‹ L'esprit de MontaigneChapitre 32 sur 32 · DIVERSES · texte numérisé non relu

DIVERSES

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— Là pauvreté des biens est aisée à guérir; ïa pauvreté de Famé impossible.

— - Qui veut faire sa despense juste , la fait estroite et contrainte.

— Si la trahison doit estre en quelque cas excusable, lors seulemeut elle l'est, qu'elle s'employe à chastier et trahir la trahison. Il se trouve assez de perfidies , non seulement et refusées, mais punies, par ceux en faveur* desquels elles avoient esté entreprises.

— Il seroit à désirer qu'il y eust plus de proportion du commandement à l'obéis-

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sance; et semble la visée injuste, à laquelle on oe peut iit teindre.

— Nous sommes nez à quester la vérité; il appartient de la posséder à une plus grande puissance.

Il n'est air qnt se btimc si goulue-

metit, qui s'espande et pénètre , comme fitict la licence.

— ■ Je hay les morceaux que la nécessité me taille. Toute commodité me tiendroit à la gorge , de laqnelle seule j'aurc déspendre.

— La confession généreuse et libre énerve le reproche et désarme l'injure.

— Les songes sont loyaux interprètes de no» inclinations; mais il y a de l'art à les assortir et entendre.

— L'ambition n'est pas un vice de petits compaignons.

— Nostre bien estre,ce n'est que la privation d'estre mal.

— Vous ne voyez pas les espices d'un homme de parlement : vous voyez les al-

liances qu'il a gaignées , et honneurs à ses enfans. Nul ne met en compte public sa recette : chacun y met son acquest.

— - On fait bon marché à un homme de conscience , quand on lui propose quelque difficulté au contrepoids du vice ; mais quand on l'enferme entre deux vices, on le met à un rude choix.

— La sagesse a ses excès , et n'a pas moins besoin de modération que la folie.

— Je hay un esprit hargneux et triste , qui glisse par dessus les plaisirs de sa vie , et s'empoigne et paist aux malheurs , comme les mouches, qui ne peuvent tenir contre un corps bien poly et bien. lissé, et s'attachent et reposent aux lieux scabreux et raboteux, et comme les ventouses, qui ne hument etappètent que le mauvais sang.

— - 11 n'est point de pareille leurre que la sagesse non rude et renfrognée.

— Ceux qui prcschent aux princes la défiance si attentive, sous couleur de leur

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prescjier leur scureté, leur pretchent \m ruine et leur honte.

— Quel appétit et visage de chasse s'estait réservé: celui >pii n'allait jamais aux champs » à moins de; sept mille fauconniers.,

— Tout homme peut dire véritabkment;mais dire ardortnément, «pradanment et suffisamment, pen 4*honunet- k a peuvent. - \

-*- M'aymerois à l'adventare mieux deuxiesme ou troisiebme à Périgueux que premier à Paris : au moins, sans mentir»

mieux troistesme à Paris que premier en charge. Je ne veux uy débattre avec un huissier de porte , misérable incognu , ny faire fendre en adoration les presses où je passe. Toute constitution naturelle est pareillement juste et aisée. J'ay ainsi rame poltronne , que je ne mesure pas la bonne fortune selon sa hauteur, je la mesure selon sa facilité.

— La raison nous ordonne bien d'aller

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tousjours mesme chemin, mais non toutesfois mesme train. Ou la raison se mqcque , ou elle ne doit .viser qu'à npstre contentement, et tout son travail tendre en somme à nous faire bien vivre, et à nostre aise , comme dict la saincte Escriture.

— O le vilain et sot estude, d'estudier son argent, se plaire à le manier et recompter ! C'est par-là que l'avarice fait ses approches.

< — C'est une dangereuse invention que celle des géhennes, et semble que ce soit plustost un essay de patience que de vérité. Car pourquoi la douleur me ferat-elle plustost confesser ce qui en est, qu'elle ne me forcera de dire ce qui n'est pas ? Je pense que le fondement de cette invention vient de la considération de l'effort de la conscience. Car au coulpable il semble qu'elle aide à la torture pour lui faire confesser sa faute , et qu'elle l'affaiblisse ; et de l'autre part, qu'elle- fortifie l'innocent contre la torture. Pour dire

vrai, c'est un moyen plein d'incertitude et de danger. Que ne diroit-on , que ne feroit-on ponr fuyr à si griefves douleurs?

D'où il advient que celui que le juge a géhenne pour ne le faire mourir innocent , il le face mourir et innocent et géhenne.

— Certes j'ay eu souvent despit de voir des juges attirer par fraude et fausses espérances de faveur ou pardon, le criminel à descouvrir son faict , et y employer la pipperie et l'impudence. C'est une justice malicieuse, et ne l'estime pas moins blessée par soy-mesme que par autruy.

— J'observe en mes voyages cette pratique pour apprendre tousjours quelque chose , pour la communication d'autruy, qui est une des plus belles escholes qui puisse estre , de ramener tousjours ceux avec qui je confère aux propos des choses qu'ils sçavent le mieux.

— L'ame en ses passions se pippe plustost elle-mesnie , se dressant un faux sub-

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ject et fantastique, voire contre sa propre créance , que de n'agir contre quelque chose. Ainsi emporte les bestes leur rage à s'attaquer à la pierre et au fer qui les a blessées , et à se venger à belles dents sur soy-mesme du mal qu'elles sentent.

— Comme le bras estant haussé pour frapper il nous deult si le coup ne rencontre et qu'il aille au vent, et que, pour rendre une veue plaisante , il ne faut pas qu'elle soit perdue et escartée dans Je vague de l'air, ains ( mais ) qu'elle ayt butte pour la soustenir à raisonnable distance : de mesme il semble que l'âme esbranlée et esmeue se perde en soy-mesme , si on ne lui donne prise : et faut tousjours lut fournir d'objets, ou elle s'abatte et agisse,

— Je ne puis apprendre aux grands à distinguer les bonnetades qui les regar- .

dent de celles qui regardent leur, commission, ou leur suite , ou leur mule.

. — Outre une sotte et caduque fierté, un babil ennuyeux , ces humeurs espineuses

i'I i négociables , et lu superstition , et uu soin ridicule des richesses, lorsque l'usage en est perdu, je trouve dans la vieillettc plus d'envie, d'injustice et de malignité.

Elle nous attache plus de rides en l'esprit qu'au visage , et ne se voit point d'aints ou fort rares , ijui en vieillissant ne sentent

— C'est un outil de merveilleux servie; que la mémoire , et sans lequel le jugement fait bien à peine son office.

— .11 se voit par expérience pi us t os t an rebours que les mémoires excellentes se joignent volontiers aux jugemens débiles.

— Ce qui a esté fié à mon silence, je le cèle religieusement ; mal» je présida'' à celer le moins que je puis : c'est ii>^ îmJK»r tinie garde du seer« des princes , à ! qui n'en a que faire. i> ■'• '-" "■'"',;■'■■ ■

— C'est peu.'ut'seitta-'&tf princes d'estre secret , si on n'est menteur encore.

— Tout ce qui est au-delA: de la mort simple me semblé port cruauté. No«re

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justice ne peut espérer que celui que la crainte de mourir et d'estre décapité ou pendu ne gardera de faillir , en soit empesché par l'imagination d'un feu languissant, ou des tenailles, ou de la roue. Et je ne sçay cependant si nous les jettons au désespoir; car en quel estât peut estre Tame d'un homme attendant vingt-quatre heures la mort , brisé sur une roue, ou , à la vieille façon , cloué à une croix ?

— Les naturels sanguinaires à l'endroit des bestes tesmoignent une propension naturelle à la cruauté. Après qu'on se fust apprivoisé à Rome aux spectacles des meurtres des animaux , on vint aux hommes et aux gladiateurs.

-—Chacun poise sur le péché de son compagnon , et eslève le sien.

— Gomme le monst , bouillant dans un vaisseau, pousse à mont tout ce qu'il y a dans le fond, aussi le vin fait desbonder les plus intimes secrets à ceux qui en ont pris outre mesure.

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— Il n'est rien que je haïsse comme à marchander , c'est tin pnr commerce de trichoterieet d'impudence. Après une heure de desbat et de barguignage , Tint et l'antre abandonne sa parole et ses sennens pour cinq sols d'amendement»

— L'indigence se voit amtant qrdinaire* ment logée chez ceux qui: ont des mens que chez ceux qui n'en ont point j: et qu'à l'aventure est-elle aucunement moins incommode » quand elle est senle , que quand elle se rencontre en compagnie des richesses : elles viennent plus de l*.ôrdre que de la recepte* •

-—Si quelcun s'enyvre de sa science , re* gardant sous soy : qu'il tourne les yeux au-dessus vers les siècles passez, il baissera les cornes , y trouvant tant de milliers d'esprits qui le foulent aux piedsé S'il entre en quelque flatteuse présomption de sa vaillance , qu'il se ramentoive les vies de Scipion , à' Epaminondas , de tant d'ar- • niées, de tant de peuples, qui le laissent si

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loin derrière eux. Nulle particulière qualité n'en orgueillira celui qui mettra quant et quant en compte, tant d'imparfaites et foibles qualitez autres, qui sont en lui, et, au bout, la nihilité de l'humaine condition.

— Ce que la divinité nous en a si divinement exprimé devroit estre soigneusement et continuellement médité par les gens d'entendement.

— L'orgueil gist en la pensée : la langue n'y peut avoir qu'une bien légère part.

— De dire de soy plus qu'il n'y en a > ce n'est pas tousjours présomption 9 c'est encore souvent sottise.

—Nous avons bien plus de poètes que déjuges et interprètes de poésie. Il est plus aisé de la faire que de la cognoistre.

"—"L'expérience est proprement sur son fumier au subject de la médecine où la raison lui quitte toute la place.

— Le méditer ( la méditation ) est un puissant estude et plein, à qui sçait se

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taster et employer vigourenaem mieux forger mon une que la ■

— Absent ) je me despouillo i pensemens : etséntirois moins h d'âne tonr , que je ne fais ehente d'une ardoise.

— Les moins tendues et phu alleures de nostre «me , sont les ] les meilleures occupations les forcées,

— H mut bien bander l'ami faire sentir, comme elle s'escoul

— le Toy jusques a quels lu nécessité naturelle : et ronsidén vre mendiant à ma porte, soi enjoué et plus sain que raoy , je en «a place : j'essaye de chausset h son biais. Et courant ainsi par exemples , quoique je pense la pauvreté , le mespris et la mala talons, je me résous aisément d en effroy de ce qu'un inoindre prend avec telle patience : e

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croire que la bassesse de l'entendement paisse plus que la vigueur , ou que les effects du discours ne puissent arriver aux effects de l'accoustumance.

— C'est un vilain usage et de très-mauvaise conséquence en nostre France, d'appeller chacun par le nom de sa terre et seigneurie , et la chose du monde qui faict plus mesler et mescognoistre les races. Un cadet de bonne maison ayant eu pour son appanage une terre, sous le nom de laquelle il a esté cognu et honnoré , ne peust honnestement l'abandonner : dix ans après sa mort, la terre s'en va à un estranger, qui en faict de mesme : devinez où nous sommes de la cognoissance de ces hommes.

Les armoiries n'ont de seureté, non plus que les surnoms : je porte d'azur semé de trèfles d'or, à une patte de lyon de mesme, armée de gueules, mise en face.

Quel privilège a cette figure, pour demeurer particulièrement en ma maison? Un gendre la transportera en une autre famille;

3ift MtKsiit mrsKSi»

quelque chétif acheteur. en fiera ses première* aimes : il n'est choie où il se rencontre pins de mutation et de confusion.

— Je sçay bon gré à Jacques Amiot d'aroir laissé % dans le cours d'une oraison françoise> les noms latins tous entiers, sans les bigarrer et changer, pour leur donner une cadence françoise. Cela sembloit un peu rude au commencement:

mais desjà l'usage > par le crédit de son Plutarque, nous en a osté toute l'estrantfeté.

J*ay souhaité souvent que ceux qui es* crivent les histoires en latin, nous laissassent nos noms tous tels qu'ils sont : car en faisant, de Vaudemont, Vallemontanus , et les métamorphosant pour les garber à la grecque y ou à la romaine , nous ne sça~ vous où nous en sommes , et en perdons la cognoissance.

— La conscience d'avoir bien dispensé les autres heures , est un juste et savoureux condiment des tables. Ainsi ont vescu les sages.

DE MONTAIGNE. 3lO,

— Comme nous voyons des terres oysi- ▼es, si elles sont grasses et fertiles, foisonner en cent mille sortes d'herbes sauvages et mutiles , et que, pour les tenir en office, il les faut assubjectir et employer à certaines semences pour nostre service : ainsi est-il des esprits; si on ne les occupe à certain subject, qui les bride et contraigne , ils se jettent desreiglez, par-ci, parlà, dans le vague champ des imaginations.

— Je retranche en ma main autant que je puis de la cérémonie. Quelqu'un s'en offense : qu'y ferois-je ? Il vaut mieux que je l'offense pour une fois , que moy tous les jours : ce seroit une subjection continuelle.

— À quoy faire fuit-on la solitude des cours , si on l'entraisne jusques en sa tanière.

-— Depuis que l'altercation de la prérogative au marcher ou à se seoir, passe trois répliques, elle est incivile.

- — J'ay veu souvent des hommes incivils

3ao rzH&iftft orvsasE»

par trop de civilité, et importans de courtoisie.

— Noos ne sommes que cérémonie, k cérémonie nous emporte , et laissons k substance des choses : nous nous tenons aux branches, et abandonnons le tronc et le corps.

— Que les médecins excusent un pes ma liberté : car, par cette mesme infusion et insinuation fatale, j'ay reçen la haine et le mesprisde leur doctrine. Cette antipathie que j'ay à leur art m'est néréditaire. Mo* père a vescu soixante et quatorze ans, mon ayeul soixante et neuf, mon bisayeul près de quatre-vingt sans avoir gousté aucune sorte de médecine.

— Les médecins poùrroient [ce crois- je) tirer des odeurs plus d'usage qu'ils ne font : car j'ay souvent apperceu qu'elles me changent et agissent en mes esprits , selon qu'elles sont : qui me fait approuver ce qu'on dit , que l'invention des encens et

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parfums aux églises regarde à cela de nous resjouir , esveiller et purifier le sens , pour nous rendre plus propres à la contemplation.

— Combien y a-t-il que la médecine est au monde ? On dit qu'un nouveau Tenu, qu'on nomme Paracelse, change et renverse tout Tordre des règles anciennes , et maintient que , jusqaes-à cette heure , elle n'a servi qu'à faire mourir les hommes. Je croy qu'il vérifiera cela aisément : mais de mettre ma vie à la preuve de sa nouvelle expérience , je trouve que ce ne seroit pas grand'sagesse.

— Nous sommes pour vieillir, pour affaiblir, pour estre malades, en despit de toute médecine. C'est la première leçon que les Mexicains font à leurs enfans.

— Tout au commencement de mes fiebvres , et des maladies qui m'attèrent; entier encore, et voisin de la santé, je me reconcilie à Dieu par les derniers offices ehres-

tiens : et m'en trouve plus libre et des* chargé, me semblant en avoir d'autant meilleure raison de la maladie.

— C'est foiblesse de céder aux maux, mais c'est folie de les nourrir.

— - Qui se faict plaindre sans raison , est homme pour n'estre pas plaint, quand la raison y sera.

— • Qui craint de souffrir , il souffre desjà de ce qu'il craint.

— C'est à la coustume de donner forme à nostre vie, telle qu'il luy plaist, elle peut tout en cela. C'est le breuvage de Circé qui diversifie nostre nature, comme bon luy semble. Vous faictes malade un Allemand de le coucher sur un matelas 1 comme un Italien sur la plume, et un François sans rideau et sans feu.

— Voyez un vieillard qui demande à Dieu qu'il lui maintienne sa santé entière et vigoureuse, c'est-à-?dire qu'il le remette en jeunesse : n'est-ce pas folie ? sa condition pe le porte pas. La goutte, la gravellç»

'de monïaigw*. *3a3

l'indigestion , sont symptômes des longues années , comme des longs voyages , la cha-* leur , les pluys et les vents*

— Quand les athlettes contre-font les philosophes en patience , c'est plustost vigueur de nerfs que de cœur.

— J'ay souvent ouy dire que la couardise est mère de la cruauté : et si ay pour expérience apperceu que cette aigreur et aspreté de courage malitieux et inhumain s'accompaigne coustumièrement de mollesse féminine : j'en ay veu des plus cruels subjects à pleurer aisément , et pour des causes frivoles.

— Quand la vertu mesme seroît incarnée, je croy que le poux luy bastroit plus fort allant à l'assaut qu'allant di*ner : voire il est nécessaire qu'elle s'eschauffe et s'esmeuve.

— - Je vois avec dépit , en plusieurs mesnages, monsieur revenir maussade et tout marmiteux, du tracas des affaires, environ nûdy, que madame est encore après à so

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coiffer et astiffer en son cabinet* C'est à faire aux roynes : encore ne scai-je.

— 11 est ridicule et injuste que l'oysiveté de nos femmes soit entretenue de nostre sueur et travail.

— La plus utile et honorable science et occupation à une mère de famille, c'est la science du mesnage. J'en vois quelqu'une avare; de mesnagère fort peu.

— O combien je suis tenu à Dieu de ce qu'il lui a pieu que j'aye receu immédiate" ment de sa grâce tout ce que j'ay : qu'il a retenu particulièrement à soy tonte ma debte ! Combien je supplie instamment sa saincte miséricorde que jamais je ne doive un essentiel grammercy à personne ! Bienheureuse franchise : qui m'a conduit si loin g. Qu'elle achève.

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