‹ L'esprit de partiChapitre 6 sur 53 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

NELTON, NIVELLE.

• NELTON.

L'hydre va succomber sous celte arme d'airain.

KIVELLE.

Mais c'est qu'à l'œuvre aussi vous avez mis la main.

( Nelton n'ayant pas l'air de s'en défendre , Nivelle se hâte

de continuer. ) Franchement, croyez-vous que ce nouvel ouvrage Des Ministériels excite un peu la rage?

KELTON.

Parbleu , si je le crois!

ISIVELLE.

Ils voudront se venger.

WKLTON.

Et se vengeront.

KivELLK , effrayé.

Oh ! . . • je m'olire de gager Qu'ils le voudront euvain.

NELTON.

Qui vous rond si tranquille?

NIVELLE

L'anonyme contr'eux d'abord ine sert d'asyle.

NELTON , lui frappant sur l'épaule.

On vous découvrira»

NIVtLLE.

Bon , qui diable pourra Deviner. . .

NELTON.

Je vous dis qu'on vous découvrira.

NIVF.LLE.

Qui me rechercherait aurait mauvaise grâce^ Je ne cite aucun nom.

Il est vrai^ mais en place Vous faites des portraits. . ,

KIVELI.E.

Vous les trouvez ?.

NELfON.

Ils sautent aux yei»c.

Frappans ,

flflVELLE.

Oui ! ( a part. ) ma foi, je me repen,s De n'avoir pas un peu déguisé mes figures. ( Haut. ) Mais enfin des portraits ne sont pas de| ij^jurjC:?.

NELTON.

C'est cent fois pis , morbleu. Songez qu'en cet écrit , Prodige de raison, d'éloquence et d'esprit, D'un ministre puissant vous faites la satyre.

NIVELLE

D'un ministre. . . oui, je sais ce que vou^;, y^^^ ^jj.^ .

Il est vrai que pour lui je suis un peu brutal.

Je ne le connais pas , et si j'en dis du ^Yial

C'est vous qui m'avez fait peps^^. ce que j'en .pense.

Et qui m'avez fourni les traits que je lui lance.

ïl faut en convenir, chaque trait porto coup ,

Vous le connaissez donc, ce ministre 7

NEMON.

Beaucoup.

C'est un homme entêté, violent, intraitable. Et d'une humeur à faire une esclandre du diable ,

Qui vous attaquera, poursuivra, vexera, Et poussera la chose aussi loin qu'il pourra.

MVELLE.

Me voilà sur les bras une jolie affaire ! Vous deviez m'avertir d'avance.

KELTON.

Pourquoi faire ?

De vos pcrse'cuteurs craignez-vous le courroux? Ce sont les vrais appuis d'un homme tel que vous. De puissans eiHiemis ,ardensà vous poursuivre, Mieux que tous les prôneurs, prôneront votre hvre. Que d'auteurs dont les noms jusqu'à nous parvenus 8ans d'utiles chagrins nous seraient inconnus! D'un écrivain heureux la triste renommée N'a qu'un éclat sans fofce et se perd en fumée. Je voudrais qu'accusé de noire ti ahison , Dès aujourdhui, mon cher, on \ous mit en prison; Demain vous jouiriez des honneurs du n)ariyre, Chacun vous citerait , chacun voudrait vous lire, El si l'on en venait à vous pendre, ah ! morbleu, Quel rôle vous jouriez dans l'histoire avant peu !

MVCLLE.

A v.'*m peu , dites- vous ! ( à part ) voyez la belle gloire l

( A lYelton. ) Je ne me sens pas fait pour vivre dans l'histoire.

»ELTON

Vous y vivrez, mon cher , oui , oui , vous y vivrez : Votre nom brillera parmi ces noms sacrés Qui sur le dos d'un livre écrits en traits sinistres D horreur après cent ans font pàJir les ministres.

Nivelle , tremblant.

Cet avenir est beau, mais soyons plus prudens. Vous avez, mon ami , des papiers imporianis, Qui, s'ils étaient saisis, nous perdraient l'un et l'autre. Or, pour ma sûreté non moins que pour la vôtre. Ne pourrions-nous. . . brûler. . . ?

Les brûler, comiriCnt donc!

Morbleu 1

NiVELLK, à part.

Quel diable d'homme !

NELTON.

Avez- vous peur?

NIVELLE

Oli ! non !

Mais je tremble qu'enfin ce ministre inile'xible,

Que j'ai si mal traite', ne fasse un bruit lerriblt:.

NELTON.

Tant mieux.

NIVEILE.

C'est qu^àlui seul adressant tous nos coups, Ce ministre. . .

NELTON.

Eli ! de quoi vous inquiétez-vous!

Ce ministre . . .

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