‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 225 sur 240 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

noncer sur la nature des couleurs. Ajoutons, en passant, que si la vieille médecine a des partisans parmi ses malades, l’homœopathie peut en citer un très-grand nombre qui proclament ses bienfaits après avoir épuisé toutes les ressources de l’ancienne. Mais il est étrange de vouloir s’appuyer du suffrage de personnes vulgaires et même de savants d’un mérite distingué absolument étrangers à l’art de guérir et par leur éducation et par le genre de connaissances qu’ils peuvent avoir acquises, ainsi que par le manque d’expérience. C’est ici le cas de répéter avec Cicéron : » Unusquisque in provincial sua . »

Enfin, si les errements de l’ancienne médecine sont le fruit de l’esprit et du savoir des plus célèbres médecins de tous les siècles , ce fait 11e détruit aucunement la force des arguments sur lesquels nous nous sommes constamment appuyés, dans le cours de cet ouvrage , pour mettre au grand jour les défauts et la complète insuffisance des méthodes qu’ils ont apprises à leurs successeurs. D’abord, il faut en convenir, avec tout leur esprit et leur grand savoir, ils ne se sont point élevés au-dessus de la puissance humaine , et comme hommes ils étaient très-susceptibles de se tromper, ce qui leur est effectivement arrivé , puisqu’ils se sont égarés de l’ordre de la nature en fondant l’art de guérir sur la règle des contraires. Cette aberration de nos anciens maîtres a jusqu’ici entraîné leurs disciples et partisans à se

servir des antiphlogistiques dans les maladies appelées d’irritation, et dans celles de faiblesse d’employer les fortifiants , ce qui est évidemment opposé à la méthode de la nature. Devions-nous demeurer stationnaires quand la lumière s’est manifestée à nos yeux? fallait-il refuser à la science et à l’humanité de progresser utilement pour épouser les fausses doctrines, pour adopter les règles variables et incertaines de l’ancienne médecine, parce que ces doctrines et ces règles sont l’œuvre des plus célèbres praticiens des âges écoulés? Nous ne le croyons pas.

Deux faits de haute portée contre lesquels viennent échouer tous les efforts des sophistes sont les suivants : le premier nous enseigne que l’homœopathie traite les maladies d’une seule manière, elle dirige ses remèdes dans le sens de leurs symptômes, dans la vue d’en élever le degré d’intensité jusqu’au point essentiellement convenable; si elle possède le moyen positif de guérir une seule maladie , ce qui est arrivé des milliers de fois , à plus forte raison le peut-elle pour toutes les autres, puisqu’elle suit constamment la meme marche et que celle-ci est calquée sur la méthode même de la nature. L’homœopathie n’est jamais incertaine ni dans ses enseignements ni dans ses prescriptions; elle repousse loin d’elle tous les remèdes antipathiques et allopathiques, les secrets de famille , les spécifiques enfantés par l’empirisme; ses applications sont dictées par l’expé-

Page 1