‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 29 sur 157 · CONDITIONS DE LA SENSATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LA SENSATION

les cellules puissent être affectées au même instant, mais bien qu'il se produit une onde qui, en se propageant, suffit pour agiter tout le corps.

Nous avons vu d'une manière générale en quoi consiste Faction nerveuse. La stimulation d'une surface sensible . affecte un nerf sensitif. De là, elle se propage jusqu'à un centre ou ganglion, où elle met en liberté une force encore plus énergique, laquelle arrive aux muscles par les nerfs moteurs. Le résultat final d'un choc nerveux est un mouvement des muscles. Mais, par suite des croisements nombreux dont se compose la masse dee corpuscules, ou substance grise centrale, la stimulation sensitive arrive d'abord à un corpuscule, puis se répand successivement dans les autres, jusqu'à ce qu'elle en affecte un grand nombre, avant d'atteindre les nerfs moteurs ; et ceux-ci, une fois atteints, sont assez nombreux pour déterminer un cercle de mouvements fort étendu. Or, on constate que la conscience ou le sentiment augmente avec l'étendue de l'onde, ou le nombre de corpuscules centraux excités, et ainsi avec le nombre de mouvements extérieurs qui commencent en conséquence. La sensation n'est qu'à l'état naissant lorsqu'il s'agit d'une stimulation sensitive simple, c'est-à-dire qui ne parcourt qu'un groupe limité de corpuscules, et ne produit qu'un mouvement simple. Nous ne pouvons pas dire que, même dans ce cas, la conscience ou la sensation n'existe absolument pas ; mais elle commence à se manifester d'une manière décidée qaand Tonde s'étend à droite et à gauche, par les croisements des corpuscules ; et elle s'accroît à mesure que cette onde s'étend. Nous admettons comme un fait fondamental que c'est avec l'action nerveuse que com-

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mence la sensation. Nous ne pouvons tirer une ligne entre l'action nerveuse sans sensation et l'action nerveuse avec sensation ; nous ne pouvons qu'indiquer une échelle de degré. Cependant, à tous les points de vue, la division des actions nerveuses en actions inconscientes et actions conscientes rend plus claire la loi générale de la diffusion.

Les actions réflexes — la respiration, les mouvements des intestins , l'action du cœur , le clignement des yeux, etc., — sont produites, nous le savons, par l'intermédiaire de la moelle épinière et de son prolongement immédiat à la base du cerveau ; elles n'intéressent pas la masse cérébrale. Les mouvements qui répondent à chacune de ces actions sont Umités à Torgane qui doit fonctionner : à la poitrine, pour la respiration ; aux intestins, pour le mouvement des aliments ; aux muscles du cœur, pour la circulation du sang. Ces actions ne sont accompagnées d'aucune sensation. De même, si nous touchons la main d'une personne endormie, nous voyons cette main s'agiter, ou le bras se retirer. C'est là un mouvement réflexe ; il vient des centres inférieurs, sans diff'usion ou communication latérale, et il aboutit à un seul groupe particulier de muscles. Dans les cas de ce genre, nous l'avons déjà vu, la Umitation est due à la faiblesse de la stimulation. Les voies pour arriver au cerveau sont ouvertes, mais l'action d'un très-faible contact ne suffit pas pour y lancer la force nerveuse. Cependant, le fait de la portée limitée est accompagné de l'inconscience : une réaction isolée témoigne du peu d'étendue de la zone de stimulation ; et ces réactions isolées sont accompagnées

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