‹ L'esprit des betes (volume 3)Chapitre 5 sur 19 · IT. Â · texte numérisé non relu

IT. Â

patauge dans la fange ; tout ce qu'il y a de plus épais, de plus informe, de plus goulu, de moins aérien parmi les habitants de l'air, est pour la formule de Lhomond !

Ainsi tout moule inférieur déshérité du mobile d'amour est voué fatalement aux voluptés immondes et jeté en pâture à la Goinfrerie et à la Fainéantise , mères de l'obésité qui conduit à la broche !

Ainsi Dieu, en frappant cette vile plèbe de l'interdit d'amour, l’a du même coup condamnée au supplice du feu éternel !

Triste fin, expiation terrible qui me fait trembler pour l’avenir d’untas d’amoureux fous de la muse latine, mais dont les malheureux ne s'inquiètent pas assez. Combien j'en sais, hélas ! rien qu'au Journal des Débats et à l'École normale, pour qui le sort du dinde, de l’oie et du canard n’eut jamais d'enseignement!

Ceci est le résumé du livre qui précède, résumé bref mais plein, renfermant tout un monde de vérités nouvelles, avec la solution du problème social et l’avant-dernier mot de la sagesse humaine. {1 n’y a peut-être que l’analogie passionnelle pour faire tenir à l'aise tant de choses en si peu de mots.

On y trouverait plus facilement encore, en le désirant bien, toute la substance et toute la moralité de la première partie de cette œuvre.

Car il a été loyalement déclaré par l’auteur, dès le début d'icelle, et sous forme d’avis au lecteur, que l’histoire des oiseaux de France n’était que le prétexte et le but apparent de l'ouvrage et que son but réel et secret était de se servir du témoignage oral des verbes ailés de Dieu, pour arriver à la démonstration géométrique des deux propositions audacieuses ci-après :

« Le règne de l’homme, règne de la force brutale, règne de la contrainte, de limposture et des vieux, coïncide fatalement avec la période la plus douloureuse de la vie de l'humanité.

» Le règne de la femme, règne du droit, règne de la liberté, de l'amour et des jeunes, correspond à la phase d’apogée ou de plem développement. »

Or, l'anathème qu'on vient d'ouir, or cette malédiction suprême que la nature exaspérée fulmine contre les contempteurs d'amour, n’est rien de plus, n’est rien de moins que la démonstration géométrique, péremptoire , triomphante de la première des deux propositions ci-dessus.

C'est-à-dire que j'ai déjà démontré d’une facon irréfutable par l'étude des trois ordres des Nageurs, des Barbotteurs et des Coureurs que la supériorité du müle est caractéristique des races inférieures dans la volatilité. Et je crois qu'il est absolument impossible d'arriver à cette conclusion chez l'oiseau, sans la faire jaillir en même temps du principe ridicule de la toute-puissance de la barbe chez l'homme.

Attendu que la bête comme la fleur n’est qu'une fraction passionnelle de l’homme , fraction exactement moulée sur le modèle de son unité typique et se conjuguant et se gouvernant exclusivement sur elle et reflétant fidèlement toutes ses évolutions.

Ou bien si vous voulez encore, attendu que chaque créature inférieure est un essai de la créature supérieure et que l'oiseau annonce l’homme, comme l'homme annonce la femme, comme la femme annonce l'ange.

C'est-à-dire que la première moitié du monde des oiseaux que nous venons de parcourir est l'image fidèle du monde des bumains, du monde où nous vivons, du monde des sauvages, des civilisés, des barbares. Et que le moment même de l'histoire de la volatilité où nous sommes est celui qui correspond à la phase critique de l'humanité que nous traversons à cette heure. heure unique marquée dans les âges pour la fin du chaos et l'ère de la transfiguration sociale; heure solennelle , où les tourbillons font silence dans l'attente des graves événements qui se préparent, où les voiles des temples se déchirent du haut jusqu'en bas et où les guéridons parlent... Je n'ai pas besoin de dire quel intérêt d'actualité immense ajoute à ce récit la coïnceidence curieuse que je viens de révéler.

Je demande seulement à ne pas être forcé de reprendre mon cours complet d'histoire universelle pour démontrer catégoriquement, pièces en main, que les espèces impures dont j'ai

décrit précédemment les mœurs, que ces Patauds, ces Goinfres, ces Éperonnés, ces Butors sont notre portrait, trait pour trait.

On ne démontre pas la ressemblance de deux images, on les met l’une contre l’autre et l’on dit : Regardez.

Or, quoi de plus frappant que l'étrange ressemblance de ton, de physionomie, de tempérament et d’allures, qui est entre les héros des deux scènes. Et n'est-il pas visible qu'à travers tous ces moules des phases antérieures, le même souffle de Dieu à passé!

Mèêmes visages, mêmes mœurs, mêmes Institutions politiques. Tout se lie, tout s’enchaine; il y a parenté physionomique , parce qu'il y a affinité caractérielle entre les vivants des mêmes phases et parce que le même signe de réprobation est sur eux.

Et cette similitude de traitset de caractères est si apparente, si parfaite, qu’elle a été entrevue dès l’origine par les poëtes de tous les climats et de toutes les littératures, et qu ’elle a enfanté l'Apologue et la Comparaison.

Et si fort est le nœud de honte qui unit les deux limbes que la sagesse des nations qui s'exprime par le Verbe, n’a pu trouver encore de nom plus convenable pour baptiser le monde des humains d'aujourd'hui que celui de Péieds-plats, le même que l'observation m'a donné pour caractériser au physique le monde des oiseaux voués à l’orgigamie! Car, ce n’est pas moi, notez bien, qui ai attaché à ce terme une signification de mépris; c'est l’analogie passionnelle qui l'a teint de cette couleur et fait entrer de force dans l’argot des civilisés qui s’en servent journellement pour flétrir les serviles. Pied-plat : lache, rampant, flagorneur. « Pied-plat : homme méprisable , » dit Boiste, et il ajoute à l'appui de sa définition, cette phrase non moins remarquable par son incorrection que par sa profondeur : « La sagacité du peuple a remarqué que les gens à petites mes étaient souvent de plats pieds ou bien à larges pieds. » adopte l'opinion de Boiste, mais j'ai besoin de rendre grâce. d'abord à la prévoyance infinie et à la toute-puissance de l’analogie passionnelle qui n’a besoin que de laisser tomber un mot, une seule expression pittoresque pour vous mettre sur Ja voie de solutions inespé-

RÉSUMÉ DU LIVRE QUI PRÉCÉDE. ÿ

rées et de rapprochements impossibles , ainsi que dans l'espèce.

Que ce monde des humains des sociétés limbiques est bien, en

effet, comme l’autre, un monde de Pieds-plats, de Pieds-plats et d Ont +

Un monde de vilenie , d'oppression, de misère , où l'autorité se mesure à la force corporelle, où le pied de douze pouces s'appelle un pied de roi !

Un monde d'impudicité et de luxure, où par l'interversion odieuse de toutes les lois divines et humaines, la Beauté que Dieu avait faite pour régner, est esclave. Où le sexe le plus rose et le plus délicat est condamné aux travaux les plus rudes, aux métiers les plus répugnants.. Où le plus précieux de tous les droits naturels, le droit d'amour et de paternité, est privilége du riche... Où le vieux Salomon possède impudemment un harem de mille vierges, pendant que mille jouvenceaux de la contrée jeunent d'amour.

Un monde de fourberie, de goinfrerie, d’avarice, où la soif de l'or pousse la mère à trafiquer de sa fille et la passion de l'alcool le fils à’ vendre son père; où le métier qu'on honore le plus, après celui d’agioteur, est le métier de tueur d'hommes.

Monde maudit, monde stupide , qui porte écrite au front de ses codes imposteurs la formule infecte de Lhomond !

Je défie le plus savant ami des bètes de m’énoncer une seule sottise ou une seule turpitude de son monde, à laquelle je ne riposte pas aussitôt et avec bonheur, par la contre-citation de la même sottise ou de la même turpitude dans l'histoire des civilisés. Le cachet de la perversion sera plus marqué chez le civilisé que chez la bête, ce sera toute la différence; car la bête ne fait pas le mal sciemment quand elle obéit aux impulsions de son instinct ; elle n'a pas sa conscience comme l’homme pour lui dire qu'il n’est pas bien d’occir ou de voler son prochain. Il est très-facile au surplus d'essayer la comparaison :

Se raser , se dissimuler, s’aplatir à tout bout de champ, est l’universelle tactique de l'immense majorité des espèces volatiles qui composent les trois ordres dont l’histoire précède. Ainsi fout,

sous la menace de l'oiseau de proie, l’autruche, la caille, l'oie, le faisan, le cygne lui-même, le plus gros comme le plus petit, le mieux armé comme le plus faible dans ces races inertes.

Ainsi font les humains des sociétés maudites, dont l’histoire toute entière, depuis la chute jusqu’à nos jours, pourrait s’intituler l’histoire de l’aplatissement cont'uu, tant l'habitude de s’aplatir est fréquente chez l'espèce. Ei cette honteuse déviation de l’attitude verticale chez l'homme est produite aussi par la peur, une peur universelle , stupéfiante, écrasante, peur de Dieu, peur du diable ; peur du bien, peur du mal; peur de l’eau, peur du feu; peur de la lumière, peur de l'ombre; peur de jouir, peur d'aimer. Les papas et les mamans des petits civilisés leur enseignent à trembler dès l’âge le plus tendre, et il y à en civilisation une littérature et des bibliothèques spéciales pour aider à ces enseienements. On ne sait pas assez, hélas! que les trois quarts des maladies qui assiégent notre âge mür et qui abrégent de trente ans notre existence à tous, sont les fruits des peurs atroces qu’on nous à faites quand nous étions très-jeunes , et que la crainte du diable est le commencement de notre dégradatioh composée, de nos infirmités, de nos génuflexions, de nos turpitudes omnimodes. Guérir l’homme de la peur, voilà la première cure à pratiquer sur l’homme pour lui rendre la santé de l'âme qui entrainera celle du corps; car, la peur est la cataracte qui couvre son entendement et l'empêche de voir Dieu. Je demande qu'on brüle tous les livres qui font peur aux enfants et qu'il soit défendu sous des peines très-sévères de se servir du Diable, de l'Ogre ou de Croquemitaine pour préparer les peuples à courber leur tête sous le joug et en faire ensuite des troupeaux. Nous savons parfaitement par le triste témoignage de l’histoire ce que des imposteurs habiles peuvent faire avec des générations abruties par la peur, mais nous n'avons pas l’idée de ce qu'il y aurait à obtenir pour le bien de l'humanité, d’une génération d'hommes libres, élevés dans le pur amour de Dieu et complétement étrangers à la crainte.

Je ne suis pas bien sûr, mais je parierais presque que la fable du coup de pied de l'âne a été prise dans l'histoire des hommes,

tant elle à l'air d’un fait quotidien de leur vie politique. Quand le lion d’Austerlitz eut recu sa blessure mortelle aux champs de Waterloo, son Sénat, qu'il avait gorgé d’une large part de ses proies et qui lui avait livré en retour et sans marchander aucunement tout le sang, toutes les libertés ef tout l'or de la France, son Sénat fut le premier à lui jeter la pierre, quand il le vit à bas. Et ces messieurs qui se déguisaient naguère en ouvriers, pour essayer d’escamoter les suffrages du peuple et qui depuis. mais alors... C'est-à-dire que je ne connais pas au beau pays de France un seul homme de quelque valeur qui n'ait recu dix fois son coup de pied de l'âne. ,

Quoi de plus facile encore à pes aux jugements humains que la morale des Animaux malades de la peste!

On accuse le dindon de fuir lächement devant le coq et de retrouver toute son énergie pour assassiner dans un coin quelque volaille malade; mais l’histoire du dindon est celle de Thersite qui s’éclipse pendant la bataille et ne retrouve tout son courage qu'après que le péril est passé. Dans les pays sujets aux discordes civiles on a maintes fois observé que la férocité dans la venseance était généralement proportionnelle à l'intensité de la peur éprouvée pendant le combat.

Il est recu encore chez les pieds-plats « que les femelles n’ont été créées que pour la joie et le divertissement des mâles, et qu'à elles seules incombe la charge du travail... et qu’elles doivent fidélité et obéissance absolue à leurs seigneurs et maitres qui ne leur doivent rien en retour... Et que la nature, pour prouver catégoriquement qu'elle voulait qu’il en füt ainsi, avait armé ceux-ci de moyens tout-puissants de contrainte, afin qu'ils eussent raison de toutes les résistances et que force restàt à la loi, etc.» Telle est du moins l'opinion des masses, des viles multitudes. C’est celle du dindon, déjà nommé entre autres, et aussi celle de loie et du canard musqué, pour citer des noms propres, et le Journal des Débats peut s'appuyer contre moi de ces autorités.

Mais je demande de quel droit d’autres humains que nous s'indigneraient d'entendre professer par des bêtes ces doctrines

honteuses, quand ces doctrines honteuses se retrouvent au fond de toutes les législations et de toutes les religions des hommes dont elles sont la substance même ; quand on lit dans un livre saint que c'est la femme qui a provoqué la chute, en induisant l’homme à goûter au fruit de l'arbre de science... Comme si ce n'éfait pas, au contraire, le premier et le plus beau des titres de la femme à la reconnaissance de l’homme que de l'avoir forcé de sortir de son ignorance ! Je voudrais savoir chanter, pour parodier d'une façon joyeuse la célèbre chanson de Béranger : Dindon, Canard, Juif, Grec, Chinois, Romain,

Pieds-plats, formez une sainte alliance,

55000 Et donnez-vous la main...

Vous dites qu’il y a parmi ces partisans effrénés de l’absolutisme masculin, un faisan, Je doré, qui est un logicien terrible, poussant volontiers son principe à ses dernières conséquences et n'hésitant jamais à faire sauter le crane à ses épouses pour la moindre velléité d'opposition à ses fougueux caprices. Cela est vrai et j'ai été témoin oculaire du crime ; et même le faisan doré, plus féroce que le juif Hérode, quise bornait à faire massacrer la progéniture d'autrui, sévit contre son propre sang, et semble prendre plaisir à se faire le bourreau de tous les innocents de sa race. Puis, à ceux qui lui reprochent ces actes de barbarie, il répond d'un air leste… quant aux meurtres de poules, ‘qu'il est bon de faire de temps en temps des exemples pour retenir le peuple dans le respect de la loi. quant aux poussins, que les embarras de l'éducation d’une famille nombreuse détournent trop souvent les mères de leurs devoirs d’épouses.

Donc je veux bien mêler ma colère à celle qu'éprouvent toutes les âmes sensibles au récit de ces énormités ; mais, mon indignation ne me rendra pas injuste et ne m'empêchera pas de reconnaître que ce faisan doré est un emblème du Rafliné de cour, et qu'un emblème, quel qu'il soit, ne peut guère puiser ses exemples de conduite ailleurs que dans le monde qu'il a charge de symboliser. Or, quand je vois dans ce monde un Henri VII d'Angleterre qui était un grand prince, plus un maréchal de Retz (Barbe-Bleue), qui était un guerrier illustre, plus une foule

RESUME DU LIVRE QUI PRÉCEDE, y innombrable de sultans glorieux et de fiers gentilshommes qui ne se génent pas pour faire couper le cou à leurs femmes, dès que l'idée leur en vient. Quand je considère d'autre part que ce faisan doré est originaire de la Chine, un pays abominable, où les hommes ont l'habitude de casser les pieds à leurs femmes pour les louer à demeure fixe, et où la pratique de l'infanticide est passée dans les mœurs. je me demande froidement s'il n’est pas très-possible que le spectacle permanent de telles atrocités ait réagi d’une façon désastreuse sur le moral de l'oiseau. Je me demande si, en présence de tels précédents humains, nous sommes bien venus, nous autres hommes, créatures censées raisonnables, à faire le procès à une bête qui sera toujours en droit de nous répondre que, s’il y a crime dans son acte, la coulpe en est à nous, non à elle qui n’a fait qu'imiter l'exemple qu’on lui donnait, qui n’a été entraînée à mal faire que par la dangereuse contagion de la monomanie féminicide. Et, comme le peuple francais lui-même aurait bonne gräce à refuser au faisan doré le bénéfice de cette circonstance atténuante, le peuple chevalier, galant et troubadour, qui a dans son code un article où l’on explique dans quel cas le mari a le droit d’assassiner sa femme !

Une dernière comparaison pour achever la preuve de la similitude composée des deux règnes.

L'orgigamie , avons-nous vu, est la loi générale des relations sexuelles dans les trois ordres d'oiseaux qui forment le personnel de la Planipédie, mais elle n’est que la loi générale. Le mal est en dominance dans ce monde, mais il n’est pas absolu. Et en effet, du sein de l’impudicité triomphante, nous avons entendu s'élever de nobles voix pour protester chaudement contre l'inipure doctrine de la préexcellence du sexe masculin. C'était, si vous en avez souvenance , la cigogne, le pélican, le cygne, le tadorne, le vanneau, la bécassine. Or remarquez que ces espèces exceptionnelles qui protestent en faveur de la liberté d'amour sont précisément celles que la poésie et la mythologie ont immortalisées par leurs chants. L’estime que fait le genre humain de ces tribus d'élite leur est venue de la pureté et de la

délicatesse de leurs mœurs, pour dire qu'il n y à que ceux qui aiment qui méritent d’être aimés.

Hélas ! dans notre monde aussi le mal est en dominance et le bien nefigure qu'à titre d'exception minime ; car l'amour , chassé par les vieux du foyer domestique, a été obligé de se réfugier dans le roman et dans la région des chimères. Mais pourtant la défense des vieux, autrement dit des sages,'a été impuissante à éteindre dans le cœur des mortels l’ardente soif de bonbeur que Dieu y avait allumée. Et comme Dieu est plus fort encore que la superstition et tous les hypocrites, et que sa volonté “expresse est que l’homme soit heureux, il en est résulté que les àmes d'élite, que les plus nobles cœurs, c’est-à-dire les plus pénétrés du véritable esprit de Dieu, ont protesté énergiquement aussi en faveur de la liberté des attractions ou de la souveraineté de la femme, ce qui est la même chose. Et bientôt l'idéal où s'était réfugié l'amour est devenu la patrie de toutes les natures supérieures, et le domaine exclusif de la poésie et de l'art comme chez les oiseaux. -Chez nous aussi, regardez bien, tout ce qui se détache en rose du fond sombre de nos annales noires de misère et de crime, est la teinte de nos aspirations invincibles vers le bonheur d'amour, but suprème de nos destinées.

Il faut bien que j'en reste là de cette esquisse comparative et que je laisse inachevé le parallèle, pour être fidèle à l’engagement que j'ai pris envers mes lecteurs. Mais quel magnifique parti la philosophie de l’histoire a oublié de tirer de ces rapprochements ! ;

Et de quel avantage immense ne serait pas pour un grand peuple l'adoption officielle d'une méthode d'enseignement historique comme celle-ci ,

Qui permet de lire aussi facilement dans les ténèbres du passé que dans les splendeurs éblouissantes de l'avenir.

Qui réalise au profit du jeune àge, de si nombreuses et de si importantes économies de lectures insipides, d'exercices mnémotechniques douloureux, de copies de composition, de pensums.….

Qu abrége de tant d'années l'apprentissage intellectuel du Jeune âge.

Qui convertit en récréations joyeuses les corvées abrutissantes des antiques études.

Qui édicte en quelques traits de plume tous les commandements de Dieu avec la manière de s'en servir pour que tout le monde soit heureux.

Qui amènerait à très-bref délai et par suite des améliorations ci-dessus, la suppression de l’Académie des sciences morales et politiques et aussi celle de l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres et d’une foule d'institutions analogues et de chaires professorales, exclusivement habitées par des vieux, ennemis-nés du progrès.

Et qui même autoriserait une administration paternelle à profiter d'un hiver où le froid serait très-dur et le combustible trèscher, pour distribuer aux ménages indigents, en guise de cotrets, ces énormes in-folio à tranche rouge qui traitent de l’histoire des Mèdes et des Perses, ou bien de la philosophie, de la théologie et de la morale, et qui encombrent si désagréablement les bibliothèques des grandes villes où personne n'y touche, hormis les souris et les rats, lesquels abusent naturellement de la paix qui leur est faite en ces lieux solitaires pour y multiplier dans des proportions scandaleuses.

A quoi bon tant de livres de morale et d'histoire quand il suflit de deux lignes, d’une demande et d’une réponse, pour faire le tableau d'une nation, d’une époque, d'un monde ? Dites-moi ce qu'y était la femme et je vous dirai tout le reste.

n’y à eu depuis six mille ans, dans les deux continents, dans les deux hémisphères, qu'un peuple heureux et libre, un seul, celui de l'Amérique du Nord. L'Amérique du Nord est le seul pays de la terre où la femme soit reine !

C'est là qu'il faut aimer, c'est là qu'il faut mourir.

Donc, nous sommes arrivés dans l’histoire des oiseaux aux extrêmes confins des empires du bien et du mal. À gauche est le monde des pieds plats et de l’orgigamie qui porte pour devise

la formule de Lhomond. A droite le monde des pieds cambrés, des cœurs fidèles, qui marchent sous la bannière du Gerfaut. Làbas, sur le fumier, sur les eaux, dans la vase, sensualité grossière, voix discordantes, incapacité artistique, chez des races vouées à la broche. Ici, sous la feuillée, au bord destoits, au versant des collines, voix mélodieuses, nids d'amour, génie et liberté !

L'ordre du jour de ce récit appelle l’histoire des Sédipèdes ou des oiseaux percheurs, un sujet plein de charme.

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