GROUPEMENTS COMPLIQUÉS
tinctif 5t l’impression la plus ordinaire sur l’œil ou sur l’oreille, il faut ordinairement la réunion de quatre, cinq, six, sept impressions séparées, ou d’un plus grand nombre encore; exemple, les lettres d’un mot. les caractères d’un meuble, les traits d’une personne. D’ailleurs, chacune de ces impressions élémentaires — une lettre de l'alphabet, une forme ronde ou carrée, — est déjà par ellemême une combinaison complexe. Aussi le nombre des fibres et des cellules qui doivent agir avant que tous les éléments ne puissent converger en un groupe de cellules en rapport direct avec un appareil moteur, ou avec quelque autre groupe intérieur, — doit-il être nécessairement
très-grand ; et, sans le nombre immense de fibres et de cellules dont nous avons démontré l'existence dans le cerveau, il semblerait impossible d'assigner à chaque impression et à chaque idée séparée un appareil physique séparé aussi.
Passons maintenant aux intensités inégales avec les-
quelles les mêmes nerfs peuvent être stimulés : — la fibre a, faiblement stimulée communique avec X; la même fibre, stimulée plus fortement communique avec Y; enfin, plus fortement stimulée encore, elle communique avec Z. Quand vous goûtez une tasse de thé, une certaine sensation vous fait prononcer le mot « faible; » une sensation plus forte, qui affecte les mêmes nerfs, vous fait prononcer le mot « bon. » Quand on a l’oreille délicate, les mêmes fibres distinguent bien des nuances dans l’intensité d’un son, et, pour chacune de ces nuances, ces fibres déterminent une expression différente. Or, un courant plus énergique porte ordinairement plus loin, et agit sur un certain nombre de cellules et de fibres qu’un courant plus faible laisse au repos. Les cellules étant considérées comme des points de croisement, — où ,un courant qui parcourt un circuit détermine un courant dans un circuit voisin - — il y a, à chaque point de croisement, une certaine résistance à vaincre, de sorte que le courant plus faible est plus tôt épuisé, et ne peut arriver à la distance qu’atteint le courant plus fort. Ce dernier ressemble à une grosse vague sur le rivage, dont la masse et la vitesse plus grandes nous frappent encore davantage, parce qu’elle dépasse toutes les autres en venant se briser sur le sable. Voici comment nous pouvons représenter cette action :
Un courant d’une certaine intensité exerce une action inductrice (dans le sens électrique de ce mot), disons une fois, pour fixer les idées ; les courants ainsi déterminés ne produisent pas une seconde induction de la même puissance. Un courant faible qui parcourt une certaine ligne de fibres produit , disons cent courants secondaires, et