CHAPITRE IV
iis employaient un tube flexible, ou sonde, pour repousser vers le fond de la vessie le calcul qu’ils tentaient d’enlever, lorsqu’il était devenu friable ou d’une mollesse convenable. De cette première ébauche a jailli une idée lumineuse et féconde.
Les instruments arabes , que nous connaissons par des desseins renfermés dans le manuscrit cité, ont été améliorés par Sanctorius , André délia Croce,FabriciusHildanus,etrendusd’unusageplus commode et plus utile par Gruithuisen , médecin bavarois. Il imagina un appareil propre à pratiquer sur divers points des calculs certaines cavités. Après lui vint l’écossais Eîgeston, qui fit disparaître ce que l’appareil de Gruithuisen avait d’imparfait. Enfin l’art de la lithotritie a été, comme je l’ai déjà dit , perfectionné par Civiale et Leroi d’Étioles, et inscrit par eux et par Heurteloup, Amussat, Charrière , Jacobson, Benvenuti , Mcyrieux, Tanchou , Gouzay, Bancal et autres opérateurs aussi habiles , aussi justement célèbres , comme une dépendance essentielle delà chirurgie. *
A la vue d’autant d’exemples frappants , nous demandons à haute et intelligible voix pourquoi voudrait-on que la médecine pratique , qui , sans aucun doute, est une science plus profonde , plus étendue et plus difficile à acquérir, pourquoi, dis-je , voudrait-on qu’elle suivît une route autre que celle ouverte, si heureusement frayée par l’esprit humain , quand elle en a reçu le mandat et F impulsion de la nature elle-même ? Avec de sem-
blables prouves , il n’est plus permis de soutenir le vieil abus d’abandonner au hasard la destinée d’une science aussi précieuse, de la livrer sans appui aux tristes spéculations des médecins systématiques; il est, au contraire, du devoir de touthomme sensé de lui laisser prendre l’élan sublime qu’elle est susceptible de recevoir. Telle est la tâche qu’ont à s’imposer les vrais praticiens; leur union fera leur force , et bientôt ils la verront se placer au même niveau que ses sœurs les autres sciences naturelles.
Il nous est désormais démontré que, jamais ni T un ni l’autre auteur d’un système ne peut, en aucune manière , embrasser l’immensité des phénomènes morbifiques , et encore moins étendre sa vue et son attention sur toutes les particularités que présentent les malades. Seul, il n’enrichira jamais la science de nouveaux faits, et par conséquent, il n’est point en son pouvoir de la lancer dans la voie du progrès , ou seulement de tirer un profit réel de toutes les expériences, de toutes les observations lumineuses des autres médecins : il n’en a ni le temps, ni les moyens ; esclave du joug qu’il porte , il a renoncé à une partie de sa raison et s’est privé de gaîté de cœur de ses autres facultés, qui n’ont plus la force de saisir les faits qui se passent sous ses yeux , ni de profiter des ressources que l’étude suivie nous procure.
Une dernière considération â noter, c’est l’ob-