‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relationsChapitre 46 sur 137 · CONDITIONS PHNSIQOES DE LA MÉMOIRE LM · texte numérisé non relu

CONDITIONS PHNSIQOES DE LA MÉMOIRE LM

de différents degrés de la même impression : nous nous rappelons mieux un objet de plusieurs couleurs, comme un morceau de tartan, que les degrés différents d’une lumière ou d’un son; de même aussi, notre mémoire conserve bien plus de souvenirs de groupes distincts que de degrés différents d’un même effet.

Maintenant que nous avons vu comment chaque nouveau rapport intellectuel qu'exigent nos acquisitions successives, peut avoir sa voie nerveuse spéciale et distincte, il nous reste à examiner les moyens par lesquels les rapports sont maintenus invariablement dans ces voies. Il s’agit donc de déterminer le lien physique que suppose la faculté rétentive de l’esprit que nous nommons mémoire ou souvenir.

Nous savons quelles sont les conditions dans lesquelles nous pouvons faire une acquisition, c’est-à-dire fixer à la fois deux ou plusieurs faits dans notre mémoire. Les impressions séparées doivent se produire ensemble, ou se suivre de très-près; elles doivent rester unies pendant un certain laps de temps, soit une fois, soit à plusieurs reprises. Or, à chaque impression, à chaque sensation ou à chaque pensée correspond, dans l’ordre physique, un groupe ou une série de courants nerveux; lorsque deux impressions se produisent en même temps, ou se suivent de très-près, les courants nerveux trouvent quelque pont, quelque communication plus ou moins favorable, suivant que la substance nerveuse qui la forme est plus ou moins abondante. Dans les cellules ou corpuscules où les courants se rencontrent et s’unissent, il se manifeste, par suite de cette rencontre, une union plus forte ou une résistance moindre, — c’est-à-dire que cette ligne est

désormais suivie de préférence à d’autres où la continuité ne s'est pas produite.

Ce n’est là qu’une explication purement hypothétique des faits; mais elle est cependant très -plausible. Sur la nature et le nombre dos éléments nerveux, nous n’avons fait aucune hypothèse, non plus que sur les liens qui les unissent; et nous ne nous sommes pas écartés des faits, ou du moins d’une forte probabilité, en assignant un chemin spécial et distinct à chacun des courants qui se rattachent à une sensation, à une idée, à une émotion, ou à toute autre impression. Quant au mode exact de l’accroissement plastique qui réunit les impressions séparées, de manière à en faire un seul ensemble dans la mémoire, — nous savons que les corpuscules ou intersections sont les points où cette action se produit; qu’un afflux de sang sain doit contribuer au résultat, et qu’enlin il faut un certain temps pour que l’aetion soit complète. C’est évidemment un phénomène d’accroissement ; mais quant au changement moléculaire exact qui a lieu sur les lignes de communication accrue ou de résistance amoindrie, nous pouvons seulement en dire, qu’il augmente le pouvoir conducteur de ces lignes comparées aux voies collatérales sur lesquelles aucune action de ce genre ne s'est produite *.

1. Dans cet essai d’une esquisse, de l’appareil correspondant à nos lonctions intellectuelles dans le système cérébral, je dois beaucoup à l’aide que m’ont fournie les idées et les figures du docteur Lionel Beale. Presque toutes les vues qui lui appartiennent en propre viennent à l’appui de la théorie que l'on vient de lire.

1° Sur la question des communications des cellules nerveuses, le docteur Beale soutieut que toutes les véritables cellules nerveuses se rattachent à des fibres nerveuses et communiquent chacune avec au moins deux de Ces fibres. Les cellules dites apolaires, — qui n’unt

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