TOMB I
322 L. I. — T. n. — RAPP. DE L'ESFR. BOX. A7E0 LES PBINCXPES
satiable génie de Fëgolsme romain sacrifie tout à son but, le bonheur et le sang des citoyens romains aussi bien que la na* tionalité des peuples étrangers; le sentiment et Timagination reculent d Wroi devant son souffle glacial , les grâces fuient sa. présence; pour lui le but seul a du prix, les moyens de l'atteindre ont seuls de la valeur. Le monde qui lui appartient est un empire glacé, privé des biens les plus beaux, un monde de maximes et de règles abstraites. C'est une mécanique gigantesque, admirable par sa solidité, son mouvement uniforme et la sûreté de son action, par la force qu'elle déploie, broyant tou& les obstacles; mais ce n'est qu*une machine; son maître était ea même temps son esclave.
Les considérations précédentes nous ramènent au véritable objet de ce livre, au droit, et nous allons nous occuper de la. prédestination du peuple romain pour la culture du droit Le droit est le point culminant du monde romain. Celui qui veut connaître ce monde et l'esprit romain doit s'élever jusque là. Il nous montre en pleine lumière non-seulement les sentiments, et les idées des Romains, mais leur nature morale et intellectuelle toute entière. Celui qui sait déchiffrer le droit, y apprend plus sur le compte des Romains, que ne pourraient lui révéler les enseignements de tous leurs historiens.
Ce que nous avons dit ci-dessus au siget de l'essence de l'esprit romain explique la cause et la nature de sa vocation spéciale pour la culture du droit. Le droit est la religion de régoïsme ('^O^ ^^ droit, l'idée de l'opportunité objective peut et doit se manifester, sinon d'une manière absolue, du moins à un degré très élevé; c'est précisément en ce sens que l'esprit romain a compris et développé le droit Depuis les temps les-
(>i7) Cette expression a été mal comprise par Bôdbb, Orundtûffe des- NaturrechU, t. I, p. 61, 2* éd. allem. Je ne veux pas rendre par là, ainsi qu'il le croit, l'essence du droit en lui-même, mais la manière dont l'égbisme le conçoit.