‹ L'esprit de MontesquieuChapitre 1 sur 51 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Sans prétendre, par une fâcheuse illusion, justifier le xixc siècle des fautes que lui firent commettre l'amour païen de la gloire, le scepticisme et la notion pervertie de la liberté, il sst permis cependant de croire qu'il est, au sens Loral, la victime de son aîné, le xvme siècle, ît que ses écrivains sont moins coupables que l'illustres criminels, leurs précurseurs dans les lettres. En réalité, ce sont eux qui nous ont conçus et comme abandonnés, avec préméditation, à tous les hasards de l'erreur. Il n'est pas nécessaire, pour me comprendre et approuver mon sentiment, de s'abaisser, dans la foule des philosophes et des encyclopédistes, jusqu'à Diderot ou Helvétius. Deux personnages semblent, plus que tous les autres, avoir élevé, au

trois. poètes qui ont le plus brillé dans l'art dramatique en France. Les travaux de notre Ministère suprême Nous empêchent encore de goûter le plaisir de cette lecture; mais nous ne voulons point tarder à vous adresser, avec les marques de Notre gratitude pour le don que vous Nous avez offert, les éloges que mérite, à si juste titre, un dessein aussi élevé que le vôtre, ainsi que le zèle infatigable que vous avez mis à composer une œuvre si importante. En vous envoyant Nos félicitations, Nous vous engageons à persévérer vaillamment dans une si noble entreprise. Nous vous la recommandons et Nous vous y exhortons avec des instances d'autant plus vives que Nous sommes affligés de voir un trop grand nombre d'hommes tellement abusés par une fausse apparence du Beau, que, cherchant uniquement dans leurs discours et dans leurs écrits ce qui plaît davantage, ils détournent à la fois, par leur influence funeste, et les esprits de la vérité, et les cœurs de l'amour du bien. Nous formons des vœux pour que vos travaux portent des fruits nombreux pour l'avancement des jeunes gens, dont la formation est l'objet de vos soins ; et, appelant sur vous l'abondance des faveurs divines, Nous vous accordons de grand cœur, à vous et à tous ceux qui vous sont chers, la Bénédiction apostolique, gage de Notre affection paternelle.

Donné à Rome, près Saint- Pierre, le 23 mai 1883, de Notre Pontificat le sixième.

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