‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 222 sur 240 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

peut contester et qui cependant demeurent à nos yeux inexplicables et même sont sans motif pour notre faible intelligence. Qui ne sait, par exemple, que le mercure est le meilleur antidote de la syphilis ? et cependant personne n’est encore parvenue à nous dire le comment. Il nous est tout au plus permis de savoir que cette substance minérale guérit ordinairement la maladie vénérienne, puisqu’elle produit sur l’homme sain les mêmes effets que la syphilis sur ceux qui en sont affectés. Pour connaître la raison de ce fait, il nous faut avouer ingénuement notre complète ignorance. La nature, qui connaissait d’avance l’orgueil humain, a voulu, sans aucun doute, l’humilier en couvrant d’un voile épais le secret de la raisondetoutesseslois.il y aurait donc plus que de la témérité à nier autant la puissance du mercure pour dompter et détruire la maladie vénérienne qu’il y en a en rejetant la justesse des principes de l’homœopathie, ainsi que l’héroïsme des remèdes, parce que l’on n’est pas en état de rendre compte de leur action. La nature exige qu’on combatte les maladies d’après la loi des semblables et qu’on ait recours aux doses infinitésimales dans la prescription des remèdes : ce double fait est positif, sans réplique, mais en l’exposant à nos yeux la nature nous fait un mystère de la raison de la loi qui lui donne naissance. Il y aurait certes pyrrhonisme outré à palper , pour ainsi dire, un fait et à le déclarer impossible parce qu’il

nous est refusé d’en découvrir la source. Est-il permis, par exemple, de contester l’existence de lois qui régissent l’attraction o u la gravité des corps , parce que personne ne les a vues ou pu en indiquer l’origine? Humilions-nous et convenons de bonne foi qu’il ne nous est pas donné de pénétrer le secret du véritable principe d’où découlent tous les prodiges delà création : Respect et admiration ! voilà ce que ces prodiges nous crient. Que l’orgueil insensé n’étouffe point notre intelligence: quand l’orgueil nous détourne de la voie du vrai et prétend élever nos chimères jusqu’au ciel, l’intelligence tombe dans les ténèbres et voit se rompre le fil des connaissances utiles. Revenons sur nos pas et répétons hautement : L’homœopathie est fondée sur une loi imprescriptible de la nature, comme toutes ses opérations sont inspirées et conduites par l’expérience. Ces deux faits sont destinés , comme le roc où vient mourir le flot irrité de l’Océan soulevé par la tempête, à résister à tous les sophismes des savants, médecins ou ou hommes du monde. Leur secret repose dans le sein de la nature ; nul ne peut encore se flatter de le connaître.

On nous reprochera sans doute d’avoir blâmé l’orgueil de l’homme qui tend à s’élever au-dessus de lui-même, à élargir la sphère de ses facultés intellectuelles , et d’avoir critiqué les doctrines soutenues par nos anciens maîtres ou par nos prédécesseurs; on nous dira peut-être aussi qu’il ne

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