L'esprit de la nouvelle Sorbonne
Je rassemble ici les articles parus dans UOpinion, du 28 juillet au 3r décembre igiOjet qui ont suscité dans toute la presse un beau mouvement de discussion. Nos g-rands universitaires se sont sentis touchés; et c'est aux critiques d'Agathon que M. le doyen Groiset voulut bien répondre, dans le discours qu'il prononça, le 3 novembre dernier, à la séance de réouverture de la Faculté des Lettres. Aussi ai-je pris le parti' de conserver Tordre et le plan que j'avais choisi pour ces études, sans dissimuler ce qu'elles avaient de polémique. Gela était possible; un dessein précis les inspirait; elles étaient dès longtemps méditées. Mais la forme un peu hâtive a été remaniée ; et j^ai nourri le texte de documents et d'arguments nouveaux. Le lecteur,
enfin, trouvera ici une conclusion inédile où sont discutés quelques arguments essentiels fournis en réponse par nos adversaires et où nous avons proposé quelques solutions positives.
On était préparé pour accueillir ces idées. Depuis plusieurs années, s'affirme une répugnance croissante des esprits à subir plus longtemps la contrainte que leur imposent tels maîtres de l'enseignement supérieur, éblouis par la science germanique. C'est un redressement, un sursaut instinctif de l'esprit français.
D'abord, ce furent quelques protestations isolées. Aux deux extrémités de l'horizon politique, des socialistes, anciens élèves de l'Ecole normale, et de jeunes néo-monarchistes défendirent notre culture classique contre les empiétements de la philologie. Puis, les professeurs de l'enseignement secondaire, que leur esprit critique préservait de l'excès des méthodes nouvelles, commencèrent de se plaindre, mais dans le privé surtout et de façon secrète. Humiliés par les réformes successives que la Sorbonne a