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les unes, resserré les autres et changé les locutions vieillies. Il y a des longueurs, je les ai abrégées; des figures bizarres, je les ai fait disparaître. Il y a des chapitres qui ne regardent que le sacerdoce, la vie pastorale ou la vie religieuse; je les ai retranchés. Enfln, toutes les matières y sont confondues dans un pêle-méle où l'on cherche en vain une coordination quelconque; j'ai réuni tous les articles que j ai vus liés entre eux par la nature du sujet, par l'analogie ou la connexité des idées, sous des titres généraux et dans Tordre qui m'a paru le plus rationnel.
Par ces modifications, je suis arrivé à deux résultats dignes d'appréciation : j'ai pu renfermer VEsprit de Saint François de Sales dans un petit volume, d'un prix modique et accessible aux plus faibles moyens d'acquisition; cet ouvrage, ainsi distribué, présente, non sans doute un traité proprement dit de spiritualité pratique, mais une suite de réflexions ayant
entre elles des rapports marqués et logiques, sur le même objet. Il est peut-être bon de rappeler que V Esprit de Saint François de Sales n'est qu'un recueil rédigé par Pierre Camus, évêque de Belley, et ami du saint Prélat, des conversations que les deux évêques avaient ensemble sur des matières spirituelles, lorsque Tamitié les réunissait chez Fun d'entre eux.
Si on se plaignait de ces changements, si on m'accusait d'avoir dénaturé V Esprit de Saint François de Sales, en touchant au style; si on regrettait de voir habillées à la moderne des pensées auxquelles leur costume ancien , si j'ose m'exprimer ainsi, semblait donner un nouveau prix, je serais presque tenté de convenir que ces reproches sont mérités, et pour peu qu'on me pressât, je passerais volontiers condamnation. Je dirai cependant, pour me justifier, que tout ce que l'évêque de Belley a cité comme la parole textuelle de notre Saint Evêque, je l'ai rapporté littéralement; que les
changements n ont eu lieu que dans la rédaction de Camus, bien respectable sans doute, mais à laquelle, selon moi, on pouvait toucher, sans être coupable d'un attentat irrémissible; que mon excuse se trouve dans le but que je me suis proposé et dans les résultats obtenus ; enfin que, sentant toute la valeur des objections, j'ai placé à la tête des chapitres une double indication faisant connaître les articles qui correspondent à ces chapitres, dans Camus et dans Collot, afin que les amateurs du style de lepoque pussent recourir à ces deux écrivains , quand ils le désireraient.
J ai aussi voulu, par cette dernière précaution, mettre ma fidélité et mon orthodoxie à Tabri de tout soupçon. En effet, à l'aide de cette indication et sans recherche ennuyeuse, il sera facile de comparer la nouvelle publication avec les deux ouvrages ci-dessus dont elle a été tirée, et de rectifier les lapsus involontaires qui pourraient m'être échappés.
Puissent de nouveaux Tobies, à la suite d'un guide si sûr, arriver sains et saufs au terme de leur voyage, je veux dire à la perfection de l'Evangile! Puissent les émanations saintes du pur amour de Dieu, qui s'exhalent de toutes les pages de Y Esprit de Saint François de Sales ^ pénétrer les âmes et leur adoucir les amertumes de la vertu !
DE
A l'usage