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tion suprême du mouvement social la femelle, l'êlre producteur et travailleur par excellence.
Car nous comprenons tous d'instinct que la femme est une créature plus parfaite que l'homme ; et nous ne l'adorerions pas si elle ne valait pas mieux que nous et nous ne la chargerions pas de porter à Dieu nos prières, si nous ne savions pas sa parole plus agréable à Dieu.
Nous croyons à la supériorité de l'essence féminine, parce que cette supériorité nous frappe comme elle frappe les bêtes ; parce que c'est la femme qui porte plus particulièrement le caractère de l'humanité, parce que nous sentons que la femme, qui est sortie des mains du Créateur après l'homme, a été faite pour commander à celui-ci, comme celui-ci est né pour commander aux bêtes qui sont venues avant lui. C'est pour cela que nous cherchons toujours, quand nous sommes jeunes et purs, à deviner les désirs de la femme pour prévenir ses ordres. Si c'est possible, c'est fait; si c'est impossible, on le fera.
Et dans notre soif ardente de justice et de bonheur, nous honorons l'oiseau du courage qu'il a eu, et que nous n'avons pas encore, de professer hardiment ses opinions passionnelles et de proclamer la supériorité du sexe qui attire sur le sexe qui est attiré.
L'oiseau est, en effet, de tous les êtres parlants le premier qui ait dit :
Le bonheur des individus et le rang des espèces sont en raison directe de l'autorité féminine... et inverse de la masculine.
L'homme n'aurait pas trouvé une formule aussi simple et tenant en aussi peu de mots tant de choses, entre autres le secret des destinées heureuses et la loi du mouvement universel.
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En ornithologie passionnelle, nous appelons cette formule la Formule du Gerfaut.
Le Gerfaut est un magnifique oiseau blanc chaussé d'éperons d'or. C'est le plus fort, le plus beau et le plus brave des faucons. La race des faucons est une race d'élite aussi remarquable par sa bravoure et son intelligence que par la puissance de son vol, et la première naturellement qui se soit ralliée à l'homme. Le Gerfaut tient la tète dans l'ordre des oiseaux supérieurs , et porte la parole pour l'immense majorité des espèces dans toute occasion solennelle.
La formule du gerfaut est claire comme eau de roche et simple comme bonjour. Il est fort probable néanmoins que jfamais la sagesse des hommes n'a écrit dans aucun décalogue, dans aucun traité de législation ou de philosophie, dans aucun code, dans aucune charte, une proposition qui approche de celle-ci pour la sagesse et la fécondité, qui lui soit comparable pour le grandiose et la majesté du principe, pour l'ubicuité et l'immensité des conséquences.
La formule du gerfaut contient toute la science et toute l'histoire de l'avenir,... plus celle du passé,... plus la solution immédiate et radicale de toutes les questions épineuses auxquelles cette pauvre humanité se déchire depuis six mille ans, religion, politique, beaux-arts, littérature, etc., etc.
Je ne jalouse pas la sépulture de Newton, dont la dépouille mortelle a l'honneur de dormir dans le caveau des rois, côte à côte de celle de Georges III l'imbécile; et je m'incline avec respect devant le nom du puissant géomètre qui découvrit que l'attraction sidérale agissait en raison directe des masses et inverse du carré des distances. Mais je me demande ingénument ce que l'on fera
LE .MONDE DES OISEAUX. il
pour les découvreurs des lois du monde passionnel, si l'on décerne de tels honneurs aux découvreurs des lois du monde matériel. Car, enfin, il faut bien se pénétrer de cette grande vérité, à savoir... que le mouvement passionnel est tout dans l'univers, et le mouvement matériel pas grand' chose ; et que la plus minime découverte de l'ordre pivotai a mille fois plus d'importance pour une humanité que la découverte de tout l'ensemble du système matériel. Les habitants d'une planète comme la nôtre peuvent parfaitement se passer de savoir que leur domicile tourne autour du soleil avec une vitesse de cent mille kilomètres à l'heure. Cette ignorance leur va m.ême d'autant mieux qu'il leur est à peu près impossible de concilier l'idée de cette rapidité prodigieuse avec le fait de leur immobilité apparente; mais ce qui est formellement interdit à ces humains, c'est de vivre heureux une minute en dehors de la connaissance des lois de l'ordre passionnel. Donc, qu'on m'apporte un bout de vérité morale qui réussisse seulement à supprimer le héros, le bourreau et le mouchard, et je proclamerai rapporteur de cette bonne nouvelle plus grand à lui tout seul que Newton, etKeppler, et Galilée, et Laplace, et que tous les flâneurs du firmament qui s'amusent aux bagatelles des astres. Si le Christ n'avait fait que révéler aux hommes les lois du mouvement sidéral, il est probable que personne de nous ne l'eût reconnu fils de Dieu. Il y a du monde moral au monde matériel toute la différence qui sépare Jésus-Christ de Newton.
Ces considérations, qui ont échappé jusqu'ici à un trop grand nombre de penseurs, sont grandes comme le monde, et il importe d'autant plus d'en signaler la gravité pyramidale que les lois du mouvement matériel sont en antagonisme direct avec celles du mouvement passionnel. Je veux dire que la loi de gravitation ne gouverne que la
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partie terraqaeiise de notre corps, et que notre esprit aspire aussi énergiquement à monter que notre corps à descendre, et que tout ce qui constitue en nous l'essence delà vie aromale, la pensée, l'amour, les fluides électrique, magnétique et autres, est en révolte permanente contre la géométrie. Je ne ne veux pas démontrer sur-le-champ ces deux ou trois propositions, parce que la démonstration pourrait entraîner de gros livres, mais je crois qu'il me sulfira d'arrêter au passage les deux premiers faits venus pour constater l'antagonisme des deux mouvements et en déduire logiquement la preuve que la loi newtonienne, très-bonne à consulter pour l'intelligence de la méca^ nique céleste, n'est propre qu'à égarer les consciences dans la recherche des lois du monde passionnel. .J'appelle en témoignage Gupidon et Plutus, deux divinités qui habitent les deux points les plus opposés de l'horizon de ce monde, pour qu'on ne m'accuse pas de ne jamais faire entendre qu'une cloche et qu'un son.
La loi de Newton, ai-je dit, n'est que la loi de l'attraction matérielle, et elle établit que cette puissance agit en raison directe des masses.
Or, l'idée d'appliquer à l'amour la loi de l'attraction proportionnelle qm poids ou à la masse a par elle-même quelque chose de si burlesque, que je ne sais pas si l'on trouverait parmi les géomètres les plus déterminés une seule bouche pour la formuler. Il est certain que l'amour aurait ici beau jeu pour se railler de la géométrie et pour lui riposter que la mathématique sidérale n'a pas le sens commun. On a bien vu quelquefois en Turquie de stupides Schahabahams acheter au poids des odalisques trèslourdes, et prouver par là que, pour certains, l'attraction féminine agit en raison directe du poids et du volume; mais, si la proposition est vraie pour ce pays