‹ L'Ésprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 4)Chapitre 132 sur 136 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

35 1 h. I. — T. II. — EAPP. DE l'eSPB. ROM. AVEC LES PRINCIPES

plus tranchée avec le principe de la famille. Établir la fortune comme la mesure des droits et des devoirs politiques, c'était porter la hache dans les racines mêmes de l'union politique

des races.

L'importance du principe militaire n'était point, ainsi que nous l'avons vu, d'avoir eu pour objet la constitution militaire du peuple romain ; elle ne résidait point dans son côté technique et militaire : elle avait pour objet son côté moral et politique. Au moyen de la discipline rigoureuse que le service militaire imposait , le principe militaire avait façonné le peuple à la discipline, à la loi, et à l'ordre. Son importance ne fut également que passagère à ce point de vue. Non pas que je méconnaisse que, plus tard même , le sentiment de la légalité , chez les Romains, puisa encore ses meilleures forces à la source à laquelle il a dû, à mon avis, son origine. Il n'y a pas, en effet, pour les peuples, de moyen plus efficace de conserver toujours ce sentiment, que le service militaire obligatoire. Mais je crois que cette fonction originaire de la constitution militaire, de servir de moyen d'éducation politique au peuple, en l'habituant à la loi et à l'ordre , à la discipline et à l'obéissance , était épuisée une fois ce but atteint. Un ramassis d'aventuriers, tel que la légende représente la population primitive de Rome , non habitué à la loi et à l'ordre , avait besoin de la règle de fer de la discipline militaire , pour se plier à la discipline et à l'obéissance ; mais ce que le père a appris profite au fils , ce qu'apprend celui-ci profite au petit-fils , et l'arrière petit-fils , dans la famille des soldats , est déjà un bon citoyen, s'il n'est pas lui-même soldat. Pour Rome aussi, vint le moment où chaque soldat fut un citoyen, où le magistrat n'eût plus besoin de l'appui du chef d'armée pour maintenir l'autorité qui lui était nécessaire, l'instant, où en un mot, l'État put voler de ses propres aîles, parce que l'intelligence de la loi et de l'ordre était devenue le patrimoine de tous. Dès ce moment la constitution militaire passa au second plan ; elle n'était plus l'État lui-même , elle restait une institution dans sa main.

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