‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 38 sur 240 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

De la méthode expérimentale impure.

Le plus grand nombre des médecins a de tous temps pensé et croit encore remplir les devoirs de son ministère en prescrivant aux malades les mêmes remèdes qui ont été administrés parfois avec efficacité à quelques individus affectés de maladies estimées semblables. De cette première inconséquence, il est résulté que dans la pratique journalière, on emploie seulement les remèdes dont Faction était acquise par le succès ou expérimentée dans l’état demaladie : delà, la méthode expérimentale y méthode simple, attrayante de prime abord, mais obscure et fallacieuse en réalité. On ne doit point s’étonner de l’importance qu’elle a usurpée sous ce nom pompeux, et du crédit dont elle jouit auprès du monde et des médecins eux-mêmes qui la suivent, qui la respectent encore, en ce qu’elle paraît être le meilleur moyen d’investigation connu jusqu’ici. Cependant, en y réfléchissant sérieusement, en l’examinant sous toutes ses faces, on ne tarde pas à s’apercevoir que, sous les apparences de la certitude et de Fop-

Page 1