ACTION STIMULANTE D'UNE DOULEUR AIGUË
Les privations, les malheurs, la perte des objets de nos affections, la honte, le remords, sont accompagnés d'une, prostration générale.
En second lieu, il est facile de faire voir que la stimulation violente des muscles que produisent les souffrances vives, est accompagnée d'un affaiblissement des fonctions organiques ; ce n'est donc qu'une simple action spasmodique, provenant d'une dépense anormale d'énergie. L'estomac, le cœur, les poumons subissent tous une action dépressive, pour fournir à cette activité exagérée des muscles.
Ce qui prouve bien que ce mouvement est forcé et factice, c'est la lassitude qui y succède; les muscles euxmêmes indiquent un épuisement bien différent de celui qui suivrait un déploiement analogue d'énergie de bon aloi, ou l'émotion causée par la joie ^ .
Néanmoins, une douleur aiguë peut servir à réveiller momentanément les forces; par suite même de son caractère aigu, la douleur est limitée à un très-petit cercle nerveux, de sorte que les effets nuisibles en sont restreints, tandis que la stimulation suffit pour donner naissance à une série de courants nerveux qui raniment les forces. La douleur du supplice du fouet, en multipliant des souf-
1. Les exemples deonort ou de dérangement de l'esprit dus à un chagrin, à une douleur ou à un malheur inattendus, sont fort nombreux, ce qui est d'accord avec la loi générale. On cite aussi des cas de mort et de folie par excès de joie ; mais ils sont assez rares pour pouvoir être regardés comme des exceptions. Un choc trèsviolent, quelle qu'en soit la nature, produit une perturbation ; maiâ les conséquences en sont bien dififérentes, suivant qu'il vient de la souffrance ou du plaisir. Règle générale : ;on ne se remet que lentement et avec peine après une vive souffrance, tandis qu'on se remet vite et facilement de l'émotion d'une joie trop forte.