CHAPITRE III
impossible, de distinguer toujours une maladie d’une autre par le seul moyen de la diversité des signes extérieurs, puisque souvent les mêmes symptômes appartiennent à des maladies bien différentes l’une de l’autre. Ainsi , par exemple , la paralysie , certains tétanos , plusieurs sortes d’apoplexies , et autres , d’après les idées reçues , peuvent dériver tantôt d’excès, tantôt de défaut d’excitation , en d’autres termes , ici par trop de vigueur, là par son manque absolu , et cependant ces deux espèces de tétanos et d’apoplexie , que l’on doit considérer comme des affections de nature diverse , se font remarquer avec les mêmes symptômes. Ce que j’avance ici s’applique à d’autres maladies , ainsi que j’aurai plus tard l’occasion de le démontrer, lesquelles sont accompagnées de signes apparents semblables, tandis que l’une diffère de l’autre maladie.
N’est-il pas , en effet , arrivé mille et mille fois, pour en citer seulement un exemple , de prendre la toux sèche qui tourmentait incessamment certains individus suspectés de débile complexion , comme un indice infaillible de la présence de tubercules sur les poumons , tandis qu’elle dénonçait plutôt une affection du foie, et vice versa ? Or, en dirigeant , comme on l’a vu en plusieurs circonstances , les remèdes sur l’organe sain , lorsqu’ils devaient agir uniquement sur l’organe véritablement affecté , qu’en est-il résulté ? On est tombé dans une double erreur, on a donné plus
d’énergie au mal, qui s’est étendu de plus en plus, faute de secours de l’art, et l’on a porté atteinte à un organe fonctionnant régulièrement, et en son état normal , on l’a tourmenté par d’inutiles médicaments , et mis le malade dans une situation beaucoup plus fâcheuse que celle dans laquelle il se trouvait avant cette cruelle bévue.
Plusieurs autres maladies s’annoncent, comme je viens de le dire , par des signes semblables : c’est particulièrement le cas de la pleurésie, de la pulmonie , de la carditis , etc. Comment peut-on les distinguer l’une de l’autre avec toute la certitude désirable ? Ces trois sortes d’inflammations ont l’habitude de produire les mêmes symptômes, je veux dire la difficulté de respirer, la fièvre , les douleurs de poitrine, un pouls inégal et accéléré , et même une toux sèche, ou suivie d’une légère expectoration. Certes, le plan de conduite â y suivre doit être identique , mais il est nécessaire d’adapter la dose et la variété des remèdes au mode de sentir de l’organe vraiment affecté. Il y a ensuite d’autres précautions à prendre , des modifications à y introduire, et cependant la difficulté de déterminer avec assurance le véritable siège de l’inflammation, empêchera toujours de profiter de ces considérations dans le traitement.
D’une autre part , la seule lumière des symptômes ne permettra point de voir, s’il s’agit, dans la pratique , d’un anévrisme de l’aorte , ou d’un anévrisme de l’un des deux ventricules du