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heureux.^a liberté , quelle libe on seul
principe, son seul Dieu ; et si, dans son indifférence générale pour la religion et les religions, mal quelques réserves intéresséesdanslesensdu catholicisme, il a une préférence marquée, c'est pour la religion mahométane qui séquestre la femrn fait de sa vertu un nom, en ne lui laissant pas le choix d'y manquer ou d'en remplir les devoirs. Ce légiste puritain ne croit pas à la vertu des femmes ; c'est pourquoi il les met au sérail. Le Coran a cela de bon qu'il fait naître la pudeur sous les verrous, supprime fatalement l'adultère, et par la polygamie perpétue sans fin l'espèce humaine.
Par contre, si le Président a une aversion bien
sociales cette lumière, éclatante comme le soleil, et composée comme elle de mille nuances diverses, sans laquelle on ne saurait les juger sainement. »
Nous regrettons que M. le comte de Paris se trouve, à ce sujet, en opposition avec le pape Pie IX, qui s'exprime ainsi, dans !a fameuse encyclique Quanta cura, donnée en 1856 :
« Il ne manque pas d'hommes, qui n'hésitent pas à favoriser cette opinion erronée, on ne peut plus fatale à l'Eglise catholique et au salut des âmes... que les citoyens ont droit à la pleine liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions, quelles qu'elles soient, par la parole, par l'impression ou autrement, sans que l'autorité ecclésiastique ou civile puisse la limiter. Or, en soutenant ces affirmations téméraires, ils ne pensent pas, ils ne considèrent pas qu'ils prêchent une liberté de perdition. »
accusée, malgré les faux semblants d'une prudence hypocrite, c'est pour sa propre religion, le christianisme. La propagation de l'homme, c'est admirable ; et les anciens de Rome ou d'Athènes ont fait là-dessus des lois efficaces que le christianisme a effacées; mais la propagation de la foi, c'est-à-dire de la vérité, d'un bout du monde à l'autre, voilà qui est révolutionnaire au premier chef; et les empereurs du Japon n'ont puni dans les missionnaires et leurs néophytes que des étrangers perfides ou des citoyens factieux.
On voit, d'un coup d'œil, dans le passé et dans l'avenir, les conséquences d'un pareil principe. Jésus-Christ n'est qu'un coupable, ou, du moins, il devait réduire la vérité à habiter certains climats et à vivre sous certains régimes politiques.
Ce n'est pas tout. Les apôtres et leurs successeurs, les évoques, ont ruiné l'autorité du père de famille et risqué, ne nous lassons pas de le répéter, d'éteindre la race d'Adam, par un certain mépris de la beauté d'Eve, son épouse. Le mal, c'est la continence des prêtres, des vierges, des moines, le moiiachisme en un mot; c'est là le chancre! Il faut donc, pour que la liberté et le bonheur régnent sur la terre, remettre les choses en leur place, faire remonter la nature sur son trône,
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annuler le clergé ou Le persécuter par des lois réprimantes, à la façon de Julien L'Apostat,
effusion de sang, réduire la femme à la condition d'un objet nécessaire à La multiplication du genre humain, ou la donner en proie à la débauche des citoyens, tous rois et voués à la politique ; en un mot, la liberté ne s'élèvera que sur les ruines delà liberté.
A cette tâche le gouvernement parlementaire suffira, qui substitue, aux lois d'un Dieu dont on a conservé le nom par indulgence, les lois compliquées de ce régime nouveau et déjà usé, fragile comme la toile tissée par l'araignée, et que le. premier coup de vent emporte sans la moindre difficulté. C'est pourtant une bien belle chose, et l'araignée reprend son fil dans un autre coin. Y a-t-ii rien de mieux? Pendant qu'on parle au parlement, chacun est libre, entendons-nous, de satisfaire ses humeurs, ses fantaisies, ses mauvaises passions; chacun est libre, moins le roi, la femme et l'Eglise. Le principe, c'est l'homme; l'homme, c'est Dieu ; le moyen, c'est la liberté, la liberté du mal, l'oppression du bien; la fin, c'est le bonheur matériel de la créature fixée sur la terre à perpétuité. Le tout de l'homme, c'est le commerce, l'industrie; « ce n'est plus la piété, »
mais la volupté. Le malheur est au bout, par l'abus forcé de la liberté elle-même. Montesquieu l'avoue.
Qu'est-ce que certains chapitres que j'ai loués sur les commencements de notre monarchie, sur Rome, Athènes, Alexandre, Charlemagne, les temps barbares, saint Louis, auprès de ces horribles principes qui remplacent les principes divins, et dont le poison est semé, d'intervalle en intervalle, avec des ménagements extérieurs envers la religion, par une main adroite et perfide? Ce dix-huitième siècle est bien le plus funeste et le plus faux de tous les siècles, en vérité , et j'espère que Dieu aura pitié de nous qui sommes ses victimes.
Du reste, l'hypocrisie du style valait alors l'hypocrisie du fond. Voltaire, malgré tout son esprit, est d'une monotonie désespérante. On le lit peu, môme ceux qui l'admirent. L'élégance de la forme, le pétillement d'une plaisanterie perpétuelle et toujours la môme ne font que recouvrir une haine de Jésus-Christ odieuse et répugnante. C'est de la haine dorée ; mais c'est de la haine.
Rousseau, qui prétend donner la note du cœur et ramener l'homme aux simples affections de la
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nature, est, en réalité, aussi sec que Voltaire, la sécheresse même. A chaque instant, il déclajne, il détonne; il est dans le faux, par l'exagération d'un sentiment qu'il ne sent pas et dont il veut avoir la gloire, par orgueil. Cet homme de la nature est le moins naturel des hommes ; il désire entraîner; il y réussit d'abord; à la longue il repousse. C'est un maniaque enragé contre la société, contre toute supériorité, contre Dieu. Et ni la probité affectée de son langage, ni le brillant de ses couleurs ne peuvent cacher longtemps sa cynique impudence et l'égoïsme de sa misanthropie.
Bulïbn lui-même recule si loin de nous c le trône intérieur de Dieu», dans des régions abstraites et inaccessibles, que la nature, à une distance infinie d'un ciel qui ne s'en occupe guère, a perdu dans les tableaux de l'écrivain sa divine splendeur et l'éclat des inspirations de la foi. Elle pâlit, colorée seulement par le génie d'un homme séparé de Dieu. Cet homme, ce natura liste, peintre fidèle, délicat, riche, imagé, parfois sublime, mais drapé, compassé, inanimé, malgré toute son imagination, reste sec dans l'ensemble, comme Voltaire et Rousseau. Infatués de leur personne, ils sont dépourvus, tous les trois, de
cette faculté maîtresse, le désintéressement littéraire, qui nous attache sans partage à la vérité, et dans la contemplation de cette vérité nous fait trouver le complément indispensable du talent, comme la nourriture naturelle de l'intelligence, et cette vie qui immortalise la pensée dans la parole. Nourris d'eux-mêmes, ces esprits orgueilleux que nous peignons, n'ont guère laissé à la société que le portrait brillant de leur orgueil et le venin de leurs doctrines.
Montesquieu n'est pas moins sec que ses trois émules du dix-huitième siècle. Il a séparé les lettres, comme la politique, de Jésus-Christ, on pourrait dire de Dieu, et Dieu l'a abandonné à la vanité de son sens littéraire. Il orne de gravité la petitesse de ses conceptions, prend le ton d'un oracle pour dire des riens, parle brièvement comme s'il pensait beaucoup, et, plus d'une fois, renferme le vide de son esprit dans certaines phrases pleines d'une obscurité sublime, comme le vent s'enferme dans une outre gonflée. Il faut se défier de ses courts chapitres, de ses courtes sentences, de son ton énigma tique, du relief, de la finesse et de la fausse profondeur de ses antithèses répandues à profusion.
11 y a en lui du La Bruyère. Il a voulu plaire
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en un sujet très grave, et semer « rémentfl
de l'esprit sur une matière aride. • II y a même mêlé L'amour et le scandai'' d dos détails
prétendus historiques, en to.it oluptue
C'est un législateur piquant ( 1 1, précieux, et plus d'une fois cynique sans nécessité, avec i négligé en bien des endroits, dur, impropre, et
soucieux, le moins possible, des lois de l'harmonie, incisif mais coupé, haletant, fatigant, à force de vouloir épargner toute fatigue à ses lecteur-. Buffon prétendait que c'était un vice de l'esprit
(1) Voici une preuve nouvelle du désir qu'avait Montesquieu de plaire par des moyens souvent peu législatifs. Le livre vingtième commençait d'abord ainsi :
« Vierges du mont Piérie, entendez le nom que je vous donne, inspirez-moi, muses charmantes, muses divines....
» Vous voulez que je parle à la raison; elle est le plus parfait, le plus noble et le plus exquis des sens, etc.... »
Jacob Vernet qui s'était chargé de revoir les épreuves de YEsprit des lois, pensant que ce morceau y serait déplacé, engagea Montesquieu à le supprimer. 11 en reçut la réponse suivante :
«r A l'égard de l'invocation aux muses, elle a contre elle que c'est une chose singulière, dans cet ouvrage, et qu'on n'a point encore faite ; mais quand une chose singulière est bonne en ellemême, il ne faut pas la rejeter pour la singularité qui devient ellemême une occasion de succès. »
Montesquieu cependant changea de résolution.
L'édition originale de VEsprit des lois portait, à côté du titre général, cette épigraphe : Docuit quœ maximus Atlas.
de Montesquieu, prompt à concevoir et incapable d'arrêter le flot mobile de ses conceptions, ni de les approfondir. Je croirais plutôt que le Président, avide surtout de réussir, voulait réveiller sans cesse l'attention d'un public spirituel et volage. Sévère légiste, aimable en même temps, on le lut par miracle, ou l'on s'imagina l'avoir lu; et les femmes du monde, qui plaçaient son livre sur leur table de toilette, avec la Pucelle de Voltaire, pensèrent qu'elles l'avaient compris.
Du reste, dans ses bons endroits, Montesquieu est au moins vif, intéressant, ingénieux, savant; il est plus d'une fois sobre, précis (1), profond, sublime. C'est le plus grand des arts que de faire dire aux mots tout ce qu'ils peuvent dire ; de faire penser des heures entières sur une ligne d'écriture, et d'opposer, en quelque sorte, deux mondes dans une antithèse naturelle, bornée à quelques paroles, à quelques pages au plus. Appliquons à Montesquieu, pour certains passages seulement,
(1) On a exagéré le mérite du dialogue de Sylla et d'Eucrate. Sylla qui pour être soûl libre, dans son orgueil, a réduit Rome en servitude, et qui, par le même orgueil, rentre dans la foule, sous prétexte de restituer aux Romains leur liberté, n'est pas loin d'être un homme vertueux et sublime. On le sent. Ce dialogue renferme une leçon d'orgueil.
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ce qu'il a dit de Tacite : « Il abrège tout, parce qu'il voit tout. »
Evidemment l'historien latin était un des modèles du légiste français. Même affectation de
l'esprit, môme amour de l'antithèse, même abus des fins piquantes d'alinéas, même subtilité, même profondeur aussi, même désir de produire de l'effet, même gravité du langage. Mais il n'y a rien de frivole dans l'àme indignée de Tacite, malgré des traces de décadence dans son style. Il aime d'ailleurs la liberté contre les Césars ; et Montesquieu l'aime contre Dieu. Montesquieu établit la liberté du mal, en dépit de toutes nos traditions, dans une société politique nouvelle, où le ciel n'aura rien à voir. Tacite est plein de respect pour la divinité Quant au roi, le Président, politique et modéré, père de tous les libéraux, se garde bien de le guillotiner; il l'escamote...
En revanche, nous sommes tous rois, riches plus ou moins, et nous regorgeons de bonheur matériel et de misère morale. Est-ce que je mentirais? Montesquieu (l)a-t-il supprimé Dieu dans
(1) Il valait un peu mieux que le frère Helvétius, son ami, un des pires sectaires de la franc-maçonnerie, auteur de Y Esprit (1758), ouvrage inspiré en certains endroits par Y Esprit des lois, mais plus franc et plus violent.
une politique sans Dieu? En faisant de l'homme un dieu, a-t-il diminué l'homme? Où sont les hommes?
Aussi, nous l'affirmons dans toute la franchise de notre cœur et de notre foi, jamais nous n'accepterons une autre forme de royauté que celle dont Henri V, de glorieuse mémoire, a renouvelé l'idée et les principes chrétiens. Il ne manque à la nation française, toujours jeune et vivace, que de savoir obéir pour retrouver sa liberté. Tant que le roi y obéira à un parlement ou à un plébiscite, tant que Dieu y obéira aux passions des hommes, la France, qu'on me passe le mot, la tête dans la fange, la France qui n'a d'équilibre que dans le catholicisme de la royauté traditionnelle et de ses institutions, verra se renverser une aune et s'effondrer toutes ses gloires et toutes ses espérances; la liberté du mal l'enfoncera de plus en plus dans la servitude. Je dis la liberté du mal. A part égale, le bien succombe. Mais que dire d'un Etat fondé sur le déchaînement des mauvaises passions, sur la morale politique, et sur la politique sans religion?
Que dire encore d'un roi, chrétien, je le suppose, dans sa vie privée, neutre dans sa vie
politique entre Les . adorateur de
Jésus-Christ à son foyer, idolâtre en j > 1 1 1 ^ I î « et victime de La liberté, païen et chrétien à la
fois? Ce ne serait pas même le monstre incompréhensible et contradictoire de Pascal, tel qu'il
est dépoint par le jansénisme. L'homme de Pensées vaut mieux que cet automate légal et parlementaire.
Je comprendrais davantage un roi impie en nos temps malheureux, et dont la loi, refaite sur un modèle chrétien, réprimât la tyrannie.
Il faut donc, et c'est là qu'est la réforme, remettre la France sur ses pieds, le cœur haut et le front tourné vers le ciel. Il faut, de nouveau, christianiser la loi, rendre le peuple au roi, le roi à Dieu et à la loi. Il faut, en un mot, faire tout le contraire de ce que voulait Montesquieu, dont le système aboutit à la servitude de la loi religieuse^ sous l'empire de la loi civile et du Parlement. Cette loi civile, il faut la restituer à son principe divin, et mettre la politique à genoux devant la religion, en laissant l'Etat libre dans les questions qui ne regardent pas l'Eglise. Il faut unir l'Eglise et l'Etat, l'homme et Dieu, la patrie du ciel et la patrie de la terre. C'est l'ordre, c'est la beauté, c'est l'harmonie, c'est la prospérité, c'est le
bonheur. C'est comme un essai de l'autre vie.
Vous exilez Dieu de la politique, dirai-je aux libéraux de tout ordre; vous faussez la liberté indépendante de Dieu, si l'on vous en croit, et indifférente entre le bien et le mal. Vous allez plus loin. Votre liberté adore le mal et persécute le bien. Vous n'êtes pas même ces manichéens, qui adoraient le bon et le mauvais principe ; vous êtes directement ou non les esclaves de l'invisible Président des Sociétés secrètes
Si vous n'êtes des dupes, vous êtes des hypocrites. Vous faites du roi, quand vous le tolérez, moins qu'un enfant, une idole muette, un être inintelligent, affranchi du ciel, esclave de ses conseillers, de la majorité du nombre et d'un parlement brouillon voté par le peuple-roi. Et de ce peuple-roi vous faites un peuple d'imbéciles et de misérables. C'est vous qui régnez; et comment?
Pour nous, catholiques, soumis au Pape, nous voulons un monarque soumis à l'Eglise, serviteur, en plein jour, de la foi et de la loi, maître de ses ministres, roi de son peuple et de son parlement, investi d'une sorte de sacerdoce royal, pour unir le corps et l'âme, l'Etat et l'Eglise, l'Etat qui se meurt, faute de sentir circuler dans ses veines
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ang et la vie spirituelle de Jésus-Christ. lie salut est-là. . .
Ce qui.' nous voulons, ce que nous attend ont, ce que nous espérons, c'est un nouvel avènemeit de la monarchie chrétienne conforme aux prog réels de la société moderne, mais digne de Charlemagne et de saint Louis.
Montons plus bàut : Sauf l'infaillibilité, h* chef de l'Etat, quoi qu'il soit, sera, à l'image d au-dessus du Parlement, comme Léon XIII I au-dessus du Concile; il recevra des conseil I donnera des ordres; ou bien nous rouleront d'abîme en abîme; nous descendrons, au m<> de parlement en parlement, dans une impuissance éternelle.