CHAPITRE XXV
instant de la légitimité de ses principes fondamentaux ; et bien avant de nier l’évidence de son utilité, il faudrait attaquer le caractère de la loi de la nature, ce qui serait un véritable trait de folie. Il ne suffit pas de lire et même d’étudier les ouvrages qui traitent de l’homoeopathie , il faut , après ce premier travail , apprendre à la pratiquer régulièrement en répétant au lit des malades les mêmes expériences faites par les médecins les plus instruits de la nouvelle école. Si les partisans de la médecine ordinaire en eussent fait autant , certes iis ne voudraient pas attaquer la justesse des maximes fondamentales et des procédés de Fhomœopathie , et s’ils avaient la volonté de le faire, les faits leur manqueraient , avec eux le pouvoir de leur donner de la valeur.
Citons ce que l’on a donné comme essais contraires à l’homœopathie : ce sont ceux attribués en 1828 au docteur Maronzeller, de Vienne en Autriche ; en 1828, au docteur Hermann , de Pétersbourg; en 1830 et 1831, à Attomyr, de Munich; en 1834, au docteur Andral, de Paris; en 1835, à plusieurs médecins de Naples, etc., etc.
Faisons remarquer maintenant que les savants médecins qui ont été, par leurs gouvernements respectifs, chargés de constater l’utilité et vérifier les moyens de Fhomœopathie, étaient tous alors, s’ils ne le sont plus maintenant, disciples de l’ancienne école ; et c’est précisément pour cela qu’il ne leur fut point loisible de diriger leur examen
et leurs essais d’après une connaissance approfondie des principes de l’homœopathie. Cependant, le gouvernement autrichien, qui, ensuite du rapport défavorable des médecins qu’il avait nommés ad hoc, avait de prime-abord interdit l’exercice de l’homœopathie, revint bientôt sur ses pas et rappela son édit. Les médecins russes, quoique élèvesde la vieille école, assurèrent leur gouverenment que les essais auxquels ils s’étaient livrés n’étaient point défavorables à la nouvelle science ; ce ne fut cependant que dans l’année 1855 que l’empereur reconnut la nouvelle école et permit l’établissement, en sa capitale, de dépôts des remèdes préparés et administrés d’après les principes homœopathiques. On ignore le contenu du rapport fait au gouvernement bavarois par le docteur Attomyr ; mais il est à présumer qu’il ne fut point contraire, puisque le roi de Bavière ordonna l’adjonction d’une chaire d’homœopathie à l’université de Munich, et qu’un hôpital fut également fondé en cette ville sur un plan très-libéral. Les expériences que l’on a tenté à Paris, ont manqué le but désiré ; mais pouvait-il en être autrement, quand on sait que les applications des remèdes homœopathiques ont été faites d’après les errements de la vieille école, lesquelles étaient contraires à la marche régulière de ces mêmes expériences ? Enfin, les essais qui ont eu lieu dans Naples, d’après les ordres du roi des Deux-Siciles, le furent avec beaucoup trop de précipitation, dirigés sans soin par