‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relationsChapitre 29 sur 137 · I.OI DE STIMULATION OU D’EXERCICE · texte numérisé non relu

I.OI DE STIMULATION OU D’EXERCICE

Stimuler ou exciter les nerfs, en tenant compte de leur état , est une source de plaisir ; dépasser cette limite produit la souffrance.

La simple présence de la nourriture, c’est-à-dire du sang, ne provoque pas toute l’activité nerveuse à laquelle le sang peut suffire et que les nerfs peuvent entretenir sans danger; ce qui est exact, c’est plutôt que le sang donne la force que réclament les courants nerveux excités. Or, cette excitation, lorsqu’elle ne dépasse pas un certain degré, est une cause de plaisir, tandis qu’il y a un degré qui est toujours une souffrance; ces deux points varient d’ailleurs avec l’état du sujet.

Si nous commençons par étudier la souffrance, nous citerons comme deux de ses circonstances principales le conflit et l’intensité.

Dire que toutes les stimulations qui se contrarient sont une cause de souffrance, c’est simplement énoncer une conséquence du principe précédent. Tout conflit est une perte de force vitale, et doit être accompagné d’abatte-

ment moral. Cette maxime simple et évidente résume une foule de faits établis par l’expérience ; elle s’applique au plaisir de l’harmonie, et à la souffrance que causent des sons discordants ; au plaisir de suivre librement toutes nos impulsions, et à la souffrance de la contrainte et de l’insuccès; au plaisir de constater la ressemblance, l’accord, la conséquence et l’unité, et à la souffrance que causent l’inconséquence et la contradiction.

Passons maintenant à l’intensité. Les stimulations violentes, excessives et brusques amènent la souffrance pour différents motifs. Elles sont en opposition avec la loi qui rattache le plaisir à l’énergie vitale, et produisent un épuisement momentané du pouvoir des nerfs qu’elles affectent; on peut dire en outre, qu’elles entrent en lutte avec les courants existant alors dans le cerveau, lesquels ne peuvent prendre instantanément une vitesse et une direction nouvelles. Ainsi, quoique ces stimulations, considérées d’après le principe général de la relativité, donnent naissance à une sensation forte, elles ne remplissent pas les conditions des sensations de plaisir.

Conflit et violence ! voilà donc les deux principaux caractères de la stimulation douloureuse, caractères qui expliquent un très-grànd nombre de nos souffrances. Dans presque toutes, sinon toutes, les sensations douloureuses de trois de nos sens, le toucher, l’ouïe et la vue, la souffrance vient ou d’une discordance ou d’un excès. La douleur vive produite par un coup sur la peau, par le sifflet d’une locomotive trop près de l’oreille, par une lumière qui éblouit les yeux, ne vient que du degré ou de l’excès de la stimulation. Pour l’ouïe et la vue, il y a en

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