‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement: dansChapitre 12 sur 87 · INTRODUCTION. — TITRE H. — CHAP. H · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. — TITRE H. — CHAP. H

a point {*<^). HtTGO, il est vrai, dans sa célèbre histoire du droit, réunit l'histoire interne et l'histoire externe du droit, il traite les deux dans les mêmes périodes , mais la liaison même qu'il découvre entre elles et les périodes qu*il établit sont de la nature la plus arbitraire : c'est lui précisément qui a poussé le système de morcellement à son plus haut degré ('0-

('^) Je n'ai point à examiner ici si ce procédé ne peut être justifié par des raisons métiiodologiques , an point de vue de l'enseignement académique. Il est certain, du reste , que la littérature juridique n'est pas exclusivement au service de cet enseignement.

('*) Les périodes de Huoo ne sont autre chose que des stations où les diverses institutions viennent se joindre , et d'où , lorsqu'elles sont parvenues à y converger toutes , elles poursuivent de nouveau , chacune de son côté , leur développement indépendant. Aucune institution ne se préoccupe- des autres y elles n'ont qu'un seul point de commun, c'est qu'elles doivent se retrouver à la même station. Plus d'une certainement, demanderait à rencontrer plus tôt un point d'arrêt; d'autres., dont la marche ne fait que commencer préféreraient dépasser quelque peu la station : mais non ! les unes et les autres doivent attendre au point que Huoo leur a assigné. Hugo vante dans ses stations l'avantage que l'on cherche, en effet, à atteindre le plus possible dans les stations de poste , c'est qu'elles . sont à distances égales : il tente de séduire le lecteur par cette observation que : « c'est presqu'uniquement pour la facilité du lecteur (et un peu aussi » pour mettre en relief certains événements) que l'on fait des subdivisions, » quels que soient leur nombre et leur nature. » Il paraît partir de cette idée que les forces de la pauvre nature humaine sont insuffisantes pour lui permettre de marcher de conserve avec l'histoire , qui continue sans fatigue , sa course non interrompue. Tout dépendrait d'après ce procédé des forces du lect-eur ; et lorsqu'on hésitera à lui laisser prendre haleine à Cicé- v ron ou à Auguste , à Alexandre Sévère ou à Constantin, on pourrait même encore l'interroger sur ses prédilections envers l'un ou l'antre de ces personnages.

Comparée à l'arbitraire de la méthode de Huoo et à son système de morcellement, la méthode dominante qui laisse chaque institution accomplir son évolution isolée, toute entière, mais au moins sans interruption, mérite évidemment encore la préférence ; si elle ne nous donne pas l'histoire du droit , elle nous donne au moins l'histoire des diverses institutions du droit.

MÉTHODE. — NOTION DE l'HISTOIBE. § 5 65

Mais esiril exact que les diverses institutions ne se développent point d^une manière homogène? Serait-il pos^bleque celle-ci f&t au service de telle idée, celle-là au service de telle autre? Ou, si au fond de toutes les institutions se retrouvent les mêmes idées, peut-on admettre que celles-ci se succèdent pour telle institution dans tel ordre, pour telle autre dans un ordre diamétralement opposé? S'il en était ainsi, il ne pourrait être question - d^une histoire du droit, car là où chaque partie se meut d'une manière indépendante, il n^y a plus ni ensemble ni unité.

Une histoire du droit suppose nécessairement une certaine proportionnalité et une certaine simultanéité dans la marche des diverse institutions. Ces conditions existent, seulement il importe de ne pas se laisser abuser par de fausses apparences. Si on ne parvient pas toujours à constater Texistence de ces conditions, c'est qu'on les traite d'une façon trop mécanique , qu'on perd de vue l'égalité interne des forces motrices , pour ne s'attacher qu'à l'égalité externe des formes sous lesquelles elles se manifestent, c'est qu'on détermine enfin la simultanéité d'après ifne mesure trop étroite pour le droit.

Examinons ces deux points séparément.

r. Homogénéité du mouvement historique

Nul ne contestera qu'un organisme puisse être atteint d'une infirmité, puisse être l'objet d'une transformation totale sans qu'aucun symptôme n'affecte telle ou telle de ses parties les moins essentielles. Alors donc que nous parlons d'une rénovation entière de l'organisme du droit , aucun homme intelligent n'exigera que nous la lui démontrions dans chacun des atomes de cet organisme. Les idées fondamentales qui ont amené cette rénovation , peuvent ne pas se manifester dans certaines parties du droit, parce que celles-ci n'ont point de réaction sur elles.

L'observation que les mêmes phénomènes ne se reproduisent

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