‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 80 sur 240 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

oportet y confert. Selon Hahnemann, on lit en un autre ouvrage du père de la médecine qu’une espèce de choléra-morbus qui avait résisté à tous les moyens connus de l’art , fut par lui guéri au moyen de l’ellébore blanc, tandis que Forest, Lentillo , Reimann et d’autres écrivains distingués assurent que cette plante est capable de faire naître une espèce de choléra-morbus (1).

Or, il est évident que, si le célèbre Hippocrate n’avait pas pressenti la loi des semblables, il ne se serait pas exprimé dans les termes précis que nous venons de citer; et si, malgré ce trait de lumière, il crut devoir suivre de préférence la règle contraria contrarns, c’est, du moins nous le pensons , qu’il fut entraîné par les idées dominantes de son temps. D’ailleurs il lui aurait été impossible , à une époque aussi reculée que la sienne (quatre siècles et demi avant l’ère chrétienne) , d’embrasser toutes les circonstances d’un phénomène aussi extraordinaire que celui de la loi des semblables ; il fallait le concours des découvertes qui de nos jours ont enrichi toutes les branches des sciences naturelles pour arriver sûrement à cet heureux résultat. L’erreur, disons mieux, le contresens d’Hippocrate ne détruit aucunement le fait de la loi qu’il avait entrevue, qu’il avait sentie sans pouvoir s’en rendre un compte exact , loin de là elle le corrobore, puisqu’il adoptait le principe de

H) Voyez Halinemann , Organonde l’Art de guérir, page 57.

m DEUXIÈME PARTIE,

cette loi toutes les fois qu’un cas difficile , opiniâtre se présentait à lui : autrement aurait-il dit, dans le passage suivant : Morbi plerique his ipsis curantur, a quibiis eticim nascuntur? <\Vid. Hipp. de Morb. sac)%

Pour démontrer que les anciens médecins adoptèrent à leur insu, et à l’instar de leur maître, la loi des semblables contre les maladies graves qu’ils voulaient guérir, nous allons reproduire ici quelques faits consignés dans Y Or g anon de l'art de guérir de Hahnemann. Leur connaissance sera très- utile encore à ceux qui n’ont point lu ce savant ouvrage.

I. « En 1485, on observa en Angleterre une sorte de fièvre dite la suette , laquelle , d’après le rapport de Willis, tuait quatre-vingt-dix-neuf malades sur cent ; on parvint à la guérir du moment que l’on y employa les sudorifiques ; en d’autres termes , elle céda uniquement à faction des remèdes ayant de l’analogie avec elle.

II. » Une diarrhée qui , par sa persistance et sa longue durée , menaçait à tout instant la vie du patient malgré tous les moyens mis en usage , fut radicalement guérie par un frère lai, à l’aide d’un purgatif qui aurait déterminé une maladie semblable chez une personne saine.

III. » Suivant les expériences de Murray et d’autres médecins , l’usage du tabac produit des vertiges ou tournoiements de tête, des nausées et des angoisses. Eh bien , Diemerbrock , médecin hollandais , se délivra de toutes ces infirmités en

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