LE SYSTÈME NERVEUX ET L'INTELLIGENCE
La liste suivante contient les poids des cerveaux de quelques hommes illustres :
Cuvier
1,828 grammes.
Pr Abercrombie
Daniel Wtibster
Lord Campbell
De Morg.in
Gauss
Chez les Européens , Je poids moyen d'un cerveau d'homme est de 1403 gr. ; celui d'un cerveau de femme, de 1247 gr. (Quain, AnatomiSj 7« éd., p. 571.)
Chez les idiots, on a trouvé des cerveaux du poids de 765 gr., 730 gr., 637 gr., 5C0 gr., 517 gr., 425 gr., 368 gr. et 241 gr. D'après le D'' Thurnam (Journal of Mental Science^ année 1866), les cerveaux des aliénés pèsent 2 7 pour cent de moins que la moyenne des cerveaux sains.
L'accord entre le développement du système nerveux et celui des facultés de l'esprit, dans toute la série animale, est suffisamment démontré pour notre argumentation générale. Cet accord n'est pas rigoureux, parce que le système nerveux préside encore à d autres fonctions que les fonctions purement intellectuelles. Pour mettre les muscles en mouvement, il faut une grande quantité de force nerveuse, et les animaux dont les muscles sont grands et actifs ont un développement proportionnel du cerveau. Aussi n'est-ce pas l'homme qui a le cerveau le plus gros, mais bien Téléphant, et, après lui, la baleine, dont la masse énorme exige une dépense proportionnelle d'action musculaire. Le cerveau de l'éléphant pèse de
4 à 5 kilog. On dit qu'un cerveau de baleine pèse de 2,500 à 4000 gr. Une baleine de 22 mètres de long avait un cerveau du poids de 3,500 gr. ; le D^ Struthers a trouvé pour le poids du cerveau d'une jeune baleine de 4 mètres 40 de long, 1,700 gr. ; et pour celui d'une baleine à défense ou licorne de mer, de 5 mètres de long, 1779 gr.
Mais la force nerveuse ne sert pas seulement à produire le mouvement des muscles ; il s'en dépense encore une quantité considérable pour accomplir ou favoriser les différents actes de la vie organique, la digestion, la respiration, la circulation, etc. La meilleure preuve que l'on en puisse donner, est le ralentissement considérable de ces diverses fonctions toutes les fois que la force nerveuse est absorbée par quelque grand effort de Tesprit ou desmuscles.
On a constaté que les hommes de grande taille ont,, en général , un cerveau plus volumineux que les petits hommes.
Si nous comparons l'accroissement de la masse du cerveau à celui de la puissance intellectuelle, nous serons frappés de la faiblesse du premier accroissement par rapport au second. Le cerveau d'un homme ordinaire pèse,, en moyenne, 1360 gr. ; celui d'un homme supérieur atteint rarement le poids de 1828 gr., trouvé pour le cerveau de Guvier. Or, la différence entre la puissance intellectuelle de Guvier et celle d'un homme ordinaire, dépasse beaucoup celle des deux nombres que nous venons d'indiquer. Pour ne parler que de la mémoire, qui est la base de l'intelligence, un homme ordinaire ne pourrait retenir le tiers, le quart, ou peut-être même le dixième