I. PKINCIPE DE FAMILLE. — GENTES
Ce moyen de punition négatif compensait ainsi complètement l'absence d'un pouvoir criminel positif chez la gens, ou plutôt il impliquait ce pouvoir, dans ses conséquences, de la même manière que l'excommunication , au moyen-âge , impliquait le droit de punir de l'Église, La gens acquérait ainsi le moyen d'exercer un pouvoir censorial sur chacun de ses membres, et de restreindre indirectement, de la manière la plus efficace , la liberté en quelque sorte illimitée — en théorie — de l'individu. Il est permis de croire qu'il en a été fait un large usage. C'était là une idée véritablement romaine : la liberté individuelle ne devait pas être juridiquement restreinte à cause d'un abus possible , mais les abus devaient être empêchés d'une autre manière par la police des mœurs accordée au censeur. Si cette ingérence du censeur dans la vie privée, si étrange au point de vue de nos idées modernes, ne répugnait pas au sentiment romain, même à l'époque du plus grand développement de la liberté , elle est encore bien plus conforme aux idées de l'époque ancienne. Ce qui l'explique, c'est que d'une part cette idée générale est patriarcale et d'une simplicité primitive; que d'autre part, et surtout, le pouvoir censorial est infiniment plus conforme à l'ancienne constitution de la gentilité , qu'à la constitution postérieure. Qu'un fonctionnaire public demande compte au citoyen de sa négligence, de sa légèreté, etc., le fait est bien plus pénible, il porte une atteinte bien plus directe à la sphère juridique du particulier, que lorsque ce sont des associés qui s'en chargent, appelés eux-mêmes pour le soutenir en cas de besoin. Pour ceux-ci, c'est un moyen de sécurité commandé par leur propre intérêt et par le soin de la bonne renommée de leur association ; ce sont des membres de sa famille
de voir de l'époque antique, c'est que la peine que celui qui prête serment appelle sur sa tête pour le cas de parjure, consiste aussi dans Y exclusion . Festus, sub Lapidem : Arce bonisque ejiciat. V. pour plus de détails, Polybe, III, 25, £7Tt twv ioîwv /Sîwv, izpw TX'fo» kyù pavot ixitkaoïf/.i. Danz, Der sacrale Schutz, p. 13 S.