CHAPITRE XXVI
rien ce pure et confirmées chaque jour par l'observation pratique.
Le second fait, non moins évident que le premier, est relatif à l'abdication volontaire d’un grand nombre de médecins de la vielle école qui, cédant à l’impulsion de leur conscience , ont renoncé à l’ancienne médecine pour se livrer tout entiers à l’exercice de l’homœopathie ; et notez qu’au moment de leur abdication ils jouissaient d’une bonne réputation , d’une grande clientèle et parcouraient une brillante carrière ; ils n’avaient rien à désirer ; mais convaincus de la haute destinée de l’homœopathie , ils ont laissé là l’ancienne médecine pour pratiquer la nouvelle. Dirat-on que c’est par ambition , dans un but de bas intérêt , quand on sait que l’action des remèdes homœopathiques durant depuis plusieurs jours jusqu’à des semaines entières dans les maladies chroniques , dispense naturellement les malades du besoin d’être visités par leurs médecins pendant l’espace de temps que dure l’action du remède. Le médecin homœopathe est assuré d’avance de l’efficacité du médicament par lui administré ; il sait qu’il ne doit point en donner un second avant que le premier ait produit tout son effet ou achevé son action . C’est donc dans l’intérêt général, et non pour se faire une rente (pour nous servir de l’expression fausse du vulgaire), que des praticiens de l’ancienne école ont embrassé la pratique de l’homœopathie. Ces sortes de ca-
lomnies ne nous étonnent nullement : de tous temps les bienfaiteurs du genre humain ont été payés d’ingratitude , de tous temps on a méconnu leur philanthropie, leurs sentiments généreux.
Si nous voulions remonter à l’origine de toutes les autres attaques injustes dirigées contre la nouvelle médecine, nous la découvririons sans aucun doute dans les écarts de la raison, dans la routine des vieux préjugés, dans l’habitude des erreurs populaires , dans le besoin de contradiction qui tourmente incessamment quelques esprits hargneux. Mais cette recherchedevientinutile,tôtou tard l’homœopathie renversera tous les obstacles qu’on lui oppose , elle réunira en un seul faisceau moral tous les médecins des deux hémisphères : c’est du moins la conséquence que l’on doit inférer de l’uniformité et de l’invariabilité des principes , de l’unité vers laquelle elle pousse nécessairement tous les praticiens, de l’entraînement qu’elle exercera de plus en plus sur tous les esprits par sa prospérité durable. Ce consolant résultat , que nous voyons dans un prochain avenir, n’est que momentanément suspendu par des antagonistes entêtés et par la publication de livres populaires de médecin ehomœopathique (que l’on dit domestique , parce qu’on les croit à la portée de toutes les intelligences). Nous ne sommes plus, comme nous l’avons déjà dit , à l’époque où Buchan et d’autres écrivains du même genre avaient