CHAPITRE XXV
dies chroniques sans les guérir, et, ce qui est pire, c’est qu’ils le font au détriment des forces de l’organisme. D’abord le sang et les autres humeurs , en affluant avec impétuosité vers l’organe affecté de congestion ou de tout autre maladie , abandonnant ainsi en grande partie les autres organes de l’économie, cessent bientôt d’obéir à la puissance quelle qu’elle soit de la révulsion ou de la dérivation. Tous les jours on voit, de fait, dans la pratique , que le sang et les autres humeurs reviennent de nouveau vers l’organe malade après l’emploi des révulsifs et des dérivatifs. L’absence d’équilibre dans la circulation du sang et des fluides est un effet et non pas le principe dynamique de l’affection ou de la maladie, et c’est ce principe qu’il faut attaquer et combattre par les remèdes doués d’une action thérapeutique directe et permanente. C’est, du moins, le seul moyen que suggère la médecine rationnelle pour guérir avec certitude l’une ou l’autre affection ou maladie. Voilà pourquoi Fhomœopathie rejette justement la pratique des saignées , des sangsues , des ventouses, des vésicatoires, ainsi que tous les autres remèdes révulsifs et dérivatifs, qui ne sont point dans l’ordre de la nature et que l’expérience condamne comme insuffisants au véritable besoin de Fart de guérir. Les médecins de la vieille école ont donc le plus grand tort de recourir à chaque instant aux révulsifs au lieu des remèdes directs que leur art ne possède presque pas ; ce sont eux cependant
qui guérissent les malades sans porter la plus légère atteinte aux forces de l’organisme , comme aussi sans nuire aucunement à leur constitution physique.
C'est aussi la science homœopathique qui dévoile l'insuffisance ou l'incertitude d’action des autres procédés de la médecine ordinaire, en nous répétant sans cesse que, pour bien connaître la vertu thérapeutique d’un agent médicinal quelconque , il convient de le soumettre au jugement de l'expérience dans l’état normal; c’est ce que ne font point les élèves de l’ancienne école, qui , comme chacun peut s’en convaincre , essaient les remèdes dans les maladies où leurs effets se confondent avec les symptômes des maladies ellesmêmes. À cette règle trompeuse doit se rapporter précisément l’incertitude d’action des moyens de la médecine ordinaire. Dire, par exemple, que tel agent médicinal est bien indiqué dans une maladie parce qu’il a été utile en un cas semblable , c’est de l’empirisme , c’est hasarder une assertion contraire au résultat de l’expérience, puisqu’il est évident qu’une maladie ne ressemble jamais parfaitement à une autre , et que bien souvent tel remède qui a procuré du soulagement à un malade nuit essentiellement à un autre, quoique tous deux soient affectés d’une maladie de même espèce. Jugez maintenant de la confiance que l’on doit accorder aux remèdes généraux, tels que les bains russes, l’hydriatrique ou cure a l’eau froide, le rob