‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 69 sur 240 · CHAPITRE VITE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VITE

principe l’irritation ou l’inflammation, il suivait, dans ce cas, un traitement contraire à celui qu’employait Brown. Cependant ces maladies s’offraient aux deux praticiens avec les mêmes symptômes ou sous le même aspect. Comment se fait-il donc que le médecin écossais les jugeait d’une manière, et le médecin français d’une autre absolument opposée? Brown soutenait que le nombre des maladies asthéniques est à celui des sthéniques comme 97 est à 5 : Broussais soutenait la proportion contraire entre les maladies d’irritation et celles de faiblesse. Une semblable contradiction vient, répétons-le, du caractère vague ou abstrait de leurs maximes, plutôt créations de leur imagination que l’expression de la nature.

Il en est de même pour les maladies d’excès ou de défaut de forces de l’organisme, comme les estiment jusqu’ici nos maîtres: elles ne dépendent point non plus de l’état d’irritation ou d’affaissement du système vital, D’abord, si î es premières ( les maladies d’excès de forces, ou d’irritation ) étaient réellement telles qu’on les croit, elles cesseraient après une exacte diète de plusieurs jours, car la diète n’est autre chose qu’une saignée lentement prolongée; l’homme le plus robuste perd sa vigueur et devient très-faible du moment qu’on le prive de toute nourriture durant quelques jours. Comment donc est-il possible que la diète et la méthode anti-phlogistique ne suffisent pas pour détruire , en un temps donné et avec certi-

tilde , les maladies sthéniques , celles provenant d’excès de stimulus, ou d’irritation? N’est-il point vrai que plusieurs maladies aiguës continuent à sévir pendant deux, trois semaines et plus, malgré la diète et les remèdes anti-phlogistiques? Quelle cause empêche donc les médecins, même les plus habiles, de guérir plus habituellement ces sortes de maladies, si ce n’est la maxime erronée de les considérer simplement comme résultant d’excès de forces, d’excitament ou d’un état pur d’irritation?

En second lieu , nous demandons pourquoi plusieurs maladies de défaut de stimulus ou de relâchement résistent-elles le plus souvent à l’action des toniques ou des remèdes fortifiants? Cette manière fausse de faire naître toutes les maladies des deux seules sources, de sthénie ou d’asthénie, d’excès ou de défaut de stimulus, d’irritation ou de relâchement de la fibre vivante, a malheureusement entraîné les médecins de tous les temps à les enclore dans deux classes, quand, avec un peu d’attention , en observant méthodiquement et sans prévention , on reconnaît aisément qu’une pareille division est diamétralement opposée aux lois de la nature, je veux dire aux caractères individuels des phénomènes morbifiques et de leurs remèdes.

A moins que les partisans de la médecine physiologique ne veuillent renoncer, ce que nous ne croyons pas , aux progrès de l’art de guérir, il ne leur est pas possible autrement de la respecter au

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