CHAPITRE XXV
quelconque de la science n’est jamais complet, il laisse toujours à désirer, il ne répond point à toutes les difficultés que l’esprit peut soulever. On ne peut sans injustice en accuser fauteur : c’est l’ordre des choses même qui le veut ainsi. La perfection est l’enfant du temps; la haute capacité des professeurs en prépare les voies ; l’enseignement public entre dans les moindres détails, analyse les faits sous toutes leurs faces, aplanit les difficultés et fournit tous les éléments pour les éclaircissements devenus nécessaires. Si l’on eût enseigné l’homœopathie depuis qu’elle a pris naissance, nous sommes convaincus qu’elle serait généralement adoptée, et que personne ne douterait plus de l’authenticité des faits sur lesquels elle est solidement basée et des lois de la nature qui lui servent d’appui.
Si, malgré tout ce que nous venons d’exposer, on cherchait encore à douter de futilité d’une chaire publique d’homceopathie, une pareille opposition trouverait partout des contradicteurs , car il n’est réellement plus permis de résister à l’évidence de ses heureuses applications. La vérité, tôt ou tard, finit par triompher des erreurs populaires, des mensonges qu’échafaudent la superstition et la paresse. lien est de même des nouveaux faits que f homœopathie révélera à tout médecin qui s’élève à la hauteur de son siècle et dont l’esprit suit pas à pasles progrès de son artpour les appliquer à l’avantage de l’humanité souffrante.
Puissent nos efforts et les résultats que nous avons fait connaître, amener la fondation d’une chaire d’homœopathie dans toutes les écoles de médecine du monde civilisé ! Nous avons mis en oeuvre tout ce (Jui nous a paru digne de fixer l’attention et convaincre tous les esprits de l’importance de cette institution; nous avons émis un vœu utile : puisse-t-il arriver jusqu’à la source du pouvoir et déterminer Y opinion publique à s’unir à nous pour atteindre le but proposé ! Notre ambition sera dès lors pleinemement satisfaite, et nous croirons avoir payé notre dette à la science, aux jeunes élèves bien institués, à l’humanité entière. Du reste, le temps marche, la vérité se fait jour, et les peuples apprécient de plus en plus l’œuvre du génie. Tous les âges nous fournissent des exemples de cet axiome. Quand nous n’aurions à citer que Galilée pour sa sublime pensée de la terre tournant autour du soleil qui la vivifie , Harvey pour la marche ascendante et descendante du sang , Jenner pour son heureux préservatif contre la hideuse petite vérole, etc. , rien ne pourrait attester davantage la justesse de notre prédiction, que tôt ou tard la chaire d’homœopathie occupera un rang distingué dans le plan des études médicales chez toutes les nations du monde civilisé.