I. PRINCIPE DE PAMILLE. — L^INDIYIBn
une conséquence si nécessaire du droit tont entier, qu'en Tab* sence même de tous témoignages positifs , nous pourrions la supposer avec la plus entière certitude (^^). La reconnaissance de la capacité civile de l'étranger suppose une séparation complète du droit privé et du droit public , ainsi que leur indépendance réciproque. Nous avons vu , au contraire , que ces deux faces du droit sont à Torigine confondues Tune avec Tautre, et que ridée de la protection juridique due par l'État est rattachée à ridée d'une convention conclue avec lui. Comment un étranger aurait-il pu réclamer la protection du peuple romain ou des magistrats , alors que les titoyens eux-mêmes devaient se la faire garantir expressément? Gomment aurait-il pu invoquer les lois romaines qui n'étaient qu'un accord des citoyens romains entre eux; comment aurait-il pu participer à des institutions qu'ils avaient introduites pour eux seuls ?
A Rome il n'y a de droit , comme il n'y a un État , que pour les Romains, ou pour parler plus exactement, le droit est circonscrit à la communauté des gentils. Oentilité et pleine capacité civile , défaut de la gentilité et complète incapacité civile , sont à l'origine équivalents. Il n'y a pas , en principe , de degrés dans la capacité civile. Celui-là seul est ingenuus (de geno y gigno) ({xà fait partie de la ^^s ; celui qui n'en fait point partie est sans droit, eœtrarius est, qui extra focum, sacramentum jusque sit (*^^}. Son exclusion est totale ; la religion même ne lui donne pas accès , car elle aussi , elle est une institution de
(iM) £iie 86 retrouve partout comme on le sait ; en Allemagne aussi la paix devait être effectuée, et dans le droit turc règne encore aujourd'hui la théorie que les biens des fferbi, c'est-à-dire de tous les infidèles qui ne sont pas soumis aux Musulmans et ne paient point de Jûjettijeh, ainsi que leur personne, sont muboh, c'est-àr-dire légalement concédés comme propriétés libres, aux Musulmans, von Tobvauw, Dos mosl, Recht, Leipz., 1856, p. 62.
(»••) Festxjs Bub voce esetrarium.
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rÉtat. Par un étrange effet du hasard le mot egens exprime précisément la. condition Vex^ens, et les Romains dérivaient en effet le mot egens de gens ("^). La langue latine nous à conservé une trace incontestable de cette manière de voir dans le mot Tiostis , qui signifie originairement , Vfiôte, Tétranger et Tennemi {*^*). La double signification de ce mot exprime parfaitement Tincertitude du sort de Tétranger, qui pouvait s'attendre aussi bien à être traité en hôte qu^en ennemi {*''*).
 cette privation originaire de tout droit pour Pétranger se rattache Thorreur qu'inspirait Texil à Tantiquité. L'exil de nos jours n'est que Tombre de celui de l'antiquité; ce n'est plus qu'un changement de résidence, la perte de la patrie. Cette peine n'enlève pas le bonheur lui-même, mais seulement la forme locale sous laquelle on en a joui; la personnalité de l'exilé est
(170) Festus Bub voce egens velut exgen», eux ne gens quidem sit reîiqua. Cette étymologie n'est pas impossible : il y en a des exemples. Ainsi iners (de ars)^ de-fnens, etc., et sans le verbe egeo, on ne serait point tenté d'en chercher une antre.
(17 i) ffostis est le même mot que le gotii. gasts et le hant allem. moyen gast. Ces deux mots ont la même double signification. Sur la parenté du g et de 1'^, v. Pott, l. c, t. I, p. 143, et sur la dérivation probable du sanscrit ghas, manger, ibid. p. 279. Le sens originaire de ces mots serait donc : celui gm est traité, régalé. Hostire (tuer) et hostia (victime) se sont, il est vrai, fort éloignés de ce sens. — Th. Mouhsbit, Bôm. Forschungen, t. 1, 2* édit. (1864), p. 826 s. partage l'avis de G. Gubtius que hostis^ goth. gast'S, slav. eccl. gosti, a le sens originaii^ d'étranger (de pAa« manger sa convive de la fSomille) et hospes = hospe{t)s, hostispetens^ l'étranger demandant l'hospitalité. Momksbn s'écarte légèrement de cette opinion.
{"*) Cttrtius, /. c, explique cette coïncidence en disant que l'existence d'un mot particulier (Ju>spes) pour désigner l'étranger désirant l'hospitalité, a fait restreindre avec le temps le mot hostis à la sigpiification d'ennemi. Mais il ne pouvait assurément acquérir cette signifi(»tion exclusive que si les mots: étranger, hôte et ennemi avaient quelque analogie dans l'esprit du peuple.