CHAP. I. — 8E0T. 2. — A. BUT DE LA TECHNIQUE
de 8a correction , mais sa mise en pratique est assurée. Cigébon (de off., m, 17,) exprime en termes excellents la dijflPérence entre l'expression philosophique abstraite, et l'expression juridique pratique d'une seule et même idée: Aliter legesy aliter philosophi tollunt astiUias; leçes, quatenus manu tenere possurU, phUosophi , quatenus ratione et intelligentia. Assurer et faciliter l'application du droit abstrait aux cas concrets, ou plutôt le faire entrer dans la pratique juridique, est la seconde opération capitale que poursuit la technique. Les exemples que j'ai cités suffisent à expliquer son influence sur la construction même des règles de droit, sans qu'il faille entrer dans de plus amples développements. Ce point, du reste, a déjà été traité précédemment, (t. I, p. 51).
Il nous reste à examiner le premier des deux problèmes de la technique : la simplification du droit quant à tous les éléments qui le composent , envisagés sous le rapport de leur qualité comme sous le rapport de leur quantité.
L'intelligence d'un côté, la mémoire de l'autre, aident à acquérir la connaissance du droit La nature même des droits règle le travail plus ou moins prédominant de l'une ou l'autre de ces forces intellectuelles. Certains droits réclament les eiforts de l'intelligence, plutôt que ceux de la mémoire; pour certains autres la mémoire suffit : il en est dont l'étude ne requiert qu'une tension légère de l'intelligence, et de la mémoire; il en est d'autres qui exigent un travail laborieux. En général, l'importance du rôle de la mémoire dépend de la somme Ou quantité des éléments qui composent les droits, tandis que le rôle de l'intelligence est en rapport avec la qualité de ces éléments.
La facilité ou la difficulté de la connaissance du droit ne présente pas seulement un intérêt purement subjectif : l'administration même de la justice y donne une importance toute objective. Si celui qui doit appliquer le droit, et qui doit donc l'apprendre, se trouve arrêté par suite du développement qu'il a acquis , à cause de l'obscurité ou de l'incertitude qui y règne ,
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pour Tembrasser dans son ensemble, ou pour en saisir tx)ute la portée, Tapplication même du droit laissera à délirer, lors même que le sujet y déploierait toute son activité et toute sa pénétration. L'intérêt du juge et celui du commerce juridique marchent ici de pair. H est donc fort important pour la pratique de rechercher si le juriste peut facilement se rendre maître de la matière du droit.
La simplification quantitative et qualitative, voilà la formule au moyen de laquelle le juriste conquiert le domaine intellectuel sur le droit : elle résume toute la tâche de la technique juridique dans cet ordre d'idées.
L La simplification quantitative tend à diminuer la masse des matériaux , bien entendu sans porter préjudice aux résultats à atteindre. Faire le plus possible avec le moins d'éléments possible, telle est sa loi: plus le matériel est restreint, plus il est aisé à manier.
On pourrait l'appeler encore la loi de V économie et j'y vois pour ma part une des lois vitales de la jurisprudence. Toute jurisprudence qui l'ignore, c'est-à-dire qui ne sait pas économiser les matériaux, est écrasée sous leur masse toujours croissante et succombe sous le poids de sa propre richesse. La connaissance de cette loi est absolument indispensable i)0ur l'intelligence exacte de la technique romaine antique. Les opérations techniques suivantes viennent affirmer sa généralité. Les deux premières seront soumises à un examen plus approfondi dans les paragraphes suivants :
L L'analyse de la matière ou sa réduction à ses parties fondamentales simples (§ 44).