LA VOLONTE
La Volonté ou action volontaire est, extérieurement, un phénomène physique : le muscle de l'animal, soumis à une stimulation nerveuse, est un des premiers moteurs mécaniques; la puissance motrice du muscle est aussi purement mécanique que la puissance motrice de la vapeur ; la nourriture est à Tune ce que le combustible est à l'autre. Le caractère distinctif de nos mouvements volontaires, c*est qu'ils naissent de la sensation et qu'ils sont guidés par l'intelligence; ainsi, au point de vue de la volonté, le problème de l'accord entre le corps et Tes-
pourrait infliger des souffrances aussi vives que Ton voudrait, en les graduant avec une précision scientifique. Il reste à déterminer jusqu'à quel point l'emploi de courants électriques violents pourrait faire aux nerfs un mal durable ; il est probable que le dommage ne serait pas plus grand qu'avec le même degré de souffrance infligé par l'intermédiaire des muscles ou de la peau, tandis qu'au moins ce dommage se bornerait au tissu nerveux. Le châtiment serait moins révoltant que le supplice du fouet pour les spectateurs et pour le public en général ; il resterait aussi terrible pour le criminel lui-même ; ce qu'il aurait de mystérieux frapperait l'imagination, et aucune attitude imaginable ne pourrait en atténuer les souffrances. Le pouvoir effrayant que l'opérateur exercerait par le plus léger mouvement du doigt rendrait encore plus sensible la prostration humiliante du patient.
Si l'on doit maintenir la peine de mort, il y aurait bien des raisons de renoncer à la pendaison, et d'y substituer un choc électrique. Mais comme l'opinion semble se prononcer de plus en plus contre la peine capitale, la combinaison de la réclusion avec les souffrances causées par l'électricité, pourrait être graduée de manière à fournir des châtiments suffisants pour tous les degrés du crime. Lord Ro' milly a exprimé l'avis que la réclusion avec flagellation périodique serait bien pire qu'une mort immédiate. Cette idée serait trop pénible pour la généralité du public, tandis qu'une application plus raffinée de la souffrance ne serait pénible que pour le condamné.
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prit, est toujours un problème de sensation ou d'intelligence. Le développement et le perfectionnement de notre puissance de volonté sont deux des points principaux de notre éducation, et cette éducation s'adresse uniquement à l'intelligence. Je me bornerai donc, pour la volonté, à indiquer rapidement les actions fondamentales qui s'y rattachent ; une de ces actions a déjà été étudiée par nous à propos des sensations, et viendra encore jouer un rôle dans l'intelligence. Dans la volonté je reconnais en tout trois éléments; les deux premiers sont primitifs, instinctifs ou primordiaux, et le troisième est acquis et provient de l'éducation.
Le premier élément primordial s' tanée ou l'excès d'activité de l'organisme ; c'est la disposition des organes de mouvement h entrer en jeu d'euxmêmes et en dehors de toute stimulation des sens ou des sensations; l'aclivité s'accroît encore lorsqu'une stimulation vient s'ajouter au mouvement spontané primitif. 11 est, je le crois, démontré que l'exubérance d'activité qui accompagne la santé, la bonne nourriture, la jeunesse et un tempérament particulier appelé tempérament actif, vient surtout d'une puissance active inhérente, qui n'a d'abord d'autre but que de se dépenser au dehors; et que peu à peu cette activité passe sous le contrôle des sensations et des intentions de l'animal. C'est l'excès de puissance nerveuse de l'organisme qui se déchai'ge sans attendre d'y être sollicitée par la sensation. Dans le cours do notre éducation , la spontanéité s'enchaîne tellement à nos sensations, qu'elle devient un instrument de bien-être en favorisant nos plaisirs et en écartant.