LES BIBLIOPHILES FANTAISISTES
Dans l'état actuel de la librairie, les éditeurs français se refusent à publier tout ouvrage qui n'entre pas dans les dimensions du volume courant à 3 fr. 50 ou qui ne respecte pas les conventions les plus plates et les préjugés à la mode.
Or le Rouge et le Noir de Stendhal dépasse les dimensions du 3.50, le Hasard du Coin du Feu de Crébillon le fils les atteint difficilement, et Tribulat Bonhomet de Villiers de l'Isle-Adam ferait tomber en convulsions un très grand nombre d'éditeurs. Il semble donc que l'on puisse, avec quelque apparence de raison, offrir au public des ouvrages en dehors des séries auxquelles nous sommes habitués.
En conséquence, les Bibliophiles fantaisistes se sont proposé, à la manière des éditeurs anglais ou américains, de publier des ouvrages de formats et de genres les plus divers.
Nous avons eu le rare plaisir de voir notre initiative comprise par un certain nombre d'auteurs déjà célèbres; MM. Marcel et Jacques Boulenger, René Boylesve, François de Curel, Louis Laloy, Paul Margueritte, Nozière, Henri de Régnier, Laurent Tailhade, Jérôme et Jean Tharaud, dont nous avons publié ou publierons des oeuvres avant le l^r janvier 1910.
Chacun de nos volumes est imprimé avec les caractères, le format et le papier qui nous semblent le mieux convenir au sujet. Nous arrivons ainsi à offrir à nos souscripteurs des ouvrages qui, par la manière seule dont ils sont présentés, constituent déjà des ouvrages de bibliophile.
Ils sont toujours tirés à 500 exemplaires numérotés à la presse.
Les souscripteurs s'engagent à verser une somme de 5 francs pour chaque volume qui leur est remis par la poste contre remboursement. La souscription annuelle ne s'élève jamais au-dessus de 50 francs et la Société se réserve, s'il est publié plus de dix volumes par an, de les offrir aux membres souscripteurs.
Les exemplaires non souscrits sont mis dans le commerce à un prix variable, mais qui ne s'abaisse jamais au-dessous de 7 francs 50.
Les souscriptions pour la première année courent du 1er octobre 1908. M. Eugène Marsan, administrateur de la Société {\lbis, rue Poussin, Paris XVI^), est chargé de les recevoir.