‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 221 sur 240 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Du reste, il n’est pas difficile de revenir sur son premier jugement relativement aux petites doses des médicamcnls homœopathiques, quand on réfléchit que, pour bien guérir les maladies il est essentiellement nécessaire d’augmenter leur degré d’intensité jusqu’à certainpoint, et jamais au-delà ; de façon que, si l’on n’administrait pas les remèdes homœopathiques à une très- faible quantité, il en résulterait du danger, puisque l’on sait qu’ils agissent dans le sens des maladies, et qu’en exaltant par trop le mal naturel on franchirait les limites posées par la nature, et par conséquent on manquerait le but qu’on s’est proposé pour obtenir la cure des maladies. Il existe au surplus, une telle sympathie entre les maladies et les remèdes dirigés par la loi des semblables que la plus petite dose homœopathique suffit pour produire l’effet que l’on attend de son action . Ainsi, le besoin de prescrire les médicaments homœopathiques à une dose infinitésimale est né d’une loi de la nature et non pas du syllogisme, d’une spéculation, encore moins de la crainte de porter atteinte à l’organisme par leur prétendue action vénéneuse.

Nous le savons, il y a des médecins anti-homœopathes qui rejettent les remèdes de la nouvelle médecine, sous le prétexte qu’ils sont autant de poisons, puisqu’ils agissent à une aussi petite dose. Mais les ennemis de l’homœopathie ne sont pas également d’accord entre eux : les uns se rient de la dose infinitésimale de ses remèdes.

tandis que les autres les accusent d'être vénéneux. Nous leur répondrons : Non, ils ne sont point compris dans la classe des poisons, et en voici la raison. Toutes les substances en usage dans la pratique de l’homœopathie ne diffèrent point de celles employées ordinairement , avec cette seule différence que les médecins de la vieille école les ordonnent à une forte dose , quand les homœopathes les prescrivent à dose infinitésimale . Or, si ces mêmes substances ne sont nullement vénéneuses à la dose d'un ou plusieurs grains, et même d’une once ou d’une livre, comment le seraient-elles à une millième, à une billionième, h une trillionième, à une quatrellionième ou décillionième partie d’un grain ? La nature elle-même ne pourrait pas en faire des poisons sans changer l’ordre de ses lois, sans se montrer en contradiction manifeste avec elle-même, ce qui n’est pas possible.

Il est encore des savants, tant médecins que hommes lettrés , qui méprisent l’homoeopathie , parce qu’ils ne peuvent point se rendre compte de la précision des principes et de l’importance des remèdes, ou bien parce qu’ils en cherchent vainement la raison. « Frustanea est ratio > disait Quarin, » ubi experientia loquitur. » La raison devient oisive où l’expérience parle. D’ailleurs l’acte d’ignorer ou de demander la raison de faits palpables n’autorise nullement à les nier ou blâmer; il y a dans la nature une foule de faits qu’on ne

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