‹ L'Ésprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 4)Chapitre 133 sur 136 · II. REVUE RÉTROSPECTIVE · texte numérisé non relu

II. REVUE RÉTROSPECTIVE

Le principe militaire perd ainsi son importance originaire, dans les époques suivantes, tout comme le principe religieux et celui de la famille. Mais le phénomène que nous avons observé tout à l'heure se renouvelle ici encore : les institutions extérieures et les formes se perpétuent. L'assemblée du peuple conserve la direction de l'armée; une foule de réminiscences de l'ancien temps nous rappellent constamment que le peuple était dans l'origine une armée. C'est ainsi que malgré l'expulsion des rois par les magistrats, le pouvoir de ceux-ci continue à se rattacher au commandement militaire suprême du roi, au moyen de Vimperium. Mais cet Imperium était énervé, au moins pour les autorités civiles de la ville de Rome. Il ne reprenait sa forme originaire qu'en cas de nécessité , même à l'intérieur de la ville, dans la personne du dictateur. L'instinct politique des Romains leur faisait sentir que la puissance royale n'avait pas été absolument condamnable, que les abus dont elle s'était rendue coupable, ne dépendaient que de ce qu'elle était à vie; qu'au contraire son rétablissement momentané , qui n'offrait pas le danger d'un abus possible, était l'unique moyen de salut dans les moments d'extrême danger. De cette manière, la constitution romaine . à côté du système régulier de la division des pouvoirs, conserva la possibilité de les concentrer tous dans les mains d'un seul. Elle concilia avec tous les avantages des institutions républicaines l'action prompte de la monarchie absolue. Dans les camps, Ximperium conserva intacte son antique vigueur, et pendant plusieurs siècles encore , chaque génération passa , au moins pendant sa jeunesse , par la bienfaisante école de l'éducation militaire. Le service militaire était le premier degré et la préparation du service public proprement dit.

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