CHAPITRE XXVI
mine encore les esprits vulgaires, que les inflammations dérivent de la pléthore, de la surabondance du sang, de la trop grande plénitude des vaisseaux sanguins ; de sorte que l’usage de respecter, comme autant d’oracles, les doctrines de nos anciens maîtres, a donné plus de puissance qu’elle n’en mérite la pratique des saignées et des purgatifs. On se perd aisément dans le vague quand on adopte aveuglément ce qui doit être soumis à l’examen approfondi de l’observation pratique et confirmé par la tardive expérience.
Si nos prédécesseurs eussent étudié attentivement la gastrite, l’hépatite , l’ophtalmie , etc., ils se seraient convaincus non-seulement qu’elles résistent assez souvent pendant des mois et même des années au traitement des saignées générales et locales , mais encore que ces moyens ne sont point les remèdes directs des maladies inflammatoires, et en même temps ils auraient bien vu que ces maladies ne résultent point de la pléthore, de la surabondance de sang ou du trop-plein des vaisseaux sanguins. Autrement il serait impossible de se rendre compte de la résistance qu’opposent le plus habituellement la gastrite, l’hépatite, l’ophv talmie, etc., à l’emploi des saignées générales et locales. Attaquées par les remèdes homœopathiques , ces mêmes maladies cèdent aussitôt ; avec eux on n’a nul besoin de recourir aux saignées ni aux sangsues ; les inflammations ne passent presque jamais de l’état aigu à l’état chronique. Cette
dernière circonstance est, au moins à nos yeux, une preuve convaincante de l’insuffisance des remèdes indirects dont on se sert dans la pratique de la médecine ordinaire.
Il est de l’intérêt de tout médecin qui respecte son noble caractère de suivre les progrès de son art: en les suivant de point en point, il s’apercevra bientôt que ce ne sont ni les saignées ni les purgatifs qui guérissent véritablement les maladies. Il lui faut d’abord partir d’un principe fondé sur l’expérience , celui que les maladies sont des êtres dynamiques et des phénomènes individuels; que chaque maladie a son type particulier ne ressemblant jamais parfaitement à celui d’une autre ; leur nombre n’est point encore déterminé, et peut-être ne le sera -t -il jamais, parce que la même maladie offre des variantes plus ou moins nombreuses d’un cas à l’autre ; de la sorte, la spécification des maladies entraîne de nécessité celle des remèdes. Il y a dans la nature autant de remèdes directs qu’il existe de maladies. Que l’on vienne maintenant nous fournir la preuve évidente que les saignées et les purgatifs jouissent de la propriété de guérir radicalement autant d’affections ou de maladies différentes dans lesquelles on a l’habitude de les prescrire : tout homme sensé ou versé tant soit peu dans la scien ce médicale se refusera à l’admettrp. Ils n’ont aucunement cette propriété.
Plus Fhomœopathie , compagne fidèle de l’expérience, et par conséquent le résultat positif du