CHAPITRE X
Histoire de l’homœopathie, suivie de l’exposé de deux faits qui lui servent de base fondamentale.
La science médicale de la nature existe depuis la création du monde ; presque tous les premiers médecins de tous les pays et de tous les temps , sans la connaître , l’ont pratiquée d’inspiration , et, comme nous allons le voir, ils ont bien des fois guéri les maladies les plus opiniâtres, lorsque, s’éloignant des règles empiriques, ils les traitaient, sans s’en douter, dans le vrai sens de la nature , nous voulons dire suivant la loi des semblables. De là la science médicale de la nature a reçu le
(1) D’après son étymologie grecque le mot homœopathie répond à maladie semblable.
nom qu’elle porte, et ce nom lui convient, puisqu’elle est fondée sur une loi de la nature. Depuis des siècles, chose extraordinaire ! la loi dont nous parlons a été soupçonnée par quelques médecins attentifs; plus tard d’autres ont pressenti ses avantages; il était réservé à l’illustre docteur Samuel Hahnemann d’en assurer le triomphe en la montrant sous son véritable jour et d’en légitimer pour toujours la découverte.
Disons d’abord , avant d’aller plus loin , l’idée générale attachée à la loi des semblables , cette connaissance préliminaire est essentielle. Toutes les fois que la cure d’une maladie quelconque a lieu par le moyen d’une force ou substance midicinale capable de causer chez l’homme sain des effets semblables aux symptômes de la même maladie , on est certain que cette cure est obtenue selon la loi des semblables. Le remède qui guérit une affection peut en solliciter une semblable , et non pas identique , chez l’homme dans l’état normal : c’est la production de ce prodigieux phénomène qui fît découvrir la loi des semblables. Elle n’avait point échappé à l’œil perspicace d’Hippocrate au milieu du siècle d’ignorance dans lequel il vivait : c’est du moin s l’opinion que font naître ses propres expressions, quand, dans son traité Delocis in liomine il dit : Per similia morbusfit et per simili a adhibitci ex morbo sananlur ; vomitus vomitn curatur , etc. ; et en cet autre passage : In perturbationibus ventris , si talia purçfcintur, qualia purgari