AFFAIBLISSEMENT DES SECONDES IMPRESSIONS
qu'il se produit une sensation assez vive, on voit se produire aussi avec une netteté bien frappante le caractère d'ébullition.
Dans Tétat actuel de nos connaissances, nous ne devons pas risquer une décision formelle entre les deux hypothèses contraires. Il faut attendre quelque expérience décisive; peut-être, après tout, ni Tune ni l'autre n'expriment-elles l'état véritable de la question.
Nous venons de discuter seulement la loi de relativité, de changement ou de passage dans ses rapports avec la perception de l'esprit ou conscience. Mais dans les exemples réels du fait intellectuel que nous avons exprimé plus haut, il se trouve une autre circonstance dont nous n'avons pas fait mention jusqu'ici. Nous avons admis qu'une impression s'affaiblit après avoir duré un certain temps; mais en même temps nous semblions supposer qu'après une cessation où une interruption suffisante elle peut se renouveler avec toute sa force.
Or, parmi les caractères des faits cités à propos de la relativité considérée au point de vue de l'esprit, un des plus remarquables est que jamais la répétition d'un grand choc ou d'une grande émotion, qu'il s'agisse de plaisir, de douleur, ou simplement d'excitation, n'égale complètement le premier effet, même lorsque les nerfs ont eu tout le temps de réparer les forces qu'ils avaient perdues. Toute impression qui se renouvelle perd invariablement une partie de sa force. Telle est l'expression de la loi de nouveauté f loi que nous connaissons tous par expérience.
Il est fort probable que nous n'avons là qu'une phase
nouvelle et plus compliquée de la loi de transition. Nous devons supposer que Torganisme s'accommode à toute situation nouvelle dans laquelle il se trouve; que, grâce à la faculté retentive, cette situation laisse une trace durable, et que, lors d'un choc nouveau, cette modification a pour effet de diminuer l'intervalle de transition, la différence entre l'impression du moment et les attitudes et les dispositions antérieures du système nerveux.
Il est inutile de pousser ces considérations au-delà des limites d'une conjecture générale. Tant que nous ne pourrons pas rendre compte d'une manière plus précise de l'action nerveuse au seul point de vue de la transition, et sans tenir compte des modifications persistantes, il ne faut pas que nous espérions expliquer les cas où les deux circonstances réunies viennent compliquer la question. Néanmoins les hypothèses que nous venons de présenter sur l'action physique offrent un certain degré de probabilité.