CHAPITRE IV
une haute portée depuis les écrits des grands maîtres, Aristote, Albert-le- Grand, Buffon, Cuvier et de Blain ville. Tous les points scientifiques de cette immense branche des connaissances humaines ont reçu tous les degrés de l’évidence, je pourrais dire du positivisme, par les travaux de Bonnet et de Spallanzani , de Lacépède , de Poli , d’Oken , de Carus , de Geoffroy Saint- Hilaire , ainsi que ceux de Lamarck, La Treille, Dumérii , de Serres, Flourens , et autres célèbres zoologistes dont les patientes investigations et les œuvres brillantes empêcheront à jamais la science de rétrograder ou même de demeurer stationnaire. Les espérances que font concevoir leurs disciples ne sont point exagérées; sous l’œil du maître ils promettent beaucoup ; libres et volant de leurs propres ailes , ils voudront aller plus loin qu’eux et tenteront tout pour y parvenir. Un germe puissant est déposé dans leur esprit , il sera fécond en hautes conséquences; ils chemineront glorieux dans la carrière des choses utiles : c’est le dernier service que leurs maîtres payeront à leurs études favorites.
Pour avoir été lents, les progrès de la chirurgie ne sont pas moins incontestables; elle a simplifié ses instruments, et par suite perfectionné ses opérations. Ce que les anciens vanteraient de plus fameux en ce genre, n’est rien moins qu’ordinaire aujourd’hui. Ils ne peuvent point citer les misérables vestiges de leurs usages pour la taille , vestiges qui décèlent une timide ignorance , avec la
lithotritie poussée si loin par Civiale et Leroi d’Étioles, et pour laquelle ils ont imaginé des instruments si parfaits. On se rappelle que, selon le dire d’Hippocrate , toute recherche dans la vessie est dangereuse , que les blessures qu’elles sont susceptibles de causer déterminent toujours la mort ; enfin qu’elles ne sont praticables que jusqu’à Page de quatorze ans, et que, passé cette époque , l’art n’offrait aucune chance possible de succès. Germain Colot méprisa ce préjugé et s’imposa l’obligation de créer une nouvelle méthode pour arriver à l’extraction des calculs ; sa hardiesse éclairée lui réussit : mais qu’il y a loin de ses moyens et de ceux imaginés par Jean des Romanis et Mariano Santi, par Séverin Dineau et le savant Girault, avec ceux de nos habiles praticiens actuels ! quelle distance énorme sépare les appareils et les préparations résolutives employés alors avec le broiement qui se fait maintenant sans trop fatiguer le patient, sans qu’il courre le moindre risque.
S’il faut en croire un traité manuscrit de Azzaharavi, la première idée d’extraire les calculs delà vessie appartiendrait aux Arabes; ils étaient, selon lui , également habiles à débarrasser le col de ce sac membraneux et telle partie du canal de l’urètre de tous les corps étrangers qui pouvaient suspendre le libre écoulement des urines. Pour cela, ils avaient recours aux injections d’huile médicinale; et lorsqu'elles se montraient insuffisantes ,