PENSEES
« Jamais ^lontaigne n'est mieux que cité ». disait le marquis d'Argenson ; aussi est-il peu d'auteurs qui le soient plus fréquemment. Quand on veut exprimer avec vivacité une pensée, un sentiment, c'est à sa langue hardie et imagée qu'on a recours. Il y a, en effet, ûans les Essdis une foule de réflexions, de maximes, de sentences qui se détachent du fond par l'énergique concision du tour, ou par le relief de l'expression, s'enfonçant, suivant l'expression de Diderot, comme des clous d'airain dans la pensée, où elles restent à jamais fixées. Bien que ces pensées figurent en partie dans ce volume, on les retrouvera, croyons-nous, avec plaisir ici, séparées du texte, et par cela même plus faciles à retenir et à citer. Il y a là, sans doute, des pensées communes à un grand nombre d'hommes, mais a le génie ressemble au balancier qui imprime l'efïîgie royale aux pièces de cuivre comme aux écus d'or. (1) ». (V. Hu&o).
(1) Quelques-unes furent incrustées par Montaigne sur les chevrons de sa bibliothèque, où l'on peut encore les lire aujourd'hui. Ce sont des sentences d'un caractère généralement sceptique.
J'ai suivi dans leur classification les quatre grandes divisions que renferme cet ouvrage : L'homme, l'éducation, la société, la philosophie de la vie.
L'Homme.
La sagesse a ses excez et n'a pas moins besoing de modération que la folie.
La sagesse ne force pas nos inclinations ; luy suffise de les brider et modérer, car de les emporter il n'est pas en luy.
La plus grande chose du monde c'est de sçavoir estre à soy. le veulx estre maistre de moy à touts sens.
L'abstinence de faire est souvent aussi généreuse que le faire.
le ne me soulcie pas tant quel ie sois chez aultruy. comme ie me soulcie que ie sois en moy mesme : ie veulx estre riche par moy. non par emprunt.
Nous ne conduisons iamais bien la chose de laquelle nous sommes possédés et conduicts.
La vraye liberté c'est pouvoir toutes choses sur soy.
Ce n'est pas estre amy de soy et encore moins maistre, c'est en être esclave de se suyvre incessamment et estre si prins à ses inclinations qu'on ne les puisse tordre.
Geluy qui se porte plus modereement envers le gaing et la perte, il est tousiours chez soy.
C'est l'efîect d'un esprit precipiteux et insatiable de ne sçavoir mettre fin à sa convoitise... C'est abuser des faveurs de Dieu de leur vouloir iaire perdre la mesure qu'il leur a prescrite.
On peult se prester à aultruy, mais il ne fault se donner qu'à soy.
Souvent on pense avoir quitté les affaires on ne les a que changez.
Les âmes à mesure qu'elles sont moins fortes, elles ont d'autant moins de moyens de faire ny fort bien ny fort mal.
Le veoir sainement les biens tire aprez soy le veoir sainement les maulx.
Toutes passions qui se laissent gouster et digérer ne sont que médiocres.
Si chascun espioit de prez les efforts et circonstances des passions qui les régentent... il les verroit venir et
rallentir un peu leur impétuosité et leur course : elles -M ne nous saultent pas tousiours au collet d'un prime ^ sault.
L'intempérance est peste de la volupté, et la tempérance n'est pas son fléau, c'est son assaisonnement.
L'ame s'affolle d'estre trop continuellement bandée.
Personne ne distribue son argent à aultruy ; chascun y distribue son argent et sa vie.
Reprendre en aultruy mes propres faultes, ne me semble non plus incompatible que de reprendre comme ie foys souvent celles d'aultruy en moy.
Il se treuve autant de différence de nous à nous mesmes que de nous à aultruy.
Pour iuger bien d'un homme à poinct, disent les sages, il fault principalement contrerooUer ses actions communes et le surprendre en son à tous les iours.
Tout mouvement nous descouvre... chaque parcelle de l'homme, chaque occupation le montre egualement qu'un aultre... on iuge un cheval non seulement à le
veoir manier sur une carrière, mais encore à lui veoir aller le pas, voire au repos à Festable.
La raison humaine est une teincture infuse environ de pareil poids à toutes nos opinions et mœurs de quelque forme qu'elles soyent, infinie en matière, infinie en variété.
L'entendement humain se perd à vouloir sonder et contrerooller toutes choses iusques au bout, tout ainsi comme, lassez et travaillez de la longue course de nostre vie, nous retumbons en enfantillage.
Les extrémités de nostre perquisition tombent toutes en esblouissements.
C'est une bonne drogue que la science, mais nulle drogue n'est assez forte pour se préserver sans altération et corruption selon Testât du vase qui l'estaye.
Les belles âmes, ce sont les âmes universelles, ouvertes et prestes à tout : sinon instruites, du moins instruisables.
Le méditer est un puissant estude, et plein, à qui sçait se taster et employer vigoreusement : i'ayme mieulx forger mon âme que la meubler.
La vérité mesme n'a pas privilège d'estre employée à
toute heure, et en toute sorte, son usage tout noble qu'il est, a ses circonscriptions et limites.
L'affînement des esprits ce n'en est pas l'assagissement.
Oh ! que c'est un doulx et mol chevet, et sain, que l'ignorance et l'incuriosité à reposer une teste bien faicte !
Tous les abus du monde s'engendrent, de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de nostre ignorance, et que nous sommes tenus d'accepter tout ce que nous ne pouvons refuser.
Qui se veult guarir de l'ignorance, il la fault confesser.
Il y a une ignorance abécédaire qui va devant la science ; il y a une ignorance doctorale qui vient aprez : ignorance que la science faict et engendre elle mesme, comme elle destruit la première.
Il y a quelque ignorance forte et généreuse qui ne doibt rien en honneur et en courage à la science : ignorance pour laquelle conceveoir. il n'y a pas moins de science qu'à concevoir la science.
L'ignorance qui se sçait, qui se iuge, et qui se condamne, ce n'est pas une entière ignorance. Pour l'estre il fault qu'elle s'ignore soy mesme.
Qui ne s'entend poinct en soy, de quoy se peult il entendre ?
L'homme d'entendement n'a rien perdu s'il a soy mesme.
le hais capitalement la dissimulation, et de tous les vices ie n'en treuve aulcun qui tesmoigne tant de lascheté et bassesse de cœur.
Celui qui ment fait le brave avec Dieu, et le poltron devant les hommes (1).
le me foys plus d'iniure en mentant que ie n'en foys à celuy de qui ie ments.
Qui s'obligeroit à tout dire s'obligeroit à ne rien faire de ce qu'on est contrainct de taire.
On ne peult jamais fermer la porte à la flatterie : on ne faict que l'entrebâiller.
La fiance en la bonté d'aultruy est un non legier tesmoignage de la bonté propre. La crainte et la desfiance attirent l'offense et la convient.
Quand iepourrois me faire craindre i'aimerois encores mieulx me faire aimer.
On aime un corps sans âme et sans sentiment, quand (1) Pensée d'un philosophe ancien.
aime un corps sans son désir... i'ay horreur d'imaginer mien un corps sans affection.
La malice hume la pluspart de son propre venin et s'en empoisonne.
C'est nostre vice que nous veoyons plus mal volontiers ce qui est au debssus de nous, que volontiers ce qui est au debssous.
L'ambition n'est pas un vice de petits compaignons.
le suis envieux du bonheur de ceulx qui se sçavent resiouïr et gratifier en leur ouvrage ; car c'est un moyen aysé de se donner du plaisir puisqu'on le tire de soy mesme.
D'apprendre qu'on a dict ou faict une sottise, ce n'est rien que cela. Il fault apprendre qu'on n'est qu'un sot : instruction bien plus ample et plus importante.
Celuy qui bien faict à quelqu'un l'aime mieulx qu'il n'en est aimé.
Les choses nous sont plus chères qui nous ont plus cousté ; et le donner est plus de coust que le prendre.
Que chascun se sonde, au dedans, il treuvera que nos souhaits intérieurs, pour la pluspart, naissent et se nourrissent aux dépens d'aultruy ; nature ne se desment
point en cela... car les physiciens tiennent que la naissance, le nourrissement et augmentation de chaque chose est l'altération et corruption d'une aultre.
Les maulx ont leur période comme les biens.
Les corps raboteux se sentent, les polis se manient imperceptiblement ; la maladie se sent, la santé peu ou point : ny les choses qui nous oignent au prix de celles qui nous poignent.
Qui craint de souffrir il souffre desia de ce qu'il craint.
Nostre bien n'est que la privation d'estre mal.
Rien n'est si empeschant, si desgouté que l'abondance.
Ce n'est pas la disette c'est plustot l'abondance qui produict l'avarice.
Tout homme pecunieux est avaricieux, à mon gré.
C'est le iouïr non le posséder qui nous rend heureux.
La pauvreté des biens est aysee à guarir ; la pauvreté de l'âme impossible.
Pour mesurer la constance, il fault nécessairement sçavoir la souffrance.
Il y a bien plus de constance à user la chaisne qu'à la rompre, et plus d'espreuve de fermeté en Regulus qu'en Caton.
Tout ainsi que l'ennemy se rend plus aspre à nostre fuyte, aussi s'enorgueillit la douleur à nous veoir trembler soubs elle. Elle se rendra de bien meilleure composition à qui lui fera teste.
Comme le corps est plus ferme en le roidissant, aussi est l'âme... Nous sentons plus un coup de rasoir du chirurgien, que dix coups d'espée en la chaleur du combat.
Il n'est rien qui nous iecte tant aux dangiers qu'une faim inconsidérée de nous en mettre hors.
C'est une puissante maladie, et qui se coule naturellement et imperceptiblement que la vieillesse : il y fault grande provision d'estude, et grande précaution pour esviter les imperfections qu'elle nous charge, ou au moins affoiblir leur progrès.
Nous ne quittons pas les vices, nous les changeons.
C'est grande simplesse d'alonger et anticiper, comme chascun faict, les incommoditez humaines : i'ayme
mieulx estre moins longtemps vieil, que d'estre vieil avant de l'astre.
La vieillesse imprime plus de rides a l'esprit qu'au visage.
Nostre estude et nostre envie devroient sentir quelquefois la vieillesse. Nous avons le pied à la fosse, et nos appetis et poursuittes ne font que naistre.
Que la ieunesse regarde devant, la vieillesse derrière, n'estoit-ce pas ce que signifîoit le double visage de Janus.
L'Education.
le treuve que nos plus grands vices prennent leur ply dez nostre plus tendre enfance, et que nostre principal gouvernement est entre les mains des nourrices.
De toutes choses les naissances sont foibles et tendres : pourtant fault il avoir les yeulx ouverts aux commencements ; car comme lors en sa petitesse, on n'en descouvre pas le dangier, quand il est accreu, on • n'en descouvre plus le remède.
Une bonne herbe transplantée en solage fort divers à sa constitution, se conforme bien plustost à iceluy qu'elle ne le reforme à soy.
l'accuse toute violence en l'éducation d'une ame tendre qu'on dresse pour l'honneur et la liberté.
Il y a ie ne sçais quoi de servile en la rigueur et en la contraincte, et tiens ce qui ne peult se faire par la raison, et par prudence et addresse, ne se fait iamais par la force.
N'examinez pas combien un homme sçait mais comment il sçait.
Ne regardez pas quel est le plus, mais le mieulx sçavant.
Il ne suffit pas de loger la science en soy, il Ja fault espouser.
Il n'est rien qu'on doibve tant recommander à la ieunesse que l'activité et la vigilance. Nostre vie n'est que mouvement.
La Société.
En toutes choses, sauf aux mauvaises, les mutations "sont à craindre.
Selon mon humeur ez affaires publicques, il n'est si mauvais train, pourveu qu'il aye de l'aage et de la constance qui ne vaille mieulx que le changement et le remuement.
Nulles loix ne sont en leur vray crédit, que celles ausquelles Dieu a donné quelque ancienne durée, de mode que personne ne sçache leur naissance, ny qu'elles aient esté iamais aultres.
Il est bien aysé d'engendrer à un peuple le mespris de ses -anciennes observances... mais d'y restablir un meilleur estât en la place de celuy qu'on a ruyné, à cecy plusieurs se sont morfondus qui l'avoient entreprins.
Ceulx qui donnent le bransle à un estât sont le plus volontiers absorbés en sa ruyne ; le fruict du trouble ne demeure guères à celuy qui l'a esmeu : il bat et brouille l'eau pour d'aultres pescheurs.
Il y a grand amour de soy et presumption, d'estimer ses opinions iusques là que pour les establir il faille renverser une paix publicque, et introduire tant de maulx inévitables et une si horrible corruption de mœurs que les guerres civiles apportent.
Mieux vauldroit faire vouloir aux loix ce qu'elles peuvent, quand elles ne peuvent ce qu'elles veulent.
Toutes actions publicques sont subiectes à incertaines et diverses interprétations, car trop de testes en iugent.
Il y a du malheur d'en estre là, que la meilleure
touche de la vérité, ce soit la multitude des croyants, en une presse [où les fols surpassent tant les sages en nombre.
Les inclinations des peuples se manient à ondées ; si la pente est une fois prinse en votre faveur, elle s'emportera de son propre bransle iusques au bout.
C'est la règle des règles, générale loy des loix que chascun observe celle du pais où il est nay.
A une misérable condition comme est la nostre, c'a esté un très favorable présent de nature que l'accoustumance qui endort nostre sentiment à la souffrance de plusieurs maulx.
L'equalité est la première pièce de l'équité ; qui peut se plaindre d'estre comprins, là oùtouts sont comprins.
Un Roy n'a rien proprement sien, il se doibt soy mesme à aultruy.
La iuridiction ne se donne pas en faveur des iuridicants, c'est en faveur du iuridicié.
Esclave, ie ne le suis que de la raison.
La cholere et la haine sont au delà du debvoir de la iustice, et sont passions servant seulement à ceulx qui
ne tiennent pas assez à leur devoir par la raison simple.
Tout ce qui est, en iustice, au delà de la mort simple, me semble pure cruauté.
La géhenne est plus tôt un essai de la patience que de la vérité.
C'est mettre ses coniectures à bien hault prix que d'en faire cuire un homme tout vif.
De conclure par la suffisance d'une vie particulière quelque suffisance à l'usage publicque, c'est mal conclure : tel se conduict bien qui conduict mal les aultres.
On aime plus la grande réputation que la bonne : nos soings vont plus tost à ce qu'on parle de nous que comment on parle, et pourveu que nostre nom courre par la bouche des hommes, nous ne nous soucions pas de quelle manière il y court.
Il y a des pertes triumphantes à l'envi des victoires.
Le monde n'est que babil ; et ne veoit iamais homme qui ne die plus, que moins qu'il ne doibt... la moitié de nostre aage s'en va là.
Ceulx qui ont le corps graile. le grossissent d'embourrure ; ceulx qui ont la matière exile, l'enflent de paroles.
A qui il gresle sur la teste, tout l'hemisphere semble en tempeste et orage.
Il n'importe pas seulement qu'on veoie la chose, mais comme on la veoit. Un aviron droict semble courbé dans l'eau.
Les plus grands événements ont de petites causes... Nos plus grandes agitations ont des ressorts et causes ridicules.
Il ne faut pas guetter les grands hommes aux petites choses.
C'est trahison de se marier sans s'espouser.
Les aigreurs comme les doulceurs du mariage se tiennent secrettes par les sages.
Bonne femme et bon mariage se dict, non de qui l'est, mais duquel on se taict.
le treuve aulcunement plus supportable d'estre tousleurs seul que de ne l'estre iamais.
Philosophie de la Vie.
. Il n'est que de vivre pour tout veoir et le contraire de tout.
Avez vous sceu méditer et manier vostre vie ? vous avez faict la plus grande besongne de toutes.
Qui n'a dressé sa vie pour une certaine fin, il est impossible de disposer des actions particulières... L'archer doibt sçavoir où il vise... Nul vent ne faict pour celuy qui n'a point de port destiné.
Beaucoup sçavoir apporte occasion de plus doubter.
En ne croyant pas témérairement, ny aussi en ne descroyant pas facilement, on observeroit la règle de rien de trop, observée par Chilon.
On me fait haïr les choses vraisemblables quand on me les plante pour infaillibles.
Vault il mieulx demeurer en suspens que de s'infrasquer en tant d'erreurs que l'humaine fantasie a produictes ?
lamais ne feuat au monde deux opinions pareilles,
non plus que deux poils ou deux grains : leur plus universelle qualité, c'est la diversité.
Quasi toutes les opinions que nous avons sontprinses par auctorité et à crédit. Nous sommes chascun plus riche que nous ne pensons, maison nous dresse à l'emprunt et à la queste ; on nous duict à nous servir plus de l'aultruy que du nostre.
On ne demande pas si cela est vray, mais s'il a esté ainsi dict ou entendu ; on ne demande pas si Galen a rien dict qui vaille, mais s'il a dict ainsin ou aultrement.
Condamner resoluement une chose pour faulse ou impossible,, c'est se donner l'advantage d'avoir dans sa teste toutes les bornes et limites de la volonté de Dieu, et de la puissance de nostre mère nature.
Les miracles sont selon Tignorance en quoy nous sommes de la nature, non selon l'estre de la nature.
Il est des erreurs superficielles, mais pourtant de mauvais pronostique ; et sommes avertis que le massif se desmeut quand nous veoyons fendiller l'enduict et la crouste de nos parois.
La vertu assignée aux affaires du monde est une vertu à plusieurs plis, encoigneures et coudes, pour s'appliquer et ioindre à l'humaine foiblesse.
La vertu est chose bien vaine et frivole, si elle tire sa recommandation de la gloire.
Le vice laisse, comme un ulcère dans la chair, une repentance en l'âme, qui tousiours s'esgratigne et s'ensanglante elle mesme.
La raison efface les aultres tritesses et douleurs, mais elle engendre celle de la repentance qui est plus griefve d'autant qu'elle naist au dedans, comme le chauld et le froid des fiebvres est plus poignant que celles qui vient du dehors.
Quand pour sa droicture, ie ne suyvrois le droict chemin, si le suyvrois pour avoir treuvé, par expérience, qu'au bout du compte c'est communeement le plus heureux et le plus utile.
On argumente mal l'honneur et la beauté d'une action, par son utilité ; et conclud on mal d'estimer que chascun y soit obligé, et qu'elle soit honneste à chascun si elle est utile.
L'utile est de beaucoup moins aimable que l'honneste ; l'honneste est stable et permanent, fournissant à celuy qui l'a faict une gratification constante ; l'utile se perd et eschappe facilement, et n'en est la mesmoireny si fresche ny si doulce.
Toute mort doibt estre de mesme sa vie. Nous ne devenons pas aultres pour mourir.
Au iugement de la vie d'aultruy, ie regarde tousiours le bout.
Qui apprendroit les hommes à mourir, leur apprendroit à vivre.
Il est incertain où la mort nous attende, attendons la partout.