‹ l'esprit des OrientauxChapitre 201 sur 214 · VERTUS (RÉCOMPENSE DES) DISCOURS IMPÉRIAL AIX FONCTIONNAIRES · texte numérisé non relu

VERTUS (RÉCOMPENSE DES) DISCOURS IMPÉRIAL AIX FONCTIONNAIRES

Le jugement du Ciel est juste : il ne protège queles hommes honnêtes, et ne laisse aucune bonne action

sans récompense : toujours lu peine poursuit le criuKî. Le Ciel est toujours présent, toujours près de nous, toujours devant nos yeux, toujours devant nos pensées. Élevons-nous vers lui nos regards, il est là. Lui adressons-nous nos pensées, il est là.

Il n'a point d'égard aux personnes, il ne compte ni les rangs ni la naissance, il pèse dans la même balance les actions des rois et celles des mercenaires. Chacun reçoit suivant ses œuvres. As-tu semé du riz, tu recueilleras du riz. As-tu semé du millet, tu recueilleras du millet.

Toi-même es maitre de ton sort, toi-même peux choisir le bien et le mal. Sonde ton cœur, scrute ta conscience : est-ce la justice, est-ce la passion qui te conduit? Si tu fais du mal à quelqu'un, mais avec justice ; si tu le prives justement, môme de la vie, tu dois espérer le bonheur, puisque tu observes la justice et les lois. Fais-tu du bien par passion, est-ce par passion que tu as sauvé la vie à ton concitoyen, tu ne dois attendre aucune récompense, tu dois même craindre la vengeance du Ciel.

Les passions humaines ont un empire bien plus étendu qu'on ne pense : elles ne sont pas toujours unies à l'injustice, à l'hypocrisie, à la cupidité, à l'avarice, à l'envie : c'est par elles souvent qu'on cherche la gloire et l'honneur, qu'on obtient des éloges, (ju'on acquiert de la considération, qu'on parvient aux dignités, qu'iui seconde les vues du souverain, qu'on travaille à recommander son nom aux siècles à venir.

Conservez toujours la vérité dans votre cœur : donnez-lni pour <j:arde la prudence; rejettcz la passion.

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observez la justice : c'est ainsi que vous plairez au Ciel, c'est ainsi ([\\\\ nV'iiircra dans votre âme aucune pensée contraire à Téquité. Le Ciel vous protégera d'une manière invisible et vous conservera le bonheur.

Il me reste un reproche à vous l'aire. Si je vous accorde quelque récompense, si je paye vos services de ([uelque gratification, c'est à moi seul que vous rendez grâce. Ne savcz-vous pns que je ne vous donne rien qui m'appartienne? C'est la sueur ensanglantée du peuple, c'est la moelle du malheureux cultivateur que je vous distribue.

On implore le souverain, on sollicite les grands, on ne pense qu'à obtenir des grâces ; mais on néglige d'aider le peuple, d'éclairer le cultivateur, de lui procurer l'abondance. Et l'on se croit innocent! et l'on dort d'un sommeil paisible ! et l'on n'éprouve pas de remords !

Notre devoir est renfermé dans un seul point : c'est de nous rendre utiles à la patrie et de suivre les lois de la justice. (L'empereur Young-Tching — traduit du mantcliou par Léontief et Lévesque)

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