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CHAPITRE XI

Troisième ordre, Dromipédie (oiseaux coureurs, Gallinacés).

Gloire A, Dieu qui créa la tribu des Coureurs , charme du palais et des yeux, splendeur des loréts et des plaines, délices de la table, nourrice du riche et du pauvre !

Car nulle autre tribu du règne des oiseaux ne contribue comme elle aux jouissances de l'homme. Nulle autre ne lui fournit un aussi riche contingent d'espèces ralliées et soumises. Nulle autre n'a plus accru le chiffre de ses trésors et n"a plus servi à le racheter de son indigence native. L'Homme et la Femme seraient seuls sur la terre avec la tribu des Coureurs , que le monde ne finirait pas.

Les Coureurs sont pour l'homme dans la Volatilie , ce que lui sont les Ruminants dans la Mammiférie. Dieu a créé le même jour, et dans la même pensée, les Coureurs et les Ruminants des steppes, des prés , des bois, des rochers, de l'abime. Et il y a eu l'Autruche comme il y a eu le Chameau; l'Outarde comme l'Antilope; la Poule comme la Yache ; la Perdrix , le Faisan , le Coq de bfuyère comme la Gazelle , le Chevreuil , le Daim , le Cerf. Il y a la Bartavelle et le Lagopède, comme le Mouflon, le Bouquetin et le Chamois. Toutes espèces destinées à embellir et animer la face de la terre : toutes ralliables

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à l'homme et créées pour l'aimer et le servir ; toutes granivores et herbivores , parce que les viandes laites de graines et d'herbes sont de goût plus délicat et de digestion plus facile ; toutes disposées à prendre graisse , parce que la Nature dans un but trop visible, hélas ! et que personne ne saurait méconnaître, a développé fastueusement chez elles les parties qui se mangent au préjudice de celles qui ne se mangent pas.

La Nature a si bien compris la haute utilité de ces espèces pour l'homme , qu'elle n'a voulu en déshériter ni un seul continent ni une seule latitude. Car d'abord elle a fait presque tous les coureurs sédentaires , et quant aux rares espèces voyageuses comme la caille, elle les a forcées de parcourir successivement toutes les contrées du globe et de payer tribut à chacune en passant. C'est ainsi qu'elle a donné à l'Afrique l'Autruche , les Outardes , les Pintades , une foule d'autres ; à l'Amérique le Nandou , le Dindon, les Hoccos, les Marails, etc. ; à l'Australie , les Dromés, les Ménures, les Talégalles, etc.; à l'Asie le Gasoar, le Paon, l'Argus, les Faisans , le Coq, le Népaul, le Lophophore, etc.; à l'Europe enfin, les Tétras, les Francolins, les Perdrix, lesGangas. De plus, pour stimulerles peuples à la conquête des espèces étrangères à leur sol et pousser, en résultat final, au partage fraternel de toutes ces races précieuses entre tous les habitants du globe , la nature a doué la plupart d'icelles d'une facilité de domestication exemplaire et d'une vigueur de complexion sans égale qui leur permet de s'acclimater partout, de suivre partout l'homme. Avant un demi-siècle l'Europe aura vu s'acclimater dans ses principaux Etats les Pénélopes, les IIoccos, les Pauxis et les Colins d'Amérique, et les Gouras, lesNépauls, le Lophophore et l'Eperonnier d'Asie, qui n'ont pas plus de raisons que les Paons et les Faisans pour

no ORMTHULOGIE l'ASSlOANEJJ.K.

refuser de traiter avec riiomme. Entre temps, les Français d'Algérie auront domestiqué l'Autruche * et peutêtre l'Outarde. Et ces résultats que j'annonce n'ont rien de merveilleux , rien «ni sente l'utopie. Déjà les Anglais sont tout près d'avoir réalisé quelques-unes de ces impossibilités , et pendant que nous nous acharnons, nous tous tant que nous sommes, braconniers ou chasseurs, à exterminer les derniers chevreuils , les dernières outardes ou les dernières bartavelles de notre triste patrie, ils sont là au Jardin des Plantes deux ou trois naturalistes courageux, MM. Isidore Geoffroy Saint-IIilaire et Florent Prévost entre autres, qui s'attachent avec une persévérance infatigable à comliler ces vides afl'reux par l'acclimatation de magnifiques espèces en ruminants et en coureurs. A la disparition imminente de nos richesses cynégétiques nationales, cerf, daim, chevreuil, bouquetin, isard, outarde, ils répondent par la naturalisation du grand cerf d'Aristote, du cerf cochon de l'Inde , du cerf de Virginie, de l'Axis du Bengale , du Lama , de la Vigogne des Andes , du Dromé de l'Australie, de la Bernache d'Egypte, etc. Vienne une loi raisonnable sur la chasse qui mette enfin un terme à la boucherie des espèces précieuses et qui concilie dans de sages limites l'exercice de la vénerie avec la conservation du gibier-poil et plume , et alors nous verrons tout à coup nos forêts, nos plaines, nos montagnes , pulluler de moules inconnus conquis par la science sur tous les pays du globe ; et tous les vrais amis des bêtes et tous les gastrosophes, m'imitant, béniront dans leur reconnaissance les noms glorieux des hommes que je viens de citer.

* Les Français ont, en effet, domestiqué raulruclie ilepnis que ces lignes ont été écrites. L'honneur de la conquèle revient ii M. Hardy fils, riiabile et intelli^ent directeur du Jardin îles i'ianles d'Aluei .

DE LA DUUMIPÉDIE. 171

Gloire à Dieu qui créa la tribu des Coureurs !

Les Dromipèdes arrivent immédiatement après les Grallipèdes dans l'ordre de la création. Ils furent les premiers habitants des premières terres assainies, puisqu'ils sont essentiellement herbivores ou granivores , et que l'herbe est la première manifestation de la vitalité de la terre. Leur caractère de primogéniture est d'ailleurs écrit dans les traits de leur physionomie, dans leur forme rudimentaire, dans l'imperfection de leurs ailes, dans le petit nombre de leurs doigts. (L'ordre débute par l'Autruche f/^(:Z«<:;^v//t'). L'autruche est un oiseau-quadrupède, comme le manchot est un oiseau-poisson. Elle ne vole pas faute d'ailes. C'est de tous les moules ailés de la création actuelle le seul qui n'ait que deux doigts aux pieds. Tous les coureurs géants qui n'ont guère plus d'ailes et guère 'plus de doigts que l'autruche appartiennent à cet ordre, et le Dinornis et l'Epiornis aussi qui ne sont plus, et si le monodactyle, l'homologue du cheval, existait, nous pourrions lui assigner en toute confiance sa place en tète du groupe.

Il n'est pas d'ordre plus complet, du reste, plus distinct, plus facile à isoler de tous les autres que celui des dromipèdes ; et je tombe réellement de mon haut quand j'entends Linnaeus et Buffon, et tant d'autres naturalistes de mérite éminent, reprocher à la nature de n'avoir pas assigné à cet ordre une ligne de démarcation assez nette. « Chose étrange, s'écriait Charles Fourier dans son humble langage, que tant de philosophes illustres aient manqué la solution du proljlème des destinées sociales, pour en laisser la gloire à un obscur sergent de boutique ! h Chose non moins étrange, m'écrirai-je à mon tour, que tant d'illustres ornithologistes aient eu les yeux fermés sur l'existence des caractères séparatifs de l'ordre des Coureurs, pour laisser l'honneur de les découvrir et de

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les signaler à un obscur analogiste passionnel , chasseur de son métier ! En effet , là où les maîtres se plaignent de la parcimonie de la nature en caractères différentiels, j'en suis à m'étonner de sa profusion inouïe et de sa prodigalité. Là où ils se disent empêchés de trouver un type générique suffisant, je rencontre ces types en si grand nombre que je ne sais plus lequel prendre. Mon embarras n'est pas moindre que le leur ; seulement c'est l'embarras du choix. Procédons méthodiquement à la justification de nos dires.

Le premier de ces caractères génériques de l'ordre, le plus apparent de tous est la majesté de la prestance. Cette majesté unie à l'élégance du port et à la grâce de la démarche est l'attribut de l'immense majorité des espèces, et n'a été refusée qu'aux moules ambigus , aux moules excentriques, mal bâtis d'habitude. La noblesse de la démarche et la majesté de la prestance sont déjà deux caractères exclusifs qui suffisent pour faire distinguer à première vue le Coureur de l'Echassier et du Rémipède. L'Echassier fluet et pointu peut bien atteindre à l'élégance, mais sa maigreur extrême est complètement incompatible avec la majesté. Le Rémipède a les tarses trop courts et trop bas insérés pour prétendre à la grâce, lia le pied marin mais non le pied terrien ; c'est le plus malheureux et le plus empêché de tous les êtres, hors de son élément.

Je signalais tout à l'heure, en traversant le domaine des causes providentielles, les raisons de cette prestance majestueuse dévolue par privilège exclusif à l'ordre des Coureurs. La nature , disais-je, a développé fastueusement chez toutes les espèces de l'ordre les parties qui se mangent, aux dépens des parties qui ne se mangent pas. Or les parties qui se mangent chez l'oiseau coureur sont le gigot

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et l'aiguillette, et si vous voulez revenir pour un moment à la question de la célérité de la marche, vous comprendrez d'emblée que cette célérité exige impérieusement tout d'abord ce développement fastueux du support et de l'avant-train. Il faut bien, en effet, que le poids du corps porte sur l'avant pour entraîner le reste (nécessité de l'aiguillette). Tl faut bien que les jarrets soient richement musclés (gigot) pour soutenir la course.

Maintenant vous savez la loi, et que la perfection d'un système organique quelconque chez les bêtes n'a pu s'opérer qu'aux dépens d'un système opposé. Le Dromipède pourvu de jarrets d'acier n'a donc pas été favorisé de la nature sous le rapport du vol. Il a l'aile ronde et courte, l'essor bruyant, lourd et pénible. Même les plus rapides des coureurs n'ont point d'ailes ; et leurs tarses, qui n'ont pas besoin d'être évidés à l'intérieur, sont plus ronds et plus pleins que ceux des espèces de tous les autres ordres.

Pour ces diverses causes aussi , les Dromipèdes sont presque tous sédentaires. Ils n'ont pas d'inquiétudes dans les membres et ne volent pas dans le vent comme les Grallipèdes. Le coureur, en général, aspire à demeurer comme l'échassier à partir. Aux rares espèces que la nature a faites voyageuses, elle a taillé les ailes en pointe, et chacun peut les reconnaître à ce signe. Ajoutons que l'amour des voyages se concilie parfaitement chez les coureurs avec la passion du far-niente.

Le coureur adulte est essentiellement granivore et herbivore, et, par conséquent, ami de l'homme qui fait venir les grains. En conséquence de quoi la nature lui a fait don de plusieurs estomacs, comme au ruminant mammifère dont il est l'homologue, et l'un de ces estomacs est éminemment musculeux. Encore deux caractères importants, le régime diététique et la structure de l'oppareil

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digestif, qui ne permettent guère de confondre le IJroniipède avec le Grallipède, pas plus qu'avec le Rémipède. Mais j'ai dit le coureur adulte, et non pas le coureur tout court. C'est pour faire remarquer que les jeunes de nos espèces sont plus friands de larves de fourmis que de grains, surtout dans leur première enfance, et que l'amour de la fourmi est encore un des caractères de l'ordre.

Tous les coureurs grattent la terre de leurs ongles, pour y cliercher leur subsistance ou simplement pour faire de la poussière et pour poudroyer au soleil ; et j'admire et je regrette surtout que cette habitude, qui est exclusive à l'ordre, ne l'ait pas baptisé. Je suis persuadé, pour mon compte, que s'il eût passé par l'esprit de Georges Cuvier ou d'un autre de substituer l'étiquette de Pulvérateurs à celle de Gallinacés , cette simple substitution eût suffi .pour apporter la lumière là où s'est fait le chaos.

Pulvérateur, en effet, ne rappelait pas seulement une habitude fonctionnelle spéciale à tous les genres de l'ordre dit des Gallinacés, puisque toute espèce poudroie, celle-ci dans les sables brûlants, celle-là dans les neiges, une autre dans les guérets, une autre sous les chênes. Cette étiquette avait encore deux mérites : elle était élégante et douce à prononcer et de loin elle faisait image ; puis enfin il suffit de la prononcer devant vous pour forcer votre pensée de se rabattre sur la perdrix, le faisan, la volaille que vous avez vus mille fois gratter la terre ou prendre un bain de poudre.

Autre caractère exclusif : Dieu devait accorder la fécondité à ces espèces succulentes et dodues si précieuses pour l'homme. La plupart et surtout les espèces les plus délicates (perdrix, caille, pintade) ont été douées de cette fécondité exceptionnelle.

Mais cette fécondité exceptionnelle exigeait à son tour

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({ue les petits fussent en état de courir et de manger tout seuls en sortant de la coquille; car la mère était seule pour soutenir tout le fardeau de l'éducation de la nombreuse famille, et elle n'eût pu suffire à fermer tant de bouches par le procédé d'abecquement. Aussi l'ordre des Dromi-;pèdes est-il le seul qui ne fournisse pas un exemple d'une mère nourrissant ses petits.

Ce caractère séparatif est d'autant plus remarquable qu'à partir de la fin de l'ordre des Dromipèdes, il ne se rencontre plus nulle part. Toutes les mères et tous les pères d'au delà des coureurs sont tenus, en effet, de nourrir leur famille pendant un certain temps, et il n'y a pas d'exception à cette loi universelle, pas même celle du coucou; car le jeune coucou, s'il n'est pas nourri par sa mère, est nourri par une autre. Le fait de rabec([uement subsiste.

La liste des caractères généraux de la Dromipédic n'est pas encore épuisée ; mais il est évident que la reconnaissance officielle de ceux qui viennent d'être signalés eût suffi largement pour délivrer le classificateur de toute hésitation et de tout embarras à l'endroit de cet ordre. Sont dromipèdes toutes les espèces essentiellement granivores qui grattent la terre , qui poudroient, et dont les petits courent au sortir de l'œuf. Sont donc dromipèdes : les Autruches, les Ménures, l'Orthonyx, leMégalonyx, non classés ou très-mal classés, ce qui revient au même. Ne sont pas dromipèdes le Cariama ni l'Agami, qui ne grattent pas la terre et n'ont pas l'estomac musculeux; n'est pas dromipède le Pigeon, malgré son estomac musculeux et ses appétits granivores, parce qu'il ne gratte pas la terre de ses ongles, parce qu'il n'est pas coureur, parce qu'il niche sur les arbres, parce (ju'il abecque ses petits. Ur jugez, par un beul exeuqde, de la facilité extrême

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qu'offre la classification dt; l'ordre des Coureurs , l'ancien ordre des Gallinacés. Entre cet ordre et celui des Pigeons se trouvent des abimes , et pourtant les pigeons sont les plus proches voisins, les plus proches parents des coureurs. Reprenons la revue de nos caractères généraux.

L'ordre est régi par la polygamie pour les neuf dixièmes des espèces. C'est-à-dire que les amants fidèles n'y figurent qu'à l'état d'exception minime et n'y passent pas pour jouir de leur complet bon sens. Rappelons-nous tous les caractères constitutifs qu'entraîne ce régime immoral.

Là où la polygamie règne, les mâles sont mieux vêtus et mieux nourris que les femelles. Nous trouverons donc ici des espèces où le coq pèsera jusqu'à seize kilogrammes, la poule cinq ou six au plus (outarde). On sait que dans la j)lupart de ces espèces, le mâle s'appelle Coq et la femelle Poule.

La jalousie est un des caractères les plus afiVeux de la

polygamie Alors nous devinons d'avance que la manie

du duel sera endémique dans l'ordre des Coureurs, comme dans la série des Echassiers polygames, et que la lice des tournois y sera ouverte du matin jusqu'au soir dans la saison d'amour. Mais ne nous y trompons pas, la bataille est plus sérieuse chez les coureurs que chez les echassiers, et la nature a pourvu les premiers d'armes plus meurtrières que les seconds.

Notre propre histoire nous a appris aussi que la passion des aventures amoureuses et des duels a pour complémentaire fatale la passion non moins effrénée du faste et du colifichet, et que les Raffinés du Louvre n'étaient pas moins curieux de pourpoints de velours, de fraises et de dentelles, que de rapières bien mordantes et de bottes secrètes. Alors donc nous devrons rencontrer chez les coqs, qui sont les Ralfinés de l'ordre des Oiseaux, tous les

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vices brillants, tous les goûts, toutes les habitudes de leurs homonymes humains. Ainsi, culte frénétique des colliers, des aigrettes , des panaches et des riches atours; alfectation de galanterie raffinée et de parler doucereux près des femelles; besoin de s'étaler en public, de faire la roue et d'ébruiter ses conquêtes. Poses de matamore, verbe aigre et cassant entre rivaux, tenue et propos de salle d'armes. C'est là, en effet, tout le coq. C'est pour les moules les plus illustres de l'ordre des Coureurs qu'a été inventé le verbe se pavaner. Se pavaner, c'est se mirer dans sa propre splendeur, ainsi que fait le paon, l'oiseau cher à Junon, la reine orgueilleuse de l'Olympe.

L'ordre des Dromipèdes est également le seul où certains genres portent l'épée. Je dis l'épée et non pas l'éperon, parce que l'éperon du coq domestique est une véritable rapière, une arme de spadassin, une franche colichemarde pour se couper la gorge. Aussi toutes les espèces qui portent l'éperon sont-elles reconnaissables à la fierté provocante de leurs allures^ à leur habitude de marcher la poitrine en avant, à leur manie de singer toutes les façons de la noblesse d'épée. Et lorsque la nature chausse l'éperon à un coq, elle lui jette en même temps sur les épaules un riche manteau d'étoffe chatoyante à reflets métalliques; elle lui couvre le col d'une fraise mobile; elle lui prodigue les crinières excentriques, panaches de l'avant, panaches de l'arrière, les armures de Milan, les lames de Tolède. Enfin, comme conséquence de tous ces armements , elle lui souflle au cœur la passion désordonnée des combats.

Retenez bien ceci : qu'éperon dit pacha, dit harem, despotisme masculin, tenue éblouissante des mâles, douceur, timidité et servage des femelles.

Ce n'est pas tout; ces coureurs de tournois et d'aven-

lures galantes ne se contentent pas de laisser lâchement retomber sur leurs épouses toutes les charges de Ventretien et de la nourriture de la famille, ils poussent l'oubli de leurs devoirs les plus sacrés jusqu'à se faire les bourreaux de leur propre sang, cassant les œufs dans le nid et assassinant les jeunes avec délices, pour reprendre possession des mères. C'est au point que les pauvres mères ont plus à se cacher d'eux que du renard et de l'oiseau de proie.

Heureusement que si le coq est le résumé de tons les vices et de tous les péchés capitaux. Bataille, Orgueil, Luxe, Luxure, Gourmandise, Paresse, Infanticide, la poule est le modèle de toutes les vertus domestiques et spécialement de l'amour maternel.

Contraste frappant dont l'étude approfondie m'a conduit à la découverte de cette magnifique loi de mouvement passionnel : Dieu livre les bêtes à l'Jiomme par les vices des mâles et par les vertus des femelles.

Perversité providentielle du coq qui a forcé la poule abandonnée de son protecteur naturel à chercher refuge auprès de l'homme !

Perversité providentielle qui me défend du remords et qui tranquillise ma conscience sur la légitimité de mes appétits de chasseur et de gastrosophe !

Car il est évident que si Dieu a titré tous les coqs en grossier sensualisme, c'a été principalement dans le but d'affaiblir l'intérêt abusif que nous aurions pu porter à une espèce innocente et féconde qu'il avait destinée à nous servir de nourriture aussi longtemps que la grossièreté générale des arômes de notre planète nous ferait un besoin de la carnivorie. Il est bien évident que si Dieu a fait ces sultans impudiques si voyants et si gros, c'a été pour attirer sur eux et pour détourner des femelles l'attention du

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chasseur ol de l'oispau de proie. Or si le Très-Haut et le Très-Sage lui-même a jugé à propos de condamner ces pécheurs aux flammes éternelles (rôti) en expiation de leurs méfaits, nous appartient-il bien d'aller à la traverse de ses décisions? Je ne le pense pas... Et s'il nous a laissé la possibilité d'apprécier encore la délicatesse de la chair là où il nous interdisait d'admirer les qualités du cœur , je dis fp.ie c'est à nous de le remercier fource don de sa bonté infinie, et puis après de nous résigner philosophiquement à nous faire les exécuteurs de sa sainte volonté à l'égard des coqs pleins de vices, sauf à reporter exclusivement sur les poules vertueuses tout l'intérêt que mérite l'espèce. Ainsi fais-je aujourd'hui et ai-je toujours fait^ parce que la raison est dans mon cerveau en même temps que la sensibilité dans mon cœur, et que je sais parfaitement qu'il y a beaucoup d'espèces innocentes en ce monde qui nous mangeraient si nous ne les mangions pas.

Alors que toutes celles qui accusent le chasseur de cruauté native, et qui ne veulent pas croire à la sincérité de son affection pour la perdrix et pour la caille, y regardent désormais à deux fois avant de lui jeter la pierre. Et que le doux génie féminin qui a dicté au chantre de ['Oiseau ses plus charmantes pages me relève de la sentence injuste prononcée contre moi en ce livre, à la suite d'éloges trop flatteurs , immérités , hélas , comme ma condamnation !

Parmi les caractères généraux des coureurs figurent encore un bec voûté et court dont la mandibule supérieure couvre complètement et déborde l'inférieure ; des doigts courts et robustes, reliés à leur naissance par une épaisse membrane destinée à assurer la solidarité du système ; un sternum façonné dans les pires conditions pour le vol, faible de ligaments et d'assises et réduit ;\ l'avant par une

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double échancrure, qui laisse le champ libre aux envahissements de la chair; sternum aspirant vers le sol et dédaigneux des nues. Je ne parlerai pas de l'embonpoint et de robësité fâcheuse auxquels une semblable constitution prédispose, puisqu'il est convenu qu'on ne peut s'arrêter à de pareils détails, sans trahir de cruels penchants.

Il est enfin un dernier caractère général qui n'est pas exclusif à l'ordre des Coureurs, mais qui se retrouve chez toutes les espèces granivores et que je veux signaler. C'est la sympathie touchante dont toutes ces espèces sont animées à l'égard des nobles quadrupèdes qui aident l'homme dans ses travaux agricoles. Cette sympathie, qui avait frappé les anciens, est facile à expliquer au moyen du fameux aphorisme de la granivorie.

Il est tout simple, avons-nous dit, qu'un oiseau des champs qui vit de graines ou d'insectes soit ami de la charrue qui ouvre le sein de la terre pour mettre à nu les larves et les vers qui s'y cachent, et pour y déposer le germe des moissons à venir. Or, pour ces oiseaux-là, le véritable nom de la charrue esl cheval, cheval ou bœuf suivant les pays, et quand ils voient se diriger sur le terrain du travail un ou deux de ces animaux traînant une charrette ou un véhicule quelconque, ils ne peuvent pas s'enfuir à l'approche de l'attelage; car ce serait faire une impolitesse gratuite à qui ne leur a fait que du bien, et ces façons d'agir ne sont pas dans leurs mœurs; ils aiment mieux le saluer. L'honmie exploite bien lâchement cette noble sympathie des oiseaux pour le cheval et pour le bœuf, pauvres bètes innocentes qu'il associe de force à ses méfaiis ; mais il n'a pu tarir encore dans le cœur des victimes la source de leur confiance naïve dans la loyauté de leurs amis naturels. Aux premiers temps de notre occupation de l'Algérie, pays où l'indigène était plus charitable

iiK i.A T)i;oMTi'i':riiî:. i<S!

aux oiseaux du ciel qu'à &es iVèros, l'apparitiou d'iuic seule charrue suffisait pour amener sur les pas du laboureur des myriades d'oiseaux de tous les points de la plaine. Les plus familiers de la ]>ande, les traquets, les hochequeues, le héron garde-bœuf, commençaient par accaparer les places les meilleures et s'adjugeaient la primeur des mottes retournées. Puis venaient à la suite l'étourneuu, le corbeau, le rollier, la pie-grièche, le merle, la perdrix et vingt autres, faisant au travailleur un cortège de fêle, amusant ses regards du spectacle de leur fourmillement actif, de leurs querelles bruyantes, de leurs catégories confuses. Dans l'Amérique méridionale , le Gaucho qui a besoin d'une perdrix pour son diner s'en va tout simplement la chercher à cheval. Il se dirige vers la première qu'il avise et lui passe au col un lacet disposé au bout d'une grande gaule. La perdrix ne bouge pas ; elle ne fait que lever la tète pour faciliter l'opération. Voilà quelques siècles déjà que Tàge de ces jeux est passé pour la France, où l'oiseau n'a plus foi en l'homme ; mais que de trahisons et de meurtres il en a dû coûter au souverain de la terre pour détruire au cœur des oiseaux cet amour pour sa race que l'auteur de toutes choses y avait si solidement incrusté!

Un jour, quand la vapeur aura enlevé au cheval son dernier instrument de travail, quand elle labourera à sa place, la charrue s'incarnera dans l'esprit de l'oiseau sous la forme d'un panache de fumée qui marche, et l'homme pourra encore abuser pendant un certain temps des remparts de la machine pour assassiner ses amis.

]]n somme, la définition du Coureur se réduit aux termes ci-après : un pulvérateur qui niche à terre et (|ui n'abecque pas ses petits.

On s'étonne à l)on droit que la classification d'un ordre

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si facilement isolable ait pu causer de graves embarras à la science et donner lieu à des divergences d'opinion sans fin. C'est que rien n'est plus difficile que de s'orienter et de naviguer en toute sécurité, sans l'aide de la boussole, sur les mers les plus pacifiques, et que la science a. toujours hésité jusqu'ici à se servir de l'instrument sauveur. Mais j'éprouve le besoin d'être indulgent aux dix ou douze ordres de Gallinacés qui existent dans les classifications des maîtres, me rappelant que c'est précisément dans cet ordre soi-disant si maniable et si facilement réductible que j'ai commis mes plus graves erreurs : Pluvier, Œdicnème, Courvite. 11 est vrai que tous ces oiseaux-là couraient bien.

Il y a donc des classifications quasi-oflicielles où l'ordre des Gallinacés compte plus de cinq cents espèces, d'autres non moins bien notées en haut lieu qui réduisent ce chiffre à quatre cents. La classilication la plus en vogue porte cet effectif à trois cent vingt au plus. La différence qui se trouve entre les deux termes extrêmes de cette série provient de ce que dans le plus fort total on fait entrer de force le compte des Pigeons, qui ne figure pas dans l'autre. J'en sais encore où les Outardes ont été retirées de la Gallinacie pour être incorporées parmi les Echassiers; d'autres où le Cariama et l'Agami , en revanche, sont naturalisés Coureurs; d'autres où les Autruches, les Casoars et tous les oiseaux impennes de l'avant-dernière création et de la dernière, forment un ordre à part dit des Struthionidés.

L'ordre naturel des Dromipèdes doit renfermer quatre cents espèces environ, quoi que puissent affirmer de contraire les classifications empiriques. Je dis modestement doit renfermer et non renferme^ parce que beaucoup d'espèces qui appartiennent légitimement à l'ordre n'ont pas encore été assez étudiées dans le plus profond de leurs

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mœurs, pour permettre au classificateur hai'di mais consciencieux de se prononcer en toute assurance sur elles. Au nombre de ces espèces douteuses sont les Ménures, les Mégalonyx, les Orthonyx, les Cliionis , plus une foule de formicivores d'Amérique et d'ailleurs, qui sont pour moi de véritables coureurs, mais que je ne puis déclarer tels de mon autorité privée, malgré toute l'envie que j'en ai. La question de nationalité de ces espèces est, du reste, facile à résoudre d'après les attributs exclusifs que j'assigne à l'ordre des Coureurs. Il ne s'agit que de savoir si tous ces Fourmiliers qui courent déjà mieux qu'ils ne volent, qui ont l'aile courte et ronde, qui sont pulvérateurs et qui nichent à terre, remplissent la dernière formalité exigée pour l'aduiission dans l'ordre. Qu'il me soit démontré par rapports dignes de foi que tous ces pulvérateurs courent et mangent tout seuls en sortant de la coquille, et je n'hésite pas à les proclamer Dromipèdes. Donc je demande à grands cris à tous les voyageurs et à tous les naturalistes des renseignements privés sur le mode de nidification et d'éducation des espèces en litige, pour savoir à quoi m'en tenir quant au chiffre définitif des familles de l'ordre.

Car, aussi longtemps que cette cjuestion si facile à résoudre ne sera pas résolue , la présente classification demeurera comme entachée de provisoire. Puis encore cette non détermination du chiffre de l'effectif peut interdire au classificateur l'emploi de tel procédé de division qui lui était habituel, celui de la dichotomie, par exemple, qui ne peut s'appliquer qu'à un chiffre certain. Néanmoins, ces inconvénients très-réels ne constituent pas des obstacles sérieux.

D'abord il faut savoir que toutes ces espèces douteuses appartiennent à la même série, une série de pulvérateurs sylvicoles, qui compte d('j;\ de nombreux représentants

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parmi les espèces admises, et que cette série est logée à l'extrémité de l'ordre du côté des Pigeons. Par conséquent, toutes les querelles de chiffres peuvent s'agiter dans son sein, sans que le tapage en retentisse au dehors et trouble le moins du monde le classement des séries précédemment ordonnées. J'avoue ensuite qu'il ne m'est aucunement démontré que l'application de la coupe dichotomique à l'ordre desDroraipèdes soit de nécessité absolue.

Je vois bien, en effet, que cette coupe est d'induction naturelle, quant à la division des deux ordres de la Rémipédie et de la Grallipédie, où les espèces, réduites à opter entre deux milieux seulement, sont forcées de se séparer d'elles-mêmes en deux camps, Pélagicoles ou Fluminicoles dans le premier, Paludicoles ou Palustricoles dans le second. Mais je ne vois plus qu'il en soit de même à l'égard de l'ordre des Coureurs, un ordre précieux par-dessus tous, et dont les espèces ont été semées, comme nous l'avons dit, sur tous les points habitables du globe, en raison même de la succulence de leur chair et de leur utilité. Ce qui me parait de plus clair est qu'ici la division naturelle exige l'augmentation du nombre des séries qui doivent prendre leur nom des habitats divers.

Or, il nous suffit de notre foi dans la justice distributive de la Providence et de la connaissance que nous avons de la succession géologique des milieux, pour reconnaître à priori la marche qu'a suivie l'apparition successive des espèces. S'il est vrai que Dieu ait assigné à chaque milieu son groupe spécial de coureurs; s'il est vrai que les milieux s'engendrent comme nous l'avons dit, la voie de la classitication naturelle nous est de nouveau toute tracée. Nous n'avons, pour bien faire, qu'à laisser défiler les espèces dans l'ordre même où Dieu les a mises. Autant de milieux distincts, autant de divisions principales. Donc, traçons

iJE LA i)i'.<).\iii'i/i>ii:. -485

d'abord tous nos cadres et ne nous inquiétons pas après si deux ou trois restent vides par la faute d'autrui.

Autant de milieux distincts, disons-nous, autant de divisions principales. Or, ces milieux distincts sont au moins au nombre de quatre, si je sais bien compter, et ils s'étagent dans l'ordre ci-après :

D'abord, la plaine aride et nue, le lit des mers anciennes, le steppe, la pampa, le désert ; puis la plaine arable fertile, berbue, buissonneuse, comme la prairie américaine ; puis les bauteurs et enfin les forêts. On pourrait, en cherchant un peu, trouver force ambigus pour relier tous ces habitats, avec une foule de substantifs sonores pour les étiqueter ; mais, comme j'ai reconnu à l'œuvre, et surtout à l'œuvre d'autrui, qu'il était de sage politique, en classification, d'économiser les titres hiérarchiques, je me suis défendu d'attribuer un nom de série à chacun de ces milieux à deux faces, dont je me bornerai à signaler l'existence et l'utilité en passant.

Sera dite Steppidromie, la série des coureurs du steppe ; Arvidro.mie, de la plaine arable et de la prairie couverte; SuMMmROMiE, de la hauteur escarpée, de la cime des monts; Sylvidromie de la forêt.

Et comme aux bas gradins de la Volatilie où nous stationnons toujours, la nature n'a pas encore su se défaire de la triste habitude de créer des types anormaux, paradoxaux, excentriques, nous retrouverons nécessairement quelques curieux spécimens de ses imaginations au début et à la fin de l'ordre. Et il faudra bien nous résoudre à attribuer un nom de série quelconque à ces moules d'essai, dût la série ne se composer que d'un seul genre, composé d'une seule espèce. Alors, nous donnerons le titre d'ApTÉRiDRo- MiE à la série des grands coureurs privés d'ailes par lesquels s'ouvre l'ordre ; Aptérigrade sera le nom de

180 OKMTJIULOdlli l'ASSlOiNNELLE,

l'espèce aptère tardigrade qui le clôt. Cette espèce, aujourd'hui détruite, s'appelait encore le Dronte, il y a deux cents ans.

Ainsi, l'ordre de la Dromipédie, tel qu'il se contient et comporte oujourd'hid, trois cent vingt espèces environ, se divise d'abord en six principales séries : Aptéridromie, Steppidromie, Arvidroinie, Summidromie, Sylvidromie, Aptérigradie.

Premièi'e série. — Aptéiudromie. Quatre genres : Autruche, Nandou, Casoar, Emeu ; cinq espèces.

Aptéridromie, rudipennie, impennie, mots qui veulent dirent sa^is ailes, valent mieux comme enseignes de séries que Struttiionidés, qui ne veut pas dire grand'chose et qui a surtout le tort de ne pas tenir compte de l'absence des ailes chez l'oiseau, caractère cependant fort digne de remarque.

Tous les grands coureurs privés d'ailes dont le plus léger pèse trente livres et le plus lourd quatre-vingts ont été donnés à l'homme en même temps que le chameau, la vache et la brebis, atin qu'il en fit des troupeaux. Les grands coureui-s se tondent tous les ans comme les moutons, et payent à leurs maîtres le tribut de leurs œufs, en sus de celui de leur chair.

Je n'ai point à tracer leur histoire, puisqu'ils n'appartiennent pas à la faune de France ; mais j'ai besoin de signaler quelques-uns des caractères généraux de la série, pour bien préciser la date de son apparition en ce globC;, et aussi pour faire voir quels liens étroits de parenté sont entre les aptéridromes et les ruminants mammifères, leurs homologues.

Tous les aptéridromes ont les yeux bordés de cils, un plumage à barbes frisées et lâches qui ressemble plus à la toison des bêtes à quatre pattes qu'à la robe des oiseaux.

DE LA DltOMlHÉUlli. i87

Ils ont des ruminants le rég-ime herbivore, le sternum plat et sans bréchet, Testomac multiple, la vessie. Ils courent et ne volent pas. Et il y en a qui s'amusent à porter des hommes sur leur dos, à l'instar de certains ruminants !

L'Autruche et ses plus proches parents sont nécessairement étrangers au continent européen, dont le raffinement aromal et l'àg-e plus avancé ne s'accommodent plus des ébauches et demandent des moules mieux finis. Les espèces gigantesques vivantes encore ou enterrées d'hier, appartiennent presque exclusivement, en effet, à l'hémisphère austral riche en monstres, ainsi que la plupart des oiseaux privés d'ailes, Aptérix, Notornis, elc. 11 y a cent siècles environ que l'Europe a vu périr ses types identiques. C'est vers la même époque qu'elle a perdu ses éléphants crépus, ses mastodontes et ses hippopotames. La naissance de l'Autruche porte la même date que celle du Chameau, et toutes deux rappellent une triste catastrophe, la Chute, puisqu'il faut l'appeler par son nom.

L'Autruche n'est pas seulement la contemporaine et la compatriote du chameau. Elle tient de lui pour les traits de la physionomie, les allures, les habitudes du corps et le régime. Or, comme de près ou de loin, toutes les espèces de l'ordre ont la charpente taillée sur celle de l'Autruche, j'ai cru qu'il serait bien de m'arrèter quelques instants sur ce moule-type primitif et d'en comparer l'organisation avec celle de l'Oiseau-Mouche, pour tirer de cette comparaison le secret de la destination providentielle de l'ordre des Coureurs.

Chez l'Oiseau-Mouche, ai-je dit, comme chez tous les fins voiliers, la cavité thoracique (poitrine) est développée outre mesure et la carène sternale fait saillie au dehors comme la quille d'un esquif. Ainsi est btUi le lévrier, qui est le moule idéal de la vélocité parmi les mammilères

i>i8 <)Iimtiiolo(.il; 1'Assio,n.M'I.ij:.

comme roiseau-moiiclie parmi les volatiles. Or, nous savons qu'en veriu de la loi d'équilibre, ce développement excessif de la poitrine n'a pu avoir lieu qu'au détriment d'une autre partie du corps. Cette partie déprimée, atrophiée, sacrifiée chez l'Oiseau-Mouclie, est la région du bassin, celle de l'insertion des membres inférieurs. L'Oiseau-Moucbe a de si petits pieds, qu'il est obligé, comme la Frégate et le Martinet, de se reposer sur ses ailes.

Le développement extraordinaire de l'enveloppe sternale est motivé, chez l'oiseau-mouçbe, par la nécessité d'offrir de vastes et solides points d'attache aux muscles pectoraux qui sont les agents principaux de la locomotion aérienne et de laisser leur jeu aux clavicules qui sont en quelque sorte les détentes de l'arc alaire. Tout est sacrifié à la légèreté et à l'utile ; les muscles de ceinture qui arrondissent les formes, mais qui alourdissent le corps, ont été supprimés ; la poitrine est taillée en lame de couteau, le ventre ravalé, l'intestin court ; bref, toute la puissance musculaire est accaparée par les ailes ; c'est-cà-dire que le fin voilier nu ressemble toujours plus ou moins à son squelette, image odieuse qui repousse la pensée du rôti.

Mais démolissons pièce à piècecette charpente de l'oiseau fin voilier, du rapace ou de l'oiseau-mouche ; mettons le plein à la place du vide, le vide à la place du plein ; prenons, en un mot, le contre-pied de toutes les dispositions anatomiques ci-dessus, et nous aurons le moule exact du coureur. Je ne connais pas dans toute la nature deux êtres de la même famille qui se ressemblent aussi peu que rOiseau-Mouche et l'Autruche. Vainement celle-ci voudrait-elle le nier, mais encore une fois elle tient plus du quadrupède que du jjipède, à preuve qu'elle porte sur son dos des enfants et des rois d'Egypte.

HK l-\ lUiO.MII'KlilE. W*

L'autruche et roiseau-mouche formant des termes extrêmes de série sont en rapport absolu de contraste, ce qui équivaut à dire que l'autruche doit être un oiseaumouche renversé et vice versa. Cette proposition est trèsvraie.

L'Oiseau-Mouche était tout ailes, tout queue, tout vol ; l'Autruche est toute jambes et toute ventre. Le sternum, chez l'autruche, au lieu de saillir en arête, se trouve réduit à des dimensions ridicules; c'est une plaque osseuse en forme d'écu qui îddi proue au lieu de faire quille et à laquelle l'omoplate s'est soudée par ankylose. Plus d'ailes, par conséquent plus de queue ; rémiges et rectrices absentes. Toute la puissance musculaire active s'est retirée dans la région du bassin, où elle a été mise au service de la locomotion pédestre, qui exige d'énormes leviers. La charpente de ce bassin a donc été dressée avec le même luxe que celle du thorax chez l'oiseau-mouche ; l'ossature y déborde à son tour et fait crête sur l'épine dorsale. La région sacrifiée est celle où s'inséraient les ailes. Les cuisses, les jambes, les tarses, chargés de suppléer cellesci , prennent les dimensions volumineuses qu'ont les membres correspondants chez les quadrupèdes herbivores. La cavité abdominale s'agrandit considérablement pour loger un intestin que la nourriture végétale a pour effet de distendre. Enfin, comme la vitesse de la course exige impérieusement que le poids du corps porte sur l'avant, et comme le développement des pectoraux faisait ici défaut, la nature a été obligée de pourvoir à cette nécessité par un autre moyen. Elle a fait de la plaque osseuse du sternum, qui avait rompu toutes relations avec la région d'en haut, le point d'attache d'une masse musculaire inerte, aspirant vers la terre, et dont l'uni(|ue oflice est de fuiie poids et de donner de l'abattage

490 Oll.MlJlULOGlE PASSIONNELLE.

au coureur. C'était le muscle supérieur, le muscle pectoral qui prédominait chez l'oiseau-mouche et chez l'oiseau de proie et qui déprimait le muscle de ceinture, le muscle intérieur. Ici, au contraire, c'est le muscle de ceinture qui occupe glorieusement toute la place; c'est la région d'en bas qui absorbe la vitalité de l'organisme. Mais voici malheureusement ce qui arrive : cette masse de chair, trop éloignée des os et trop pesante pour les deux pauvres ligaments qui la retiennent, ne tarde pas à manifester ses tendances vers une obésité et une rotondité fâcheuses. Bientôt la chair déborde le sternum, et la graisse menace de déborder la chair...

C'est-à-dire que je ne puis m'empêcher d'accuser de cécité les personnes trop sensibles qui ne veulent pas voir ici empreint le doigt de Dieu, indiquant la nature des Ijons offices que le coureur est appelé à rendre à l'homme.

Un Arabe du désert me disait une fois qu'une bonne autruche, du poids de trente à trente-cinq kilogrammes, rendait communément de vingt à vingt-cinq kilogrammes de gigots et d'aiguillettes de qualité superline. La vérité était dans les paroles de l'enfant de Mahom ; seulement cette qualification de superfine arrachée par l'enthousiasme n'est bien placée que dans la bouche d'un Bédouin vagabond, qui a jeûné souvent. L'aiguillette et le gigot d'autruche peuvent être de délicieux morceaux dans le désert, ils ne sont que bons partout ailleurs; c'est comme le bifteck de chameau. L'autruche est peut-être même de tous ses congénères le moins susceptible d'embonpoint.

La série excentrique des Aptéridromes, en sa qualité d'ambiguë entre les deux ordres de la Grallipédie et de la Dromipédie, possède naturellement une partie des caractères propres à l'un et à l'autre. L'Autruche et ses voisins, lierbivores et coureurs au premier chef, conservent donc de

1H-: i.A iiRoMU'Ébii:. ilM

nombreux rapports avec les échassiers. Ces caractères de rapprochement sont la longueur des tarses sur lesquels le coureur se repose ; la dénudation de la partie inférieure de la jambe, la dimension exagérée et la nudité du col, plus l'habitude de frapper du pied, à l'instar du Serpentaire et de l'Aptérix. L'Autruche et ses voisins ont encore les paupières bordées de cils comme les grandes espèces qui les précèdent et l'Outarde qui les suit. Enfin, la parenté des aptéridromes et des dromigralles se trahit par l'air de famille, par la similitude des goûts pour les étoffes soyeuses et frisées de couleur isabelle, par une foule d'autres ressemblances plus faciles à saisir qu'à définir. Le régime diététique diffère seul, la conformation de l'estomac, par conséquent, et les mœurs et le reste. Aussi excuse-t-on sans peine tant de savants illustres d'avoir colloque l'Autruche et ses voisins parmi les échassiers, car il est cerlain que si le terme d' Aptéridromes n'avait pas été inventé pour désigner la tribu des coureurs saiis-ailes, Grallidromes serait encore celui qui le remplacerait le plus avantageusement.

On sait que la polygamie est la règle des relations sexuelles dans l'Aptéridromie ; mais hâtons-nous bien vite de déclarer que cette polygamie n'offre aucun de ces caractères immoraux et révoltants qui déshonorent ailleurs ce régime immoral. Les femelles des autruches^, par exemple, se réunissent pour pondre et couver en commun et les mâles se croiraient déshonorés de laisser retomber sur elles seules le travail de l'incubation. Or^ il est trèsprobable que la participation du mâle à cette tâche pénible est générale dans le groupe ; car il a été observé au Jardin-des-Plantes où les émeus de la Nouvelle-Hollande se reproduisent quelquefois, que c'était le mâle qui se montrait le plus assidu à remplir ses fonctions de couveur.

W!2 tJli.MUloLOOlE PASSIONNELLE.

Deuxième série.— Steppidromie, Deux groupes : Tardipennie, Citipennie, d\x genres; Outarde, Eudromie, No-

THURE, TlNAMOU, RyNCHOTE, ToRTICELLE, GaNGA, SyRRAPTHE,

TiiRNiciGRALLE, TuRNix. Soixaiite-qualorze espèces, dont cinq au plus françaises.

Le genre Outarde est, à proprement parler, le premier de l'ordre des vrais coureurs, lequel commence à la Grande Outarde d'Afrique et finit à la Colomhi-Gnlline d'Amérique. La grande outarde est le premier terme de l'ordre normal de laDromipédie comme le Cariama est le dernier de l'ordre normal de laGrallipédie. Les deux espèces, en effet, sont aussi parentes que possible par tous les traits de la physionomie et la similitude des autres caractères. Elles se ressemblent de taille, de visage, de robe et de toilette. Elles ont les paupières également bordées de cils, les jambes dénudées par le bas, le bec coulé dans le même moule; elles attaquent le reptile par le même procédé, le coup de pied, le coup d'aile. Aussi ne sont-elles séparées, dans notre classification naturelle, que par l'interjonction des moules paradoxaux et excentriques qui ont besoin qu'on les place quelque part et qui ne pouvaient être mieux logés qu'entre le cariama et l'outarde.

J'ai à dire, à propos de cette interjonction fâcheuse des moules anormaux, que le premier devoir du classifîcateur étant d'avoir foi en la justice distributive de Dieu, son premier soin, en se mettant à l'œuvre, doit être d'éliminer provisoirement tous les moules discordants et anarchiques qui semblent contrarier la marche de la distribution harmonique, sauf aies reprendre en sous-œuvre plus tard. Les jeunes classificateurs ne sauraient trop profiter de ce conseil salutaire que mon expérience leur adresse ; ils ne sauraient trop non plus graver en leur cerveau le principe qui suit, à savoir que les ambigus excentriques et anor-

DE 7.A DROMII'lhTF.

maux ne sont pas des moules de transition d ordre ù ordre dans le même règne, mais bien des moules de transition de règne à règne. Combien de classificateurs illustres ont péri et tous leurs travaux avec eux, pour n'avoir pas compris cette distinction essentielle. Combien ont été forcés de tourner bride et de renoncer à la tâche pour s'être fourvoyés tout d'abord dans l'impasse de l'ambigu ! Car l'amour de la classification est un genre de supplice cpii compte plus de martyrs qu'on ne pense.

Les moules anormaux, je le répèle, sont des moules hors cadre, dont le classement doit être ajourné après l'achèvement de la distribution régulière et hiérarchique des espèces normales. Ne vous occupez pas de savoir quelle 'place l'autruche doit tenir dans le monde des oiseaux, puisque l'autruche est le moule de transition de la Yokitilie à la Manijniférie et rien aulre, et laissez de côté, pour les mêmes raisons, la chauve-souris, l'aptérix et les autres monstruosités analogues. Seulement, quand votre œuvre de classement sera faite et parfaite, grâce à la suppression provisoire des intermédiaires fâcheux dont l'interposition eût empêché de suivre la sériation des familles naturelles, revenez aux moules oubliés et tenez quelque compte de leurs principaux caractères pour les placer d'une façon convenable. Mettez le Serpentaire, l'Aptérix et l'Autruche entre l'ordre des Grallipèdes et celui des Dromipèdes, puisque tous sont à la fois échassiers et coureurs. Division hors cadre.

Les caractères généraux des espèces de la Steppidromie sont l'amour des plaines caillouteuses et stériles, ainsi que leur nom l'indique, plus la passion des colliers, des huppes, des cravates, des fraises. Toutes portent un uniforme jaune terreux virant à l'isabelle, pour mieux dire au caillou brûlé. I*]lles ne perchent V)as faute d'arbres et

49 i. ORNITHOLOGIE PASSIONNELLE.

i'aiite d'une armature suffisante des pieds. C'est la série de l'ordre qui brille le moins par sa fécondité. La majorité pond de gros œufs de couleur verte et vit sous le régime de la polygamie. Comme le désert n'abonde pas en éléments variés de nourriture, ses pauvres habitants sont bien forcés de manger tout ce cpii s'y trouve en fait d'herbes, de grillons, de scarabées, de lézards ; même plus d'une grande espèce se trouve quelquefois réduite à s'assimiler le reptile. La chair de toutes ces espèces est une viande de haut goût, volontiers bicolore;, qui fait bien en pâté.

La série des Steppidromes, qui se compose d'une masse d'oiseaux très-lourds et non percheurs, compte cependant parmi ses espèces le type hirondinien de l'ordre : ailes démesurées, tarses courts et emplumés; c'est le syrrapthe, un habitant de la steppe tartare, un cousin de la glaréole, porteur des mêmes habits et des mêmes décorations, et comme elle se plaisant à voler la sauterelle.

Troisième série. — Arvidromie : Deux groupes; Ségélicolie, Diimicolie ; huit genres : Caille, Perdrix (grise), Pintade, Ptilopaqle, Colin, Zonécolin, Masséna, Toc.cro. Soixante-six espèces, dont cinq au plus françaises.

Je ne sais pas assez les mœurs intimes de la plupart de ces espèces pour me croire en droit de leur assigner à chacune une place dans les deux groupes ci-dessus. Je sais seulement qu'il y a cà distinguer entre celles qui habitent les champs cultivés et celles qui habitent les pâtures, les maquis, les prairies de l'Amérique du Nord. Si les noms des deux groupes de cette série se trouvent mal choisis à cause de l'inégalité de répartition des genres, on pourrait les remplacer par deux autres tirés de la faculté ou de l'impossibilité de percher.

La longue notice consacrée ci-après ;\ l'histoire de la

DE LA DROMIPKDIE. 49^)

Perdrix et à celle de la Caille nous dispense de signaler ici les principaux caractères des Arvidromes.

Quatrième série. — Summidromie : Deux groupes ; Aspéricolie ou Bi/picolie, Sylvicolie; cinq genres : Bartavelle, Lagopède, Tétras, Gelinotte, Lerwée. Vingt-sept espèces, sept françaises.

Je renvoie connue ci-devant Texposé des caractères généraux de la série à l'histoire détaillée des espèces de France.

Cinquième série. —'^XLWhv.oum : Deux groupes ; Ensitarsip ou Plectronitorsie, Nuditarsic. Yingt-huit genres, sans compter les absents : Francolin, Nigelle, Rouloul, Plectropède, Etîlophe , TfnBÉTAiN , Faisan, Houppifère , Tragopan, Coo, Lophopiiore, Eperonnier, Paon, Dindon, Pénélope, Hoccan, Hocco, Paijxi, Hoazin, Argus, Mésite,

Alathélie, Mégapode, Leipoa, Maléo, Tallégalle

Colombigalline, Samoa. Cent-cinquante espèces, dont sept seulement naturalisées en France ; pas une seule indigène.

C'est à la suite du Tallégalle et dans Tintervalle signalé par des points qu'il convient de loger la longue tribu des Ménures, des Sclérures, des Mégalonyx, Orthonyx, Fourmiliers;, etc., dont la nationalité n'a pas été encore officiellement reconnue. Je présume que le nombre de ces espèces douteuses s'élève à une centaine. Ce chiffre de cent, s'il était joint à celui que nous venons de donner, porterait donc à plus de deux cent cinquante l'effectif des membres de la seule série des Sylvicoles. Or, on comprend que dans le cas d'adjonction, il y aurait lieu de retoucher à la division primordiale de la Dromipédie,' pour ne pas laisser subsister une inégalité de répartition aussi choquante. Peut-être alors la classification serait-elle obligée de reprendre pour sa première division sérielle la coupe di-

490 ORNITHOLOGIE PASSIOXXFf.I.F.

cholomique, dont la série actuelle pourrait sans changer de nom former l'une des moitiés.

Sixième série. — Aptérigradie : une seule espèce, éteinte, le Dronte de Maurice.

Le Dronte de l'Ile-de-France et de l'île Bourbon, était encore de ce monde il y a deux cents ans. Sa mort date de la fin du règne de Louis XIY . Il est donc juste de l'inscrire sur le catalogue des bêtes de la dernière création.

Deux pattes et un bec en très-mauvais état sont tout ce qui reste aujourd'hui de ce moule remarquable. Ces débris précieux appartiennent au musée d'Oxford, ville savante d'Albion.

L'histoire du Dronte est une des plus amusantes qui se puisse lire, je veux dire l'histoire posthume, car l'infortuné bipède a plus fait parler de lui après qu'avant sa mort, et pas un de ceux qui l'ont vu et connu, historien de bêtes ou peintre, n'a jugé à propos de décrire ses mœurs ou de peindre ses traits. Et, comme si ce n'était assez du silence unanime de ses contemporains, pour laisser planer sur le Dronte, une obscurité éternelle, voici que les savants de nos jours se sont emparés de ses restes, comme d'une inscription égyptienne, pour en faire le sujet de vingt systèmes confus et d'autant de volumes. Il s'est dit, dans le temps, que M. de Blainville, qui fut une des lumières delà zoologie, avait médité de longues années si;r ce bec et ces pattes avant d'arriver à conclure que le Dronte était un vautour : oul^liant, le savant illustre, qu'un vautour est un croque-mort A qui font besoin les grandes ailes plus qu'à tout autre volatile, pour se porter en un clin d'œil en toute place où tombe un cadavre. J'ai lu le mémoire de Blainville où était démontré la parenté du Dronte et du Vautour et j'ai dit comme Brutus, à la dernière page : Science, tu n'es qu'un nom.

1>F, LA TilidMIPKfiIE. 497

Un autre savant non moins illustre, par lequel pendant quarante ans l'ornithologie a juré, le Hollandais Temmynck, qui a baptisé de son nom tant de bètes, le Hollandais Temmynck a fait du même dronte un manchot, probablement pour ne pas dire comme l'autre. Lesson, désireux au contraire de rester bien avec tout le monde, n'est pas très-éloigné d'accepter le moule en litige pour un vautour, un Struthiox ou un... dinde. Gray en fait une... colombe et Latham une... autruche. Le plus avisé de tous est Cuvier qui le range dans son ordre des Gallinacés. Bien fin qui interdirait à une bète le droit de s'abriter sous ce pavillon neutre qui couvre la marchandise.

Le dronte ne fut, de son vivant, ni manchot, ni vautour, ni struthion, ni colombe. Ce fut tout simplement un coureur tétradactylesans ailes àqui la nature avait donné mission de se tenir à la pointe extrême de son ordre pour faire pendant à l'Autruche et opérer le ralliement des extrêmes. Yoilà la vérité et toute la vérité !

Nous plaçons ici sous les yeux du lecteur le tableau général de l'ordre avant d'aborder l'histoire des espèces de France.

Z^ ORDRE. DROMiPÉDIE (GALLINACÉS).

Aptlridrumie

Steppidromie.

Tardipennle

Cilipennie.

GENRES

F.pè.e

Aiitruclie, Nandou,

r.asoar, Éiiieu,

Outarde,

Eudromie,

Nùtluire,

Tinamou,

Ryncliole,

Torlicelle,

Ganga, Syrrapthe, Turnicigralle, Tuiiiix,

Am

OKNITHOLOCIE PASSIONNFLLr:.

sÉniES.

AnvlDROMIE.

SUJIMIDROMIE.

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