CONDITIONS DE L'ABSENCE D'IMPRESSION
de lumière à un autre; c'est là le trait le mieux marqué et le plus caractéristique de la loi de relativité. Or, le degré de la transition est en rapport avec le degré de trouble des courants nerveux, soit qu'il y ait eu réveil des nerfs assoupis, ou changement d'un mouvement régulier auquel le système s'était accommodé.
Nous pouvons considérer de deux façons les circonstances physiques qui accompagnent l'absence d'impressions, laquelle constitue l'état opposé à l'activité de l'esprit. Ou la masse nerveuse dans son ensemble est en repos, c'est-à-dire qu'elle n'est agitée par aucun courant de force nerveuse, ce que l'on peut regarder comme ayant lieu dans son sommeil profond; ou bien il y a toujours des courants, mais ils ont une vitesse égale, fixe et invariable. Il existe des faits et des analogies en faveur des deux manières de voir. La manière de poser la condition physique indispensable à toute impression dépend de celle des deux hypothèses qye nous adopterons.
Pour la première, il semblerait naturel de supposer que les nerfs passent de l'état de repos complet à un état d'activité ou d'excitation plus ou moins grande, selon la stimulation à laquelle ils sont soumis, et qu'il en résulte une impression proportionnée à cette cause; au contraire, l'affaiblissement du stimulant et l'épuisement des nerfs tendent à amener le repos et l'absence d'impression. S'il n'y avait pas de faits indiquant une conclusion différante, nous adopterions celle-ci comme étant le mieux d'accord avec toutes les analogies. Mais il existe des faits qui sont en contradiction avec cette manière de voir. U est rare que le système nerveux puisse s'endormir complètement. Dans un sommeil profond, les actions réflexes persistent;
mais nous pouvons les négliger, parce que ce sont des mouvements inconscients. Cependant, même dans l'état de veille, quoique nous entretenions plus ou moins notre activité, et que nous soyons soumis à Taction de plusieurs sens, il arrive souvent que nous n'avons presque plus conscience ou de Tactivité ou des sensations : il suffit pour produire ce résultat que les mouvements ou les sensations soient en ce moment monotones ou invariables. L'explication la plus plausible que Ton pourrait donner il'un fait si familier semblerait être qu'il existe toujours des courants de force nerveuse, mais que la conscience de ces courants disparaît, dès que leur intensité devient invariable. Un grand nombre des faits les mieux établis au sujet de l'organisme sont favorables à l'hypothèse de l'existence d'un faible courant nerveux dans tous les cas; il ressemblerait, par exemple, à la tension musculaire qui persiste dans le sommeil le plus profond.
Dans cette hypothèse, nous aclmettrions que, quand tous les courants du cerveau se font exactement équilibre, et qu'ils conservent la même intensité, — quand aucun d'eux ne commence, n'augmente et ne diminue — l'im- -pression ou le sentiment est nul, l'esprit est au repos. Tout trouble apporté à cet état de choses réveille momentanément la conscience; un second trouble lui donne un autre choc, et ainsi de suite, la variété des causes d'excitation dans l'état de veille ne permettant jamais d'arriver à l'équiUbre parfait. L'état réellement instable de l'esprit est d'accord avec cette supposition; le courant de nos impressions est plutôt une série d'ébulUtions qu'un mouvement calme et soutenu. Le calme que nous éprouvons réellement vient d'une excitation faible ou modérée; dès