‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 66 sur 240 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ment , surtout dans l’ouvrage que nous avons indiqué, que, dans toutes les dissections des cadavres des personnes mortes de ficvre ataxique , il découvrit constamment des traces d’inflammation sur la membrane muqueuse des intestins.

Après ces grands médecins , Broussais vint aider aux progrès de la médecine physiologique ; il fît plus , il lui donna plus d’ensemble et de développement , plus de vogue et plus de vrai lustre , d’abord en la fondant sur un grand nombre de faits mieux observés que ne l’avaient réellement fait ses devanciers, et en l’enrichissant ensuite d’une foule d’observations pratiques lumineuses, et de ses précieuses productions (1). Il l’a donc mise sur la voie des progrès. En effet, ce n’est que depuis la publication des ouvrages de Broussais que l’on a commencé en France à considérer les phlegmasies , soit aiguës, soit chroniques, comme autant de maladies semblables à ellesmêmes , toujours curables par la méthode antiphlogistique, et que l’art de guérir a secoué le joug des systèmes variables , si non constamment pernicieux. Une semblable victoire remportée sur la vieille erreur est le fait de l’illustre Broussais ; il a sûrement agrandi l’empire de la médecine physiologique.

(1) F. Broussais : Histoire des Phlegmasies chroniques ; — Leçons sur les Phlegmasies gastriques ; — Examen des Doctrines médicales et des Systèmes nosologiques.

Ce progrès a-t-il été aussi utile à l’heureux traitement de toutes les infirmités humaines qu’on pourrait le croire? C’est ce que nous allons maintenant rechercher. Nous ne le pensons pas. Commencerons-nous par dire , d’abord, parce que ce progrès ne s’étend pas au delà des phlegmasies , qui , certes , ne complètent pas la série des maladies connues jusqu’ici ; en second lieu , parce que la connaissance de leur siège ne conduit point à la connaissance intime de leur caractère individuel et des remèdes qui leur conviennent; en troisième lieu, nous ne croyons pas régulièrement fondé l’axiome de Broussais que le plus grand nombre des maladies est dû à l’irritation ou inflammation, Ce médecin avait sans doute raison de faire dériver plusieurs espèces de fièvres de l’inflammation du canal intestinal et de Bestomac , mais il a eu tort de généraliser ce principe en l’appliquant à toutes les fièvres, et en ne s’arrêtant pas aux cas individuels. Il les jugeait à priori , tandis qu’il aurait dû savoir que cette base n’est nullement d’accord avec l’expérience. En effet , si , par exemple , toutes les fièvres intermittentes ou périodiques dépendaient positivement de l’inflammation de l’estomac et du tube intestinal , pourraient-elles céder, comme souvent il arrive > à Faction énergique et stimulante du sulfate ou de l’acétate de quinine? Non certes.

Baglivi a vu par lui-même , et il l’a imprimé dans ses œuvres, que des affections morales, telles

Page 1