‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relationsChapitre 47 sur 137 · L’INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

L’INTELLIGENCE

aucune communication visible avec des fibres, — n’ont de rôle explicable dans aucune des théories proposées jusqu’ici sur l’action nerveuse. De plus, quoiqu'il soit admis qu’une cellule peut n’être en communication qu’avec deux fibres nerveuses, le nombre de ces communications doit être plus considérable pour beaucoup des cellules, car autrement il y aurait dans le cerveau des fibres nerveuses ne partant d’aucun point défini.

2° Au sujet de la petitesse, et par conséquent du nombre des fibres nerveuses élémentaires, le docteur Beale suppose que la fibre appelée élémentaire (fibre à bords foncés, dont le diamètre varie de 1/120* à l/00Ü e de millimètre), n’est peut-être elle-même qu’un faisceau, et que les véritables fibres élémentaires sont représentées par les fibres terminales des ramifications, dont le diamètre est de 1/4000" de millimètre, ou moins encore. Or, si l’on suppose l’existence d’une voie nerveuse distincte, et d’une série distincte de communications pour chaque acquisition intellectuelle distincte, le nombre des fibres doit être proportionné à celui des acquisitions; et, plus nous prouverons que le nombre des fibres est grand, plus l’hypothèse d’un appareil distinct pour chaque acquisition deviendra admissible.

3° Sur le mode de communication des fibres nerveuses avec la cellule, et de ces fibres entre elles par l’intermédiaire de la cellule, la théorie du docteur Beale est très-favorable à notre manière de concevoir les accroissements physiques qui correspondent à la mémoire et à l'acquisition intellectuelle (je parle surtout ici du mémoire qu’il a publié dans les Proceedings de la Société royale, vol. XIII, p. 380, sur la marche des courants nerveux dans les cellules nerveuses). Le docteur Beale a reconnu, dans certaines cellules nerveuses à appendice, une série de lignes qui traversent le corps de la cellule, et se prolongent dans ses branches, ou communiquent avec les nerfs. Il considère ces lignes comme les voies suivies par l’action nerveuse à travers la cellule, et pense que leur substance est probablement un peu différente de celle du reste de la cellule. De cette apparence il rapproche l’idée, — soutenue par lui, mais combattue par d’autres, — que les nerfs se terminent par une boucle, et, par conséquent, forment un circuit nerveux non interrompu I) émet alors l’opinion que la cellule est le lieu où les courbures intérieures d’un grand nombre de circuits indépendants se trouvent très-rapprochées, et exercent les unes sur les autres une action analogue à celle de l’induction électrique. Un quelconque des circuits entrant en action, exciterait par induction tous ceux qui se trouveraient près de lui dans la même cellule (voyez la fig. 3 du mémoire cité plus haut).

Or, si j’admets une disposition de ce genre, je puis supposer que, d’abord, chacun des circuits agirait sur tous les autres sans distinction ; mais que, deux d’entre eux entrant en action d’une manière indépendante et au même instant (ce qui arrive pour toute aequisi-

tion intellectuelle), un rapport plus énergique et une moindre difficulté de communication se produiraient entre ces deux circuits, par suite de la modification de la substance cellulaire qui les sépare; de sorte qu'à partir de ce moment l’induction déterminée par un de ces circuits ne sera plus indifférente, mais exercera, pour ainsi dire, un choix, étant relativement forte pour l’un des circuits voisins, et plus faible pour tous les autres.

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