.
Que la science acquise par la médecine symptomatique (ce mot toujours pris dans le sens de ses partisans) ne soit point dans le fait capable de satisfaire un vœu de l’art , cela se déduit de la nécessité reconnue, avouée par différents praticiens, de la rendre plus complète par la publication de leurs observations. Qu’en est-il résulté? Ils ont déclaré que toutes les maladies qui se montrent indociles aux moyens employés contre elles, dépendent d’une source inflammatoire , et doivent être traitées parles contre-stimulants : telles sont, pour eux, la goutte, la phthisie pulmonaire, l’hydrophobie , etc., et cependant toutes ces diverses maladies n’ont pas moins cessé d’être incurables comme auparavant , et la médecine symptomatique , malgré les grands noms des médecins partisans de cette doctrine , est demeurée dans son imperfection primitive !
De son côté , l’étude pratique prouve également , et de la manière la plus évidente , les vices de la méthode symptomatique. D’abord elle nous apprend combien il est difficile , pour ne pas dire