‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 49 sur 157 · APPAREIL DE LA MÉMOIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL DE LA MÉMOIRE

La faiblesse relative des impressions que laissent les idées est très-probaljlement la contre-partie du peu de force qu'ont les courants reproduits dans le cerveau. Il est bien rare que ces courants reproduits aient la même énergie que les courants excités directement dans l'origine.

Voyons maintenant quel est l'appareil de la mémoire.

A tout acte de la mémoire, à tout exercice d'une faculté physique, à chaque habitude, à chaque souvenir, à chaque groupe d'idées correspond un groupe particulier, une coordination de sensations et de mouvements à l'aide de développements spéciaux des cellules de jonction.

des objets réels, rendent ces manifestations assez rares lorsque nous sommes éveillés et dans les conditions ordinaires. Toute circonstance qui, d'une part, tend à donner plus de force à Tidée, ou, de l'autre, nous soustrait à l'influence des objets réels, nous présente alors cette action des courants dans toute leur force. Le sommeil magnétique en est le cas le plus extrême ; les idées présentées à l'esprit du sujet sur lequel on opère, déterminent exclusivement sa conduite.

L'organisme humain n'offre aucun fait qui prouve d'une manière plus décisive l'union de l'intelligence avec le système nerveux, et avec les organes du mouvement et ceux des sens. Il montre bien à quel point cette union est intime.

Ce principe est une loi supplémentaire de la volonté; il y a là un stimulant d'action qui vient s'ajouter aux premiers et aux véritables motifs de la volonté, le plaisir et la douleur, et qui souvent nous amène à faire des actes en désaccord avec nos intérêts immédiats, qui sont de rechercher le plaisir et de fuir la douleur.

On s'est fort occupé, il y a quelque temps, d'une extension de ce principe désignée sous le nom de a puissance de l'imagination sur le corps. B D'après cette théorie, les idées peuvent produire sur l'organisme certains changements, favorables ou défavorables au point de vue de la santé. En concentrant notre pensée sûr la main, nous modifions la circulation du sang dans cette partie, et, avec une attention suffisante, nous pourrions y déterminer une action morbide. On a proposé certaines applications de cette théorie à la médecine, et ses conditions et ses limites méritent une étude attentive. M. Darwin en a tiré une explication assez heureuse du phénomène de la rougeur.

Par exemple, lorsque je vois un mot écrit, et que, sachant lire, je puis le prononcer, cette faculté réside dans une série de réunions ou de groupes de courants nerveux produits dans le nerf et les centres nerveux de Voeil, avec des courants dans les nerfs moteurs qui se rendent à la poitrine, au larynx et à la bouche ; et ces groupes ou réunions sont produits par des accroissements définis à certains points de croisement cellulaire.

Voici quelques-unes des considérations sur lesquelles nous noue appuyons pour avancer cette proposition :

En pyemier lieu, nous ne faisons qu'exprimer là un procédé approprié à la structure et à Taction connue du cerveau.' Si cet organe est un vaste réseau de communication entre la sensation et le mouvement, sensation réelle et sensation en idée, entre un sens et un autre, entre un mouvement et un autre, par des fibres conductrices innombrables avec des milliers de croisements, le moyen de faire qu'une certaine série de courants en excite une autre également définie, est de renforcer, de manière ou d'autre, les points de jonction spéciaux où les deux séries se relient le plus facilement, de manière à déterminer une préférence pour cette ligne de communication particulière. Les accroissements spéciaux qui se rapportent à la mémoire doivent agir en ces points de jonction de cellules ou de corpuscules.

La manière dont nous concevons les actions appelées réflexes, explique bien ce que nous voulons dire. Une stimulation arrive, en suivant un nerf donné, à un point central, à un groupe de cellules, et, en réponse, il se produit un certain mouvement, comme lorsqu'un homme endormi ferme la main. Or, les rapports plus élevés de

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