‹ L'esprit démocratiqueChapitre 15 sur 15 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LA LIBRE ROUTE

libres. Un passé de déceptions et de défaites ne pèse pas sur leurs épaules. Ils parlent la langue que comprend le peuple de France; les sectaires eux-mêmes souvent reconnaissent qu'ils sont loyaux et généreux. Rome sourit à leur ardeur, à leurs chaudes espérances...

Ils n'ont pas de mérite à croire en l'avenir, puisque déjà l'avenir vit en eux; mais qu'ils seraient coupables s'ils s'arrêtaient, au milieu du chemin, lassés et vieillis, préférant les douceurs d'un lâche repos aux âpres voluptés du combat I

Donc la route s'ouvre libre devant nous. Nous rentrerons en France avec tant de clarté dans l'esprit et de certitude au cœur que nulle parole ne saura nous apporter ni trouble ni inquiétude. Savoir exactement où l'on va et par quelle route, c'est être déjà sûr d'atteindre le but, s'il est une force divine jamais refusée et si « nous pouvons tout en Celui qui nous fortifie ».

D'un geste sûr et doux, le pape lui-même a écarté les entraves dont plusieurs avaient conçu le dessein d'encombrer notre départ. Nous connaissons le but. Nous savons quel chemin y

LA LIBRE ROUTE

mène. Le vaste champ de bataille de la démocratie que nous voulons fonder enfin dans la justice et dans l'amour, en la conquérant au Christ, s'offre tout entier à notre jeune ardeur. . . En vérité, que pourrions-nous demander davantage? Ni les épreuves ne nous rebuteront, ni les responsabilités ne nous pèseront.

A. l'œuvre donc! Depuis bien des années déjà les catholiques de France travaillent et souffrent et rachètent par leurs vertus et leurs immolations les fautes ou les erreurs d'autrefois. N'estil pas dans le plan divin que l'on récolte là où d'autres ont semé? Et pourquoi, malgré notre faiblesse et notre infirmité, l'effort de notre génération ne serait-il pas cet effort libérateur qui doit mener jusqu'au Christ la démocratie française ?

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