‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 233 sur 240 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

dais que cet ouvrage me fût parvenu pour répondre à la lettre dont vous m’avez honoré : voilà la cause d’un si long retard.

Je l’ai parcouru avec avidité et avec le plus grand intérêt, car l’érudition, la clarté et le savoir théorique et pratique avec lesquels vous avez traité la matière, en font un ouvrage très-utile aux médecins et très-honorable pour son auteur.

Je ne doute pas que, ainsi qu’il a été déjà apprécié par les médecins du pays que vous habitez , il le soit également par mes collègues, auxquels j’aurai soin d’en donner connaissance.

Je suis vraiment charmé de cette circonstance qui renouvelle en moi le souvenir d’une personne que l’excellent marquis Tassoni m’apprit à estimer, et je vois que vous vous êtes rendu toujours plus précieux pour la science médicale dans ce vaste théâtre où aucun aliment ne manque à la science et à ceux qui s’y adonnent.

Veuillez, donc, agréer les sentiments de ma reconnaissance et de l’estime dont je suis pénétré et me croire

Votre très-obligé serviteur et ami.

Signé, docteur Palloni

Livourne, le Ier avril 1828.

Opinion du célèbre docteur Rossi, de Turin, concernant l'ouvrage italien du docteur Rucco sur la science du pouls .

Le projet de M. le docteur Rucco est vraiment grand ; car il a pour but de remplir une lacune qui a toujours existé dans la science médicale, en établissant avec une plus grande certitude le diagnostique des maladies, afin d’en effectuer la cure avec plus de sûreté. A cet effet, l’auteur compare la physiologie du pouls avec son état pathologique, et par de nombreuses observations il en indique le résultat qu’on doit appliquer au progrès de la médecine pratique. En effet, lorsqu’on considère, d’un côté, que les différentes parties dont se compose la machine humaine exercent toutes leurs fonctions (qui ne peuvent être que plus ou moins troublées si ces mêmes parties se trouvent dans un état pathologique, bien qu’il n’y existe point de lésion organique); lorsqu’on considère, d’un autre côté, que toutes ces parties sont pourvues d’artères, on doit reconnaître qu’il est dans l’ordre de la nature que les dérangements des pulsations artérielles doivent répondre à ceux des parties malades. En conséquence , la science du pouls doit nécessairement exister, et elle indique l’état sain ou morbifique des diffé-

Page 1