CHAPITRE VIL
tasse dans les cas des diabètes , et du tartre stibié dans la cure de la péripneumonie.
Dès que Rasori eut constaté l’efficacité des contre-simulants dans les hôpitaux de Gènes et de Milan en présence d’un grand nombre d’élèves et de médecins habiles , il combattit ouvertement l’erreur de Brown , et prouva, de la manière la plus évidente, que l’emploi des remèdes contrestimulants assurait la guérison de beaucoup de maladies que le médecin écossais avait tort de vouloir toujours traiter avec l’opium , l’éther, le quinquina, le vin et autres stimulants, et que les maladies par lui classées parmi les sthéniques sont , sans comparaison , plus nombreuses que celles de faiblesse.
De son côté , Borda , ayant acquis la certitude de ce fait important , ne tarda pas à suivre la nouvelle doctrine et de l’appliquer au traitement des malades confiés à ses soins dans le grand hôpital de Pavie. Simultanément, divers autres premiers médecins de l’Italie adoptèrent aussi la découverte de Rasori ; on les vit répéter ses expériences, tantôt dans les hôpitaux, tantôt chez leurs clients particuliers; un semblable accord soutint l’émulation, et aida , par la masse des travaux communs , à asseoir la doctrine du contre stimulus sur des bases larges et solides , doctrine , comme le dit le docteur Tommassini , l’un de ses plus ardents partisans , née des ruines du système
médical de Brown , laquelle confond en un seul
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corps les maximes fondamentales , les idées pathologiques et les vues pratiques, qui régnent presque dans toute l’Italie, d’où lui est justement venu le nom distinctif qu’elle porte de nouvelle doctrine médicale italienne.
En tête des médecins italiens qui suivent cette doctrine est, je le répète, le docteur Jacques Tommasiüi, illustre praticien et savant écrivain à qui nous sommes redevables de son extension ; il Fa enrichie d’observations pratiques delà plus haute portée et fait connaître tout entière dans son livre intitulé : Précis de la nouvelle doctrine médicale italienne (Paris, 1822). La première pensée qui dirigea sa plume en écrivant ce livre , fut de mettre de côté toutes les hypothèses qui discréditèrent le système médical de Brown , et de ne conserver de ce maître que quelques principes généraux , c’est-à-dire les idées de la vie et de la diathèse , la simple division des maladies, etc. Dégagé de ses entourages dangereux, le système médical de Brown servit aussi , par les soins de Tommasini, de base et de corollaire à la nouvelle doctrine médicale italienne.
Je viens de dire que la nouvelle doctrine a reçu le jour du système de Brown, non de l’ensemble, mais de deux fausses maximes : l’une concerne l’uniformité d’action des forces excitantes estimée par son auteur légitimement fondée , tandis qu’elle est en opposition constante avec l’observation pratique qui la rejette ; l’autre re-